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Le Monsieur cool du BMX
Matthias Dandois

Le Monsieur cool du BMX

Par Claire Byache, le 13 juin 2015

Comme le BMX a drôlement la cote cet été, on a étudié son cas – et celui du champion Matthias Dandois – de près. Qu’est-ce qui rend un sport cool ? Débriefing.

On parie ? Boucles brunes sous la casquette et sourire massif pour marque de fabrique, Matthias Dandois, 26 ans, superstar du flat BMX, saurait faire aimer la culture street à n’importe qui, y compris une grand-mère empêtrée depuis des années dans son carcan de bonnes manières aseptisées. Comment ça ? Matthias Dandois est cool. Ce garçon a des tatouages. Beaucoup. Ce garçon n’a pas du tout l’air d’un gros dur. Au contraire, il a une bouille d’épicurien enclin à la déconnade libérée. Si l’on observe de plus près, on peut même dire que Matthias Dandois a l’air de vouer un culte au second degré. Décidément, non, ce garçon n’a pas la tête de l’emploi. Du moins, il n’a pas celle que les clichés nous poussent à imaginer. On dirait qu’il a réussi à rester libre, à s’échapper. On dirait qu’il ne s’est pas laissé enfermer dans un monde – celui du street et de l’alternatif – qui, si l’on n’a pas été biberonné à ses codes, a les pires difficultés à se laisser apprivoiser. C’est ça qui le rend cool, Matthias. Cette façon d’avoir « bonjour » tatoué sur les doigts et « saperlipopette » sur le bras. Cette façon de vivre selon les principes d’une seule règle : celle de l’insouciance sereine. Pas l’insouciance fuite, ni l’insouciance je-m’en-foutiste, non, la belle insouciance. L’insouciance reine, celle qui flirte avec l’équilibre parfait, celle qui découle du cool idéal – pas trop, juste très –, capable d’offrir à qui y accède la possibilité de sourire à la vie, souple et léger. Voilà ce qui rend un sport cool : sa capacité à se muer en outil, en clé ouvrant une porte sur la possibilité de kiffer sans surjouer. Kiffer à l’aise. Kiffer sans culpabiliser. Sans aucun doute le luxe contemporain le plus convoité.

Dans leur article La coolitude comme nouvelle attitude de consommation : être sans être là. Réflexion prospective (Management & Avenir, consultable sur le site www.cairn.info), Isabelle Barth et Renaud Muller plantent le décor. Autour de nous, du raide. Du figé. Beaucoup de rigide et très peu de lâcher prise. « Les conditions d’exposition de l’individu au regard de l’autre ne cessent de croître dans notre société. Elles sont nourries de progrès techniques et d’idéologie de contrôle (la transparence, la traçabilité, l’évaluation...) qui ne cessent de susciter de nouvelles pratiques. Chaque individu se trouve alors pris dans un jeu de comparaison et de rivalités incessantes, de course pour le prestige, dans une position de “perdant potentiel”. Le rapport à l’autre s’est radicalisé : il ne peut plus être qu’un concurrent ou un complice, et non là pour sa seule présence et le bonheur qu’elle peut apporter (Le Breton, 1999). L’individu est devenu “gestionnaire”, “entrepreneur” de lui-même (Ehrenberg, 1991 ; Gaulejac, 2005) considéré comme un capital soumis aux lois du marché, du désir des autres. » Nous, mammifères malins, cherchons donc forcément à nous échapper. « Deux grands types de stratégies peuvent alors se mettre en place : une résistance active, animée par des sentiments de colère et d’indignation (...), une résistance passive qui peut prendre plusieurs formes : le retrait, le désengagement, la fuite, l’apparente soumission, le déni... Toutes conduites ayant comme objectif la création d’un espace de liberté intime. La mise à distance, la reconquête d’une estime de soi, en s’affranchissant du regard de l’autre. C’est dans cette seconde alternative que nous inscrivons la coolitude. »
 

Compris. Si le BMX est cool, c’est parce que, précisément, il offre un espace de liberté intime. Il est puissant. Au même titre que le surf ou le skate, il permet la fluidité et le grand mouvement. La mise à distance, donc. Matthias Dandois, par exemple, on le regarde rider. On sait qu’il passe sa vie à se cogner sur le bitume, mais bizarrement, on l’oublie. Essayez, vous verrez. On l’observe en action et, plutôt que de penser au risque de chute, on se surprend à faire le lien avec un danseur ou, tiens, un yogi décomplexé. Voilà, c’est ça le cool : un trait d’union vers la liberté. Sur le site de la Fédération Française de Cyclisme, on lit ceci à propos du flat BMX : « Le flat naît au tout début des années 80. Au départ, il ne s’agissait que de quelques équilibres à l’arrêt les deux roues posées au sol ou en roulant debout sur le guidon, sur le cadre, ou autre. Puis vinrent les pegs, ces repose-pieds cylindriques situés à l’arrière du vélo et sur le haut de la fourche à l’avant. Un nombre important de figures a ensuite été créé. (...) De l’équilibre, et donc de bons réflexes sont indispensables pour cette discipline. La patience est également de mise pour arriver à une parfaite maîtrise des figures. Aucune figure n’est impossible, et chaque année le répertoire s’agrandit ». C’est simple, finalement. Un sport cool, c’est un sport qui agit en alchimiste. Comme le BMX, il doit pouvoir transformer le bitume... en plume.

 

COOL, TOUJOURS

Quels sports sont cool cet été ? Notre top 3, et quelques arguments pour expliquer à qui veut l’entendre pourquoi, vite, il faut tester.

1/ Hier ? La voile. L’optimiste (vous aviez 7 ans), le 4,70 m (vous aviez 12 ans), le catamaran (vous aviez 16 ans).

Maintenant : Le « foil’ing ». Cet été, tout ce qui a un foil est cool. Il y a la version America’s Cup, la version kitesurf, la version voile légère : tout ce qu’on peut dire, c’est que si ça (la planche ou le bateau) avance très vite et que ça a l’air de voler au-dessus de la surface de l’eau, si ça caresse la mer du bout de l’appendice à la manière d’une aile d’oiseau, alors c’est cool. C’est tout.

2/ Hier ? La marche, le trek, la rando.

Maintenant : la grimpe. Les falaises. La montagne. On se fiche du sommet, ce qui compte, c’est le chemin emprunté. L’idée, comme pour le BMX, est que pour kiffer, il faut s’élever. S’aérer. Utiliser la difficulté comme clé vers la liberté.

3/ Hier ? Le snorkeling. Les masques, les tubas, etc.

Maintenant : la plongée. La vraie. Avec bouteille ou en apnée, peu importe, l’important, c’est la quête de la verticalité. Parce que oui, la plongée est désormais à considérer comme de la grimpe inversée. Les profondeurs sont votre nouveau sommet.

 

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