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Prodige du cliff diving
Gary Hunt

Prodige du cliff diving

Par Bérénice Marmonier , le 18 mai 2015

Le quadruple champion du Red Bull Cliff Diving, Gary Hunt, a de nouveau montré qu’il était LE plongeur de haut vol de ces dernières années, à La Rochelle ce week-end. Rencontre entre deux chutes libres de 27 mètres. À terre.

Une plate-forme placée à 27 mètres en haut de la Tour Saint-Nicolas. 75 000 spectateurs rassemblés sur les quais du Vieux-Port, sous un soleil de plomb, pour admirer le show. Des plongeons vertigineux, de trois secondes, à 85 km/h. La Rochelle a vibré pendant deux heures de compétition, admirant le Britannique et champion du monde en titre Gary Hunt remporter la seule étape française du Red Bull Cliff Diving, devant un autre Britannique, Blake Aldridge, et un Colombien, Orlando Duque. Sport & Style a rencontré le grand vainqueur, Gary Hunt, petit prodige du cliff diving.

Encore une victoire pour vous à La Rochelle…
Oui, c’est très spécial d’être ici, j’adore La Rochelle. Même si j’étais assez stressé, car nous avons passé toute la journée à attendre (la compétition ne commençant qu’à 16h – ndlr). La Rochelle est l’étape qui a le plus de challenges. Et il y a tellement de spectateurs que cela me procure l’adrénaline et l’envie de plonger.

Le circuit du Red Bull Cliff Diving World Series change chaque année. Certaines étapes sont récurrentes comme La Rochelle. Quelle est votre préférée?
J’aime particulièrement celle au Mexique. Elle n’est pas au programme cette année, mais on y était allée l’année dernière. C’est différent car on plonge dans le gouffre mythique du « Cenote Ik Kil » : 60 mètres de large et 27 mètres de hauteur.

Comment êtes-vous devenu plongeur de haut vol ?
Mon père était fan de natation, alors mes deux sœurs et moi faisions de la natation. Et puis, j’ai vu les plongeurs dans l’autre piscine, je les voyais bien s’amuser. J’ai voulu essayer et j’ai tout de suite accroché. J’avais 9 ans. J’ai donc réalisé, pendant de nombreuses années, des plongeons à 10 mètres. Puis j’ai fait un spectacle de plongeon en Italie où il y avait une piscine et un plongeoir à 20 mètres. J’ai rencontré quelqu’un qui faisait des compétitions de cliff diving et il m’a demandé si je voulais y participer.

À quoi pensez-vous à 27 mètres de hauteur avant de plonger ?
Je ne pense qu’au plongeon. Je n’ai pas beaucoup de temps pour réfléchir à autre chose. Je me remémore les fois où j’ai réalisé ce plongeon, aux erreurs que j’ai pu effectuer. Et puis il y a la peur. On sait qu’une toute petite erreur peut être fatale. Mais j’ai besoin de cette peur pour être concentré à 100 %. Quand je suis prêt à plonger, je n’entends plus rien. Je suis tellement concentré sur mon saut. Même s’il y a de la musique, je ne l’entends pas.

Quelles sont les sensations du corps au contact de l’eau ?
L’impact peut être violent. Même si on réussit bien notre saut, c’est un fort « clac ». J’essaye de serrer tous mes muscles. Cela fait un bruit très fort. En une seconde, je suis au fond de l’eau et je remonte tout de suite. Tout se passe très vite.

Il faut être un peu fou pour faire ce sport…
On me le dit, oui. On peut le voir comme ça de l’extérieur. Et tout le monde a peur la première fois qu’il saute de 3 ou 5 mètres. Mais si on s’entraîne, que l’on réalise le plongeon plusieurs fois sans se faire mal, on prend confiance. C’est exactement ce que nous, plongeurs de haut vol, faisons sur une vingtaine d’années.

Quel est votre style ?
Je suis fort en vrille, c’est ma spécialité. Mais je ne fais pas beaucoup de saltos.

Vous vous entraînez à Montreuil, en région parisienne. Pourquoi ce choix ?
Je suis en France depuis cinq ans. L’équipe de France de plongeon s’entraîne à Montreuil donc je me retrouve avec des athlètes de très haut niveau.

Quelle est votre semaine type ?
Je m’entraîne tous les jours de la semaine, sauf le week-end. Je commence le matin avec deux heures d’entraînements de plongeons à 10 mètres. Et, en fin de journée, je fais un peu de cardio, de natation, ou de la boxe. Pendant les compétitions, je ne fais pas beaucoup de musculation. Je me concentre surtout sur la récupération. Et à côté de mon sport, j’aime jouer au piano et jongler !

Les compétitions se déroulent d’avril à septembre. Que faites-vous le reste de l’année ?
L’hiver est un peu long. Mais cela me donne l’opportunité, si je suis blessé par exemple, de me remettre physiquement de compétitions très intenses. Et ce temps me permet de préparer de nouveaux plongeons.

Qu’essayez-vous d’apporter en plus à votre discipline ?
J’essaie de toujours être innovant, de pousser le sport. J’ai toujours une volonté de créer d’autres plongeons, de pousser mes limites, et par la même occasion de pousser les autres plongeurs.

Vivez-vous de votre sport ?
Oui, si on est sur le podium, on peut gagner sa vie avec cela. Je suis donc professionnel. On n’a pas des salaires de footballeurs, mais on s’en sort.

Prochaine étape pour votre discipline, les JO de 2016 ?
On espère pouvoir y réaliser une démonstration. Je ne sais pas encore si cela va se faire. Et on veut faire partie des JO de 2020.

Quels autres sports de l’extrême admirez-vous ? Pratiquez-vous ?
J’aime tous les sports extrêmes notamment le snow-board. Mais en dehors du plongeon, je suis très calme, j’ai ma dose d’adrénaline avec ce sport. Alors, à côté de ça, je mène une vie simple et posée.

Jusqu’à quand pensez-vous pratiquer le plongeon de haut vol ?
Le Colombien Orlando Duque, qui a 40 ans, est très souvent sur le podium. Alors si j’ai de la chance, si je ne me blesse pas et si je continue d’avancer et d’être parmi les meilleurs, c’est un bel objectif.
 

Découvrez les meilleurs moments de l'étape du Red Bull Cliff Diving à la Rochelle ci-dessous :

 

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