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Le survivant se livre
Reinhold Messner

Le survivant se livre

Par Bérénice Marmonier, le 21 mai 2015

Un des plus grands alpinistes du XXe siècle, Reinhold Messner, vient de fêter ses 70 ans. L’occasion pour lui de raconter, dans un livre autobiographique « Reinhold Messner, le sur-vivant », son incroyable vie, des Alpes italiennes aux plus grands sommets de la planète.

Reinhold Messner est le premier homme à avoir réalisé la première ascension en solitaire de l’Everest, sans apport d’oxygène, et le premier à avoir gravi les 14 sommets de plus de 8000 mètres. Puis l’Italien s’est lancé dans des expéditions terrestres – il a traversé la traversée de l’Antarctique en 92 jours en 1990 ou encore s’est lancé dans une expédition au Tibet sur les traces du Yéti en 1988. Rencontre avec ce personnage hors norme qui nous présente son nouveau livre Reinhold Messner, le sur-vivant.
 

Vous dites dans votre livre que vous ne vous êtes jamais comporté de façon raisonnable. Est-ce le cas encore aujourd’hui, à 70 ans ?
Oui, j’ai toujours la même devise, mais c’est différent. Aujourd’hui, j’ai une double vie. J’ai une vie dans la communauté, où je suis un homme normal avec ma famille et dans mon travail. Puis de temps en temps, je quitte la communauté, le monde social et je vais dans des endroits vraiment sauvages, hostiles. Ça c’est ma deuxième vie. Pendant longtemps je n’ai vécu que la deuxième mais depuis ça a changé.
 

Vous avez écrit près de 60 livres. Que vous apporte l’écriture ?
Il est important de travailler pour moi. Et si j’ai écrit tant de livres, c’est pour garder mon cerveau vivant, en action. L’écriture nécessite de la concentration. Économiquement, pour moi ce n’est plus très important d’écrire de nouveaux livres car du coup je vends moins le précédent. Mais j’aime ça. Aujourd’hui, je ne compte plus écrire de livres sur ma propre vie, mais plutôt des récits sur des grands moments d’aventure qui ont eu lieu ces 200 dernières années, pour les raconter au grand public.
 

Vous n’aviez quasiment pas d’équipement à l’époque de vos ascensions. Expliquez-nous.
Je me suis fait mon propre équipement, qui était uniquement pour moi, pour la montagne. C’est mon ABC. A pour « artificial oxygen », je n’utilise jamais d’oxygène artificiel, même si cela fait environ 90 ans que ce genre de produit existe. Pas de « bolt », de points d’ancrage, que vous fixez avec une machine pour venir mettre un mousqueton. Et C pour « communication ». Jamais dans mes expéditions, je n’ai utilisé de moyens de communication. Aujourd’hui, un alpiniste, après avoir fini une ascension, peut envoyer un message au monde entier. Et je pense que l’exposition au danger, qui est l’essence même de ces expéditions, n’a plus de sens de nos jours. Aujourd’hui, n’importe qui pourrait appeler ma famille et leur dire que je vais bien. C’est complètement différent.
 

Quelle était votre préparation physique avant de grimper ?
J’ai commencé très jeune, j’avais 5 ans. Et petit à petit, j’ai appris les techniques et j’ai continué à m’exercer sur des montagnes plus élevées. J’ai entraîné mon cœur et mes poumons pour être assez fort. J’ai aussi fait de la course, beaucoup, en montée.
 

Quel expédition vous a le plus marqué ?
C’est très difficile à dire, parce que j’ai fait plus d’une centaine d’expéditions et chacune d’elle avait son moment de danger et son moment de joie. Mais la chose la plus dure que j’ai eue à surmonter, c’était l’expédition sur le Nanga Parbat, la première, car mon frère est mort sur cette expédition et ce fut très dur pour moi.
 

Aujourd’hui, beaucoup de monde veut ressentir la peur au travers des sports extrêmes. Qu’en pensez-vous ? Auriez-vous aimé en pratiquer plus jeune ?
Je n’ai jamais fait de sport extrême. Je recherchais l’aventure, je ne suis pas un homme sportif. Mon alpinisme, c’est de l’aventure et c’est basé sur des traditions. Je n’ai rien contre ceux qui partent courir sur des pentes abruptes pendant une heure, deux heures, cinq heures, ou une minute. Mais ça n’a absolument rien à voir avec l’alpinisme.
 

Où vous sentez-vous le plus chez vous ?
Chez moi, le Tyrol du Sud. J’ai une maison d’été là-bas. C’est en Italie, mais dans la partie germanophone.
 

Quels alpinistes vous impressionnent aujourd’hui ?
Il y a beaucoup de bons alpinistes en ce moment : l’Américain Chris Sharma, ce n’est pas un alpiniste traditionnel mais il est très doué. Et le Tchèque Adam Ondra qui est, à l’heure actuelle, je pense, le meilleur grimpeur du monde.


Quand inaugurez-vous le dernier des six Messner Mountain Museum, consacrés à l’alpinisme, à Corones (Italie) ?
Je vais l’inaugurer à la fin du mois de juillet de cette année. Donc ce projet va prendre fin à la fin du mois.
 

Quels sont vos prochains projets ?
Pour l’heure et jusqu’à fin juillet, je me concentre sur le musée, et il nous faudra certainement quelques années pour le rendre rentable. Mais je compte aussi faire quelques films. Pas de film comme à Hollywood, des films d’aventures. Je vais bientôt commencer à réaliser un film en Afrique.
 

« Reinhold Messner, le sur-vivant »
Éditions Glénat
19,99 €

www.glenat.com

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