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Sport & Style se montre

La Concept Watch

Par Paul Miquel , le 31 octobre 2012

Bien plus qu'une montre... un ovni, un bijou calqué sur les valeurs de Sport&Style, une grande première ! Jamais une maison horlogère n'était allée si loin avec un magazine. Du rêve à la réalité, Marvin l'a fait.

Le projet

Le projet

A force de gloser sur l’horlogerie, Sport & Style a eu envie de passer à l’acte. Et le résultat est là, sous vos yeux. Après plus d’une année de recherche et développement avec les équipes de la maison horlogère Marvin, le mensuel lifestyle de L’Equipe présente son concept watch.

La genèse

La genèse

Tout commence il y a près d’un an et demi à la terrasse d’un café parisien. Ce jour-là, il fait beau, très beau même. Et Cécile Maye, PDG de Marvin, est de passage pour honorer plusieurs rendez-vous, dont le nôtre. Fondée en 1850, la manufacture Marvin fait clairement partie du patrimoine culturel de l’industrie suisse. Relancée il y a plusieurs années, cette maison incarne désormais une nouvelle vision de l’horlogerie, dynamique, ambitieuse, abordable, différente. Ce jour-là, donc, il est question de Sébastien Loeb. Ambassadeur de la marque, le multiple champion du monde de rallye a développé plusieurs chronos à son nom. Comment retranscrire la personnalité d’un champion sur une montre? Comment dessiner un garde-temps symbolisant le sport auto ? A quoi doit ressembler la montre d’un pilote de rallye ?  {{galerie=154}}

Brainstorming

Brainstorming

Les arguments déboulent, les idées fusent, la discussion se poursuit dans un joyeux tumulte. Et puis, l’idée arrive comme ça, l’air de rien, venue de nulle part. « Des séries limitées créées pour des champions, des marques automobiles, des films, des compétitions sportives ou même des maisons de mode, ça existe et ça continuera d’exister. En revanche, imaginer une montre qui concentrerait dans ses formes et sa conception l’architecture graphique et la ligne éditoriale d’un magazine, cela n’existe pas. Ou pas encore... » Un échange de regards, un sourire partagé. Et l’envie commune de saisir la balle au bond. L’idée est née comme ça. {{galerie=154}}

L'union des valeurs

L'union des valeurs

Quelques semaines plus tard, rendez-vous chez Marvin dans le petit village suisse de Vaumarcus avec vue plongeante sur le lac de Neufchâtel. L’idée a grandi, elle est devenue un projet : créer une montre Sport&Style en partenariat avec Marvin. Pour ce premier grand rendez-vous, Christophe Simon, le directeur de création du magazine, a préparé une planche d’inspiration – un « mood board » dans le jargon – qui résume en images les valeurs véhiculées par Sport&Style. De la beauté intemporelle d’Ursula Andress à la classe innée de Mohamed Ali, des lignes tirées d’une Cadillac à la finesse d’une pointe de harpon, de l’esprit de la glisse à celui de L’Equipe, l’univers Sport&Style se raconte en une cinquantaine de photos. Sébastien Perret – le designer de Marvin travaille également via son agence, Etude de Style, pour plusieurs autres marques – est aussi là. Il s’empare de ces éléments. Et comprend immédiatement où nous voulons l’emmener. {{galerie=154}}

Une évidence

Une évidence

Dans nos rêves comme dans notre esprit, la montre Sport&Style existe déjà. On la voit d’inspiration nautique, sportive et raffinée, bien évidemment mécanique et présentant une vraie spécificité technique. On la voit aussi puiser certains de ses codes esthétiques dans le plus traditionnel des classicismes horlogers. Elle doit être suffisamment différente pour surprendre et raisonnablement académique pour ne pas brusquer les puristes. Un mouton à cinq pattes ? Et pourquoi pas. Last but not least, elle doit pouvoir être fabriquée, commercialisée et vendue. Un long brainstorming se nourrit pendant plusieurs semaines d’une saine confrontations d’idées entre les équipes de Marvin et de Sport&Style. {{galerie=154}}

Les sources d'inspiration

Les sources d'inspiration

On puise une idée par ci, une autre par là. On veut un boîtier aussi solide qu’un bathyscaphe et aussi transparent qu’un aquarium. On veut du caoutchouc naturel pour le bracelet. On veut aussi une montre étanche, à l’esprit nautique, mais pas une montre de plongée que l’on immergerait dans les grandes profondeurs. On veut un produit de plaisir, de désir, pas un instrument technique à un prix inabordable. Et on impose une contrainte : un cadran iconoclaste. Car le cadran, c’est le visage d’une montre, son passeport, son visa. « Je suis d’accord pour jouer le jeu de la transparence mais si on veut un boîtier transparent, on doit avoir quelque chose à montrer » explique Sébastien Perret. La remarque fait mouche. Et le projet continue d’avancer jour après jour.  {{galerie=154}}

Les essais

Les essais

Les premiers coups de crayons donnent le ton. Plusieurs pistes apparaissent. Le boîtier sera rond, classique, comme un hublot. Il sera accueilli sur une armature métallique ergonomique qui l’arrimera au bracelet. Justement, comment intégrer ce dernier à l’ensemble ? Doit-on le fixer à des cornes classiques ou le lover sous le boîtier ? Le débat se poursuit avec, en filigrane, une volonté commune : la faisabilité du projet. Il n’est pas question de créer une montre Marvin de collection, ni d’imaginer un énième Concept Watch futuriste qui ne dépasserait pas le stade des études en 3D. La montre Sport&Style doit pouvoir être fabriquée et donc s’inscrire dans un projet industriel. Cette donnée impose des aménagements et dicte certains choix stylistiques. Après plusieurs mois, malgré de nombreux essais réalisés sur ordinateur, la silhouette générale prend forme. Toujours pas de cadran. {{galerie=154}}

L'élément-clé

L'élément-clé

Un dimanche matin de brocante, on tombe alors en arrêt devant un vieux transmetteur d’ordre Chadburn. Pièce maîtresse des commandes, cet instrument mécanique était installé sur la passerelle d’un paquebot soviétique et permettait de transmettre les ordres – concernant la propulsion – de la passerelle de commandement à la salle des machines. Fixé sur un pied massif, son cadran est circulaire, blanc cassé, avec différentes indications liées au bon fonctionnement du moteur (Dead Slow, Slow, Half, Full, Stop, Stand By…) : en noir pour machine avant, en rouge pour machine arrière. Mieux, il comporte deux aiguilles, l'une commandée de la passerelle et l'autre de la machine. Pas de doute, c’est ça. Coup de fil au designer. L’idée lui plaît. C’est maintenant à lui de jouer pour modéliser l’ensemble. {{galerie=154}}

Le fine tuning

Le fine tuning

Entre-temps, la silhouette de la montre a considérablement évolué. Le boîtier vissé, toujours rond, s’est affiné. Pour jouer sur la transparence, la montre est « ouverte » à 360 degrés : glace saphir sur le dessus, sur le fond et flancs largement ajourés pour admirer la coupe du mouvement. Impossible, du coup, de placer la couronne de remontoir à 3 heures. Résultat : flanquée de deux protège-couronne en forme de pointe de harpon, elle sera intégrée à 12 heures. Le bracelet en caoutchouc est désormais fixé à l’ensemble grâce à des cornes plongeantes presque invisibles et parfaitement ergonomiques. Le cadran, lui aussi, prend forme. Son design s’inspire de celui d’un transmetteur d’ordre de paquebot et ses chiffres – en lettres – se logent dans douze quartiers de même taille. Il y a deux aiguilles : l’une pour les minutes en regard d’une lunette interne, l’autre – plus large et ajourée – pour les heures.  {{galerie=154}}

Un cadran innovant

Un cadran innovant

Et tout se joue au niveau des aiguilles. Classique, celle des minutes fait le tour du cadran en 12 heures. En revanche, celle des heures est fixe. Comme indiquera-t-elle l’heure ? « Le cadran tourne sur lui même » répond Sébastien Perret, le designer. « Comme sur certaines montres à guichets des années 70, le cadran sera un disque réalisé en alliage très léger et tournera au gré des heures. On appelle ça un cadran traînant. » Banco ! L’idée séduit tout le monde. Pour lui offrir une once de légèreté, ce cadran est vissé sur la platine grâce à quatre œillets comme le sont les horloges de cloison dans les bateaux. Et le mouvement mécanique à remontage automatique, qui lui délivre l’énergie nécessaire à son bon fonctionnement, est comme suspendu dans le vide. Encore cette idée de transparence, primordiale. {{galerie=154}}

Le résultat

Le résultat

Voilà donc le premier Concept Watch Sport&Style by Marvin. Une montre masculine, d’inspiration nautique, sportive et – on l’espère – différente. « A partir de maintenant, nous allons commencer à travailler sur sa faisabilité technique avec la volonté de la commercialiser dans une ligne capsule à l’échéance 2013/2014 », explique Cécile Maye. Comme sur toutes les montres Marvin, le huit – chiffre fétiche de la marque – est rouge. Idem pour la lunette. Le logo de Sport&Style est gravé discrètement sur la masse oscillante du mouvement automatique, visible grâce au fond saphir du fond du boîtier. Prochaine étape ? La commercialisation. Entre temps, on vous donne rendez-vous sur www.sportetstyle.fr pour recueillir vos remarques et vos idées. Car ce Concept Watch est aussi le vôtre. {{galerie=154}}

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