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30 ans et toujours increvable
La montre G-Shock

30 ans et toujours increvable

Par Paul Miquel , le 11 décembre 2013

Née en 1983, la G-Shock de Casio continue d’afficher sa légendaire robustesse. Interview de ses créateurs Yuichi Masuda et Kikuo Ibe à l’occasion de l’inauguration de la première boutique G-Shock en France, à Paris.

Elle est à l’horlogerie contemporaine ce que les 4x4 sont à l’automobile d’aujourd’hui : une référence ultime, la fiancée préférée des baroudeurs urbains. Dans l’imaginaire collectif, la montre G-Shock de Casio – qui fête cette année ses 30 ans – symbolise en effet la « tool watch » (la montre-outil) par excellence. Etanche à 200 mètres et résistante aux chocs les plus sévères, cette tocante extrême au look racé semble traverser les années sans prendre une ride. Elle encaisse sans ciller des températures supérieures à +80 °C, se laisser congeler par -20° C et peut tomber de plusieurs mètres sans le moindre mal.
Tout commence en 1981 quand les ingénieurs japonais de Casio doivent répondre à la demande d'ouvriers du bâtiment qui se plaignent de ne pas trouver de montres assez solides pour résister aux vibrations émises par leurs engins sur les chantiers. Un peu moins de deux ans plus tard, le 1er avril 1983, la première G-Shock voit le jour. Et la rue s'approprie très rapidement cet objet réputé incassable au style si singulier pour l’époque. Le succès est immédiat. Dans la foulée, Casio ne cesse de proposer de nouveaux modèles au design plus urbain : boîtier arrondi, boutons surdimensionnés, cadran électroluminescent avant l'heure, couleurs pop. Et multiplie les collaborations tous azimuts : Royal Air Force, Aurel, Eminem ou encore Maison Martin Margiela. Tom Cruise en portait une dans Mission Impossible et on raconte même que Pharrell Williams a fait sertir la sienne de diamants. Résultat : depuis 1983, 70 millions de montres G-Shock ont été vendues dans le monde. Un record.

La légende dit que vous avez pensé à fabriquer une montre indestructible après avoir cassé la fragile montre mécanique offerte par votre père. Vrai ou faux ?
Kikuo Ibe : Vrai. Je me suis fixé l’objectif de créer une montre indestructible au début des années 1980 pour cette raison mais aussi pour satisfaire la demande de certaines entreprises de BTP. Nous testions nos prototypes en les laissant tomber du troisième étage de l’immeuble de Recherche & Développement de Casio à Tokyo. Plus de 200 ont été fabriqués à la main, mais aucun d'entre eux n'a survécu. Même lorsque le boîtier restait intact, certains composants électroniques internes finissaient toujours par se briser. Pendant des mois, j'ai tenté de trouver la solution : j'ai retourné le problème dans tous les sens. Sans succès. Mais je n'ai jamais abandonné. Puis un jour, dans un parc, j'ai vu une petite fille jouer à faire rebondir un ballon et, soudain, la réponse fut évidente. Si l'on insérait une montre dans un ballon, elle resterait intacte au moment de l'impact du ballon sur le sol en absorbant le choc. En 1983, nous avons lancé la première G-Shock, équipée d'une structure flottante qui a toujours résisté au test de la fenêtre. Trente ans plus tard, tous nos modèles sont fabriqués avec cette même structure de base. Et nous sommes toujours animés par la même devise : ne jamais abandonner.

Une montre n’est pas uniquement un accessoire de mode mais un outil qui doit donner l’heure, être fiable, résistant, précis, robuste et bien sûr beau

Que pensez-vous du phénomène « smartwatch » ? Même s’il existe une G-Shock Bluetooth permettant de relier de manière assez basique sa montre à son téléphone, le pouvoir d’attraction d’une montre connectée à 100% à un smartphone ne risque-t-il pas d’être nocif au succès de la G-Shock ?
Yuichi Masuda : Non, je ne le pense pas. Les modèles de « smartwatch » développés par Sony ou Samsung sont des gadgets électroniques alors que la G-Shock est une montre. Je veux dire par là qu’une « smartwatch » n’est pas une vraie montre. Or, chez Casio, nous sommes persuadés que, dans 30 ans, les consommateurs continueront à porter des montres. Pourquoi ? Parce que nous estimons qu’une montre n’est pas uniquement un accessoire de mode mais un outil qui doit donner l’heure, être fiable, résistant, précis, robuste et bien sûr esthétiquement beau. C’est la fonction même d’un objet qui doit impacter son design, pas l’inverse. Or, les fonctionnalités d’une G-Shock sont de donner l’heure, de résister aux chocs et d’offrir un style à son propriétaire.

Dès lors, comment imaginez-vous la G-Shock du futur, dans 30 ans ?
Kikuo Ibe : Je crois qu’il faut envisager le futur sous deux angles. Premièrement, la G-Shock du futur sera forcément connectée, en lien direct avec des smartphones, des satellites ou d’autres réseaux de communication. La G-Shock de 2043 sera connectée, c’est certain. Deuxièmement, elle améliorera les fonctions de base qui ont fait sa renommée : elle sera encore plus résistante aux chocs, à la chaleur et aux vibrations. Elle sera aussi plus précise et continuera d’être « dans le vent », liée au monde de la mode et de la création. Enfin, j'aimerais un jour créer une G-Shock équipée d'un dispositif de traduction avec une petite oreillette et un microphone, de sorte que lorsque vous êtes dans un pays étranger, elle pourra retranscrire la voix d'une personne et traduire ses propos dans votre propre langue…

Boutique G-Shock, 5 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, Paris IVe.

 

 

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