People Wimbledon
© Monalyn Gracia / Corbis Par Julien Neuville, le 02 juillet 2014

Wimbledon Sous les jupes des filles

Les hommes ne s’intéresseraient au tennis féminin que pour la longueur et la légèreté de ses jupes ? Enfin, tout de même... Quoi que ! Petit florilège sport, charme et style des jupes, jupettes et autres accessoires des reines de la petite balle de Wimbledon.

Cela a commencé ainsi : la femme s’est libérée du corset, a graduellement remonté la longueur de ses jupes et robes pour arriver à la mini-jupe, les épaules se sont découvertes, le décolleté a causé des ravages chez les hommes. Toutes ces transformations se sont directement répercutées sur les tenues des joueuses de tennis, quasiment instantanément. Certaines stars de la raquette – Suzanne Lenglen la première avec le look flapper des années 1920 – ont elles-mêmes influencé la mode de tous les jours. 

S’il fallait découper par périodes et par styles l’historique de la tenue de tennis – et de la fameuse jupette –, quatre époques pourraient être distinguées. De l’invention du sport aux années 1950, les joueuses sont impeccables, portent cravates, gants, chemises et chapeaux, et ne laissent apparaître leur peau que très peu. L’élégance avec laquelle les joueuses frappaient la balle pourrait égaler celle des dîners de gala modernes. À partir du milieu du siècle, et jusque dans les années 1970 (les Trente Glorieuses), l’ambiance est à la fête, au féminisme, et le glamour est omniprésent. Les robes sont décorées, brodées, de plus en plus courtes. Un mouvement dû en grande partie au travail du joueur de tennis et designer anglais Teddy Tinling qui habillait de nombreuses joueuses.

Les années 1980 arrivent et imposent un style sportif radical. C’est le moment d’être sérieuse, de porter des matières confortables, de se faire discrète et de gagner des tournois. Dès les années 2000, les performances sportives restent au centre de la conversation mais les regards se tournent de plus en plus vers le corps des sportives. Homme ou femme, l’athlète devient un objet de désir, souvent avec des buts marketing derrière. Les femmes adulent Beckham et Cristiano Ronaldo, les hommes ne tolèrent trois heures de tennis que si Kournikova ou Sharapova sont à l’affiche. La nouvelle coqueluche de la gente masculine ? La Canadienne Eugénie Bouchard, qui semble prête à prendre la relève. Certaines joueuses, dont les sœurs Williams, s’autorisent encore des folies sur le court parce que leur palmarès le permet. Si une inconnue se pointait sur le terrain dans une tenue invraisemblable, les réseaux sociaux et les médias ne lui pardonneraient pas. Et, à notre époque, personne ne veut être la risée du Grand Méchant Web.