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« Le cliff diving prend de plus en plus d’ampleur »
Anna Bader

« Le cliff diving prend de plus en plus d’ampleur »

Par Adrien Bonfante , le 15 juillet 2015

Parmi les plongeurs de haut vol du Red Bull Cliff Diving World Series, quelques femmes défient aussi les lois de la gravité. Comme Anna Balder, première plongeuse a s’être engagée sur une étape en 2013. En attendant la prochaine étape au Portugal, samedi 18 juillet, Sport & Style est parti à sa rencontre.

Un plongeoir à 27 mètres de hauteur, des sauts à plus de 85 km/h. Le Red Bull Cliff Diving World Series met en lumière, depuis 2009, les meilleurs plongeurs de l’extrême de la planète dans des environnements incroyables. Une compétition qui se décline en huit étapes sélectionnées à travers le monde. Et, depuis 2013, quelques plongeuses prennent aussi part à trois étapes sur huit. Au total, dix athlètes dont Anna Bader, une Allemande de 31 ans, qui fut la première plongeuse à avoir pris part au Red Bull Cliff Diving en 2013. Lors de la dernière édition, en 2014, Anna avait terminé sur la deuxième marche du podium. Sport & Style a rencontré cette plongeuse de haut vol à quelques jours du prochain challenge aux Açores (samedi 18 juillet).

 

Quand avez-vous découvert le plongeon de haut vol ?

J’étais gymnaste quand j’étais petite et j’ai découvert le plongeon à 13 ans. Je le pratiquais dans une piscine, d’un mètre jusqu’à dix mètres de hauteur. Le cliff diving est, quant à lui, arrivé beaucoup plus tard, lorsque j’avais fini le plongeon professionnel de dix mètres. À l’âge de 23 ans, j’ai commencé à faire des compétitions de haut vol, même s’il n’y en avait pas beaucoup à cette époque. Surtout pour les femmes. J’étais souvent la seule plongeuse au milieu de tous ces hommes. C’était cool mais un peu compliqué. Puis, c’est seulement depuis quelques années, environ quatre ou cinq ans, que les femmes ont été intégrées aux compétitions. Red Bull pousse le sport à son extrême en organisant des événements, tout comme la Fédération internationale de natation (FINA) qui organise aussi des compétitions telles que les championnats du monde en Russie, à Kazan cette année.

 

Les femmes sont un peu mises à l’écart… Trouvez-vous cela dommage ?

Je suis sûre que cela va venir avec le temps. Le cliff diving est déjà en train de devenir plus connu, surtout en France d’ailleurs. Je me suis rendu compte que les Français adoraient ce sport. La plupart des compétitions sont retransmises à la télévision sur Red Bull TV ou sur des chaînes locales. Les hommes sont toujours plus médiatisés que les femmes vu que cela fait déjà plusieurs années qu’il y a la série mondiale. Cette année, les femmes disputent trois étapes lors du Red Bull Cliff Diving. Et l’année prochaine, il y aura probablement cinq rendez-vous. Je suis sûre que la place des femmes dans ce sport va vite devenir importante.

 

Comment se déroulent les quelques jours avant les compétitions ?

Je ne m’entraîne plus beaucoup. Je me repose, je mange bien et j’essaie de bien dormir. Quand on arrive sur le lieu de la compétition, il faut s’habituer à l’endroit car c’est à chaque fois complètement différent. C’est l’une des grandes différences avec le plongeon normal qui se passe en piscine intérieure et dont le climat ne change pas. Ici, on ne sait jamais comment cela va se passer. Le temps, le vent, la température de l’eau… Je travaille beaucoup avec la concentration et le mental. C’est sûrement l’une des plus grandes parties de la préparation. Et bien sûr, je plonge une à trois fois pour me rassurer mais pas plus.

 

Comment s’annonce le prochain rendez-vous au Portugal le 18 juillet ?

Je me sens très bien, je m’entraîne tous les jours ; je suis impatiente d’y aller. Je n’ai jamais sauté là-bas, ce sera la première fois. Je sais juste que c’est un endroit très rocheux, un peu dangereux. La mer est toujours très agitée. On ne sait jamais le temps qu’il va faire.

 

En haut de la falaise, c’est comment ?

C’est toujours magnifique, je retrouve une sensation de liberté profonde. Mais chaque plongeur est tellement dans sa bulle que l’on ne fait pas forcement attention à ce qu’il se passe autour et au panorama ambiant. J’apprécie quand un public nous encourage. Je ne pense pas trop au danger, enfin un peu moins… Puis, lorsqu’on est sur la rampe de départ, on est vraiment concentré, on n’écoute rien. C’est un moment très difficile à décrire ou à expliquer. Je ne vis jamais cela à un autre moment de ma vie, c’est un moment unique. Et il ne faut surtout pas se rater. On n’a qu’une seule chance et il faut se donner à 100 %.

 

Comment se différencier des autres ?

Au départ, on a chacun notre propre background. Moi, j’étais gymnaste, puis plongeuse. Les autres viennent des quatre coins du monde et ont tous un passé différent. À côté de ça, la technique et la manière de travailler varient selon les plongeurs. On s’entraide, on se donne des conseils. Cela m’inspire. Il n’y a pas tellement l’esprit de gagne à tout prix. L’esprit du Red Bull Cliff Diving est plus porté sur le fait de faire quelque chose ensemble, et repousser nos limites en général. Même si le but reste de gagner malgré tout, il ne faut pas l’oublier.

 

Quels plongeurs vous inspirent ?

Le Britannique Gary Hunt (le champion du monde actuel, ndlr). Cette saison, c’est le meilleur. J’adore sa personnalité ; il est modeste, génial dans la manière de préparer ses plongeons. Il est très fort. À chaque fois, il se met dans un coin avec ses balles pour jongler avant de s’élancer. Il y a aussi le Russe Artem Silchenko qui fait des plongeons élégants, gracieux, avec une difficulté énorme. Sans oublier Orlando Duque. À 41 ans, il a fait beaucoup de choses pour ce sport. Pour le faire connaître notamment.

 

Avez-vous un souvenir particulièrement marquant ?

Lors du Red Bull Cliff Diving d’Italie en 2008, j’étais la seule femme à plonger de la plateforme à 24 mètres et demi de hauteur. À l’époque, c’était pour les hommes et j’en avais des frissons. Cette année, le dernier spot pour les femmes sera là-bas. Je suis heureuse et impatiente d’y retourner.

 

Ne faut-il pas être un peu fou pour faire cela ?

C’est dur à expliquer mais pour moi, ça vient naturellement. Je le fais pour moi, pour voir ce dont je suis capable. C’est un sport normal, mais avec beaucoup d’adrénaline. Tout le monde a déjà plongé de 3 mètres, par exemple. Et cela peut faire très mal. On ne peut vraiment pas s’imaginer ce qu’il se passe dans la tête des plongeurs. Je crois que oui, il faut être un peu fou.

 

Quelle est votre préparation physique ?

En hiver, l’entraînement se fait en intérieur, alors je travaille surtout avec un trampoline à la salle de gym, et à la piscine où je me concentre sur le départ, la vrille, le salto… Dès que le beau temps revient, je travaille la fin du plongeon en partant sauter à de plus grandes hauteurs. Et après, je mets les deux ensemble.

 

Quels autres sports rythment votre vie ?

Outre la gymnastique et le trampoline, j’adore l’escalade. Je fais du footing, je n’aime pas trop ça, mais je le fais car c’est bien pour le cardio. Je nage aussi, la natation me détend et me fait évacuer le stress. Et surtout, je me promène car j’adore marcher à pied.

 

Votre spot préféré ?

Locarno, en Suisse, au bord du lac Majeur. L’ambiance est géniale, l’environnement et la nature aussi. L’eau est très très froide, elle vient directement des Alpes.

 

Votre figure préférée ?

Plonger en faisant l’équilibre au bord de la plateforme, même si ce genre de figure est plus risqué.

 

Quels sont vos sponsors et soutiens ?

En cliff diving, je préfère travailler de mon côté, sans coach. En revanche, j’adore quand ma famille vient me voir. Ma sœur, entre autres, m’a souvent accompagnée, et mon frère aussi. Cela me donne beaucoup d’énergie. Côté sponsor, la marque Delfina me suit et sponsorise également d’autres plongeurs. Il s’agit d’une marque de maillots de bain qui fait des tenues avec une matière très forte et résistante pour supporter l’impact du choc et la difficulté de ce sport.

 

Avez-vous des projets en tête ?

J’ai toujours beaucoup de projets. Je vais continuer le cliff diving parce qu’il y a un grand nombre de plongeons que j’ai envie d’expérimenter, d’apprendre et de découvrir. Je vais faire partie du développement de ce sport car il y aura davantage de compétitions à l’avenir, et le sport risque d’être plus grand, plus prestigieux. On a même l’espoir qu’il sera peut-être présent aux Jeux olympiques un jour. C’est l’un de mes rêves. Aujourd’hui, je suis loin d’être prête à m’arrêter.

 

 

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