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Tom Pagès : « Moi, ce qui me donne le frisson, c’est le risque »

Tom Pagès : « Moi, ce qui me donne le frisson, c’est le risque »

Par Julie-Anne Amiard , le 01 septembre 2015

La Bretagne était « the place to be » ce week-end pour les amateurs d’extrême et de freestyle. L’édition 2015 du Finist’Air Show s’est tenue ce dimanche 30 août et a rassemblé les meilleurs pilotes mondiaux. Comme chaque année depuis 2008, la petite ville de Briec s’est enflammée pendant 24 heures sous un soleil de plomb. Sport & Style était du run, dans les sillons de Tom Pagès.

Tsunami, double et triple backflip, special flip, flair, volt, 360... Les tricks les plus techniques, les plus surprenants, les plus prodigieux voire insolites, se sont enchaînés toute la journée au Finist’Air Show. Trois stunters, dont Julien Welsch et Sarah Lezito, quatre spécialistes du BMX flat dont Alex Jumelin, dix experts du dirt parmi lesquels Anthony Napolitan et Yannick Granieri ainsi que six pilotes de FMX ont assuré le spectacle. Parmi ces derniers, plusieurs stars du Red Bull X-Fighters World Tour faisaient partie de la compétition : Josh Sheehan, Clinton Moore et Tom Pagès. Le Français au sourire ravageur a une nouvelle fois sorti le grand jeu avec des figures proches de l’exploit. Son front flip tenté ici pour la première fois a rendu fou le public et lui a offert la première marche du podium devant Clinton Moore et Taka Higashino. Rencontre avec le champion du freestyle motocross à quelques minutes de l’événement.

Votre dernière interview avec Sport & Style date d’il y a deux ans. Qu’est-ce qu’il s’est passé depuis ?
La victoire en 2013 aux Red Bull X-Fighters World Tour (championnat de référence en freestyle motocross – ndlr) a été hyper importante pour moi. Elle m’a permis de vraiment passer à autre chose, de me fixer de nouveaux objectifs, de me focaliser plus sur le côté cool du sport, d’innover encore plus. J’ai dix ans de carrière, trente ans cette année, je pense qu’une page se ferme désormais et qu’une autre s’ouvre. Avant, je ne pouvais pas imaginer autre chose que la compétition, aujourd’hui c’est différent. Ce sport va maintenant bien plus loin que la simple scène freestyle.

Ça sent la fin de carrière !
Ha ! On y vient, on y vient ! (rires) Je cherche une sorte de reconversion. Je vais boucler cette année correctement et puis me tourner peut-être vers la vidéo, le web ou faire des clips. Et pourquoi pas de la moto en GP ou du rallye, ça serait génial. Le base jump me tente pas mal, je suis pote avec des jumpers. Je sens qu’il y a beaucoup de plaisir à prendre, beaucoup de travail aussi !

En tout cas, 2015 ne pouvait pas mieux se passer pour vous. Médaille d’or aux X-Games en quarter-pipe. Deuxième du classement général des Red Bull X-Fighters à Athènes. Victoire de la troisième manche à Madrid. À trente ans, vous tentez sans cesse de nouvelles choses. Quels sont vos principaux objectifs ?
Cette année ne se passe pas trop trop mal, oui ! Plus ça va et plus j’arrive à décrocher des tricks incroyables et je me demande jusqu’où ça peut aller. Quand tu réussis toujours, de plus en plus, tu ne sais pas où ça peut s’arrêter. Cette victoire à Madrid pour la troisième fois de suite, c’est du jamais vu et pour moi c’était incroyable. Mon premier objectif est de terminer le championnat devant. Je pense qu’ensuite, les années futures seront vraiment funky.

Vous avez commencé tout gosse par le BMX, puis le BMX Dirt pour enfin être une référence, sinon LA référence, en FMX. Vous recherchez encore l’adrénaline ?
Je fais du BMX depuis que je fais du vélo avec mon frère Charles. Il a quatre ans de plus que moi et du coup, je l’ai toujours un peu suivi. Le BMX, c’est un bagage technique énorme pour la moto. J’ai fait beaucoup de races, je m’entraînais dans les skateparks autour de Nantes, ma ville natale. Le vélo, c’était un premier moyen de s’exprimer. À 15 ans, j’ai commencé la moto, les jumps, je reproduisais les figures que je faisais en BMX. Et puis le sport freestyle est arrivé en France, vers 1998 environ. Je trouvais ça énorme et mon frère s’y est intéressé aussi. On se challengeait tous les jours pour gagner la course, on cherchait à savoir qui aurait le public avec lui ! En ce qui concerne l’adrénaline, je pense qu’on cherche tous dans la vie du fun, le moyen de s’amuser. Moi, ce qui me donne le frisson, c’est le risque. Pour moi, le côté cool, c’est le challenge.

Le public est important pour vous ?
Le regard des gens, sachant que je m’exprime très peu dans la vie, que je suis quelqu’un de réservé, c’est pour moi un énorme moyen d’expression. Je donne le meilleur de moi-même et si je peux faire marrer les gens, ben c’est cool !

Vous disiez dans une conférence que vous deviez vous obliger à rouler avec une marge de sécurité, être à 80 % plutôt qu’à 120 % comme à votre habitude pour valider un run avec plus de certitude. C’est un peu contre nature, non ?
Oui, c’est vrai, mais parfois c’est nécessaire. Pourtant, si je ne suis pas à 150 % sur la moto, je n’ai pas l’énergie nécessaire. Si je suis dans la retenue, je trouve mon run un peu lent. La plupart du temps je suis en apnée et j’ai le cœur qui bat à 200. Sur le hotspot, ça monte énormément.

Vous disiez aussi que les gens exprimaient leur personnalité sur leur moto...
À une certaine période, les riders étaient très focalisés sur le style. Moi, ce que j’aime, c’est apporter ma personnalité. Pour moi, peu importe le style, il faut être encore plus différent. Après, si il y a du style, il doit y avoir beaucoup de technique. Quand on apporte sa touche personnelle, il faut assurer derrière.

Le Finist’Air Show, c’est une histoire de cœur. Vous y participez fidèlement depuis 2007. Quels sont vos objectifs pour ce dimanche ?
C’est un show entre potes, loin de l’esprit des compètes. Ici tout le monde donne le meilleur, personne n’est dans la retenue et ça c’est vraiment top. Le Finist’Air a démarré vraiment à mes débuts, j’étais tout jeune. Dès la première année, l’événement a fait carton complet. Les organisateurs pensaient faire 3 000 entrées et ils ont fait 15 000 ! C’est une association à but non lucratif, les sommes perçues sont réinvesties. Aujourd’hui, on se retrouve avec les meilleurs pilotes mondiaux. L’équipe de bénévoles se donne à 100 %, ils font tout pour nous, on peut s’entraîner mieux qu’à la maison. Cette année, je leur réserve quelque chose d’inédit : le front flip, une figure que je ne n’ai jamais réalisée en compétition. Ça va être unique. À la fin du show, le trophée du best trick est décerné. Pour nous, c’est un peu comme remporter un César ! Alors on va tout donner.

Vos prochaines dates ?
La semaine prochaine, quatrième étape des Red Bull X-Fighters en Afrique du Sud. C’est important, il faut que je gagne. Et Abu Dhabi fin octobre. Il me reste un mois et demi de travail acharné.

 

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