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L’homme de l’apnée
Morgan Bourc’his

L’homme de l’apnée

Par Gilles Rof , le 11 juin 2015

Morgan Bourc’his est champion du monde d’apnée en poids constant sans palmes, titre qu’il remettra en jeu en septembre. À 37 ans, il est LE spécialiste des disciplines sans assistance et sans matériel, considérées comme les plus nobles par les experts. Une star qui s’ignore encore.

Dans les coursives du Cercle des Nageurs de Marseille, les anciens s’interrogent. Voir les champions locaux Florent Manaudou, Camille Lacourt ou Frédéric Bousquet, belles gueules et corps de rêve, jouer les mannequins pour des shootings photo relève désormais du quotidien. Mais aujourd’hui, l’athlète perché sur un plongeoir qui fait face à l’objectif, l’horizon derrière lui, ne leur dit fichtrement rien. L’homme est sec, musclé mais pas massif, mûr et serein. Tout en lui semble sous contrôle.

Morgan Bourc’his, champion du monde d’apnée en poids constant, recordman de France, n’est pas une star. Pas encore. Il a la gueule de l’emploi. Deux yeux aquatiques posés sur un visage de baroudeur, une silhouette déliée, sculptée par les heures passées sous l’eau, un magnétisme qui rappelle – forcément – le Jean-Marc Barr période Grand Bleu. Pourtant, à 37 ans, cet ancien professeur d’EPS en milieu spécialisé, titulaire d’un DEA en sciences du sport, savoure seulement sa première année en tant qu’apnéiste professionnel. « Après mon titre mondial en 2013, j’ai fait un choix. Vivre de ma passion et de mon image » explique-t-il, comme surpris qu’après plus d’une décennie de haute compétition, de sacrifices personnels et d’efforts anonymes, le basculement ait pu s’effectuer si naturellement. « Notre discipline est encore très amateur. Pour mon premier titre de champion du monde en 2008, j’ai reçu... un très beau sac de sport » s’amuse ce pilier de l’équipe de France AIDA(1) d’apnée. « En 2013, je n’ai même pas eu un chèque. Les sponsors arrivent, mais doucement. Alors nous sommes obligés d’inventer notre métier. » Son ami Guillaume Néry, l’autre pro de l’apnée tricolore avec qui il a été sacré par équipe en 2008, a montré la voie. « Guillaume est plus jeune que moi, mais il a été plus précoce » reconnaît Morgan Bourc’his. Lui, a imaginé les choses à sa façon. En maîtrisant toutes les étapes, comme toujours. « En 2014, j’ai enseigné à mi-temps. C’était un test. » En 2015, Morgan Bourc’his a fait le grand plongeon. Il dirige désormais sa propre entreprise, cherche des partenaires financiers, organise des stages et des conférences où il partage son expérience d’autodidacte de l’apnée devant des parterres de décideurs.

La séance photo du jour fait partie des nouveaux territoires qu’il explore. « J’ai beaucoup aimé », lance-t-il en quittant le Cercle des Nageurs de Marseille. « Même si les premières minutes étaient un peu étranges. » En décembre, à Tenerife, le champion du monde a tourné sa première publicité pour son nouveau partenaire, l’horloger suisse Tudor. La réalisatrice Julie Gautier, compagne de Guillaume Néry, l’a fait courir au fond de l’Atlantique, vêtu d’une belle chemise sombre et d’un pantalon serré. Là encore, la sensation d’inédit l’a charmé. « Le tournage nécessitait de grandes capacités aquatiques et une vraie performance physique. Un simple acteur n’aurait jamais pu le faire » apprécie-t-il.

OBJECTIF 90 MÈTRES
Du 11 au 20 septembre prochain, l’apnéiste plongera dans les eaux azur de Limassol, à Chypre. Il remettra en jeu son titre mondial obtenu en 2013, face à la ville grecque de Kalamata, célèbre pour ses olives. 87 mètres de descente et de remontée le long d’un filin. À la brasse, sans assistance mécanique. Catégorie poids constant, sa spécialité. Seul face à l’effort. « J’aime cette dimension physique. Y aller et revenir par mes propres moyens, c’est grisant » explique-t-il. Sa jeunesse de nageur puis basketteur de bon niveau, confère à Morgan Bourc’his des capacités physiques que ses concurrents ne possèdent pas forcément. « Mais l’apnée n’est ni du marathon, ni de la natation » concède-t-il. « J’ai tendance à être trop athlétique et pas assez poisson. »

Quand on lui parle d’objectifs, l’homme évite les paroles définitives. En poids constant à la brasse, il vise le mur des 90 mètres. À la palme, l’autre épreuve dans laquelle il s’aligne, ce Marseillais – que ses amis appellent Monsieur Parfait –aimerait améliorer sa quatrième place mondiale de 2013 en flirtant avec les 110 mètres. « Je reste modeste sur mes performances, humble vis-à-vis de la mer » assure-t-il. Le contrôle, toujours.

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