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L'homme canon
Iouri Podlatchikov

L'homme canon

Le 14 mars 2012

Attendu aux X Games 2012 à Tignes, le snowboardeur Iouri Podladtchikov incarne cette race de nouveaux performeurs avalant les espaces et les pistes. Rencontre.

Si l’on veut jargonner comme un vrai snowboardeur, on dirait spontanément que le jeune homme « envoie ». Du lourd. Le jour du shooting photo, Iouri Podladtchikov enchaîne les envolées freestyle au gré des bosses qu’il affronte avec son snowboard. Tantôt il agrippe simplement sa planche, tantôt il s’essaie à la vrille, voire à la double vrille. Et à chaque fois, le rider flirte avec les branches des sapins à plusieurs mètres de hauteur. Le gars envoie. Vraiment. Plutôt logique pour l’une des stars actuelles de la planète snowboard. Pour les connaisseurs de glisse extrême, Iouri Podladtchikov, 23 ans, draine dans sa trace une aura certaine. Avec l’Américain Shaun White, le Suisse est le seul snow-boardeur de l’histoire à avoir réussi le double McTwist 1260, une figure qui consiste à réaliser trois rotations et demie dans les airs. Si l’exercice décrit sur le papier paraît bien abscons, il n’en demeure pas moins le plus complexe du monde en la matière.

Je n’ai jamais vraiment eu peur à l’approche d’un saut. Je suis beaucoup trop excité à l’idée de pouvoir envoyer une figure incroyable pour penser à quoi que ce soit d’autre.

ESPRIT FREESTYLE

Fils d’immigrés russes débarqués à la fin des années 80 à Zurich, Iouri Podladtchikov profite des stations de ski alentour pour apprivoiser très tôt les pistes et leur relief. D’abord en ski, puis très vite en snowboard. Rapidement, plutôt que la compétition et ses piquets, c’est l’esprit freestyle qui attire le jeune athlète. « J’ai toujours été quelqu’un de créatif. Sur les pistes, j’ai toujours préféré tirer profit de l’environnement à ma façon plutôt que de me soumettre à un tracé prédéfini », explique le snowboardeur qui, à la ville, enchaîne également les figures sur son skate-board depuis qu’il est gamin. Le Suisse squatte alors plus que jamais les snowparks et y impose son esprit casse-cou. « Je n’ai jamais vraiment eu peur à l’approche d’un saut. Je suis beaucoup trop excité à l’idée de pouvoir envoyer une figure incroyable pour penser à quoi que ce soit d’autre », détaille-t-il. Débarqué sur le circuit professionnel à 15 ans, Iouri Podladtchikov, surnommé iPod par ses homologues, est aujourd’hui un vieux routard des big air, des half pipe et des superpipe du monde, des disciplines où les sauts sont toujours impressionnants. Une vie passée entre ciel et neige dans des positions abracadabrantesques pour les non-initiés, des postures presque innées pour la star des airs. « Le public voit les sauts, mais il a du mal à réaliser ce que l’on ressent vraiment là-haut. Quand on est en l’air, tout est silencieux, on se retrouve avec soi-même. On dirait un rêve », éclaire Iouri Podladtchikov. Le sportif n’hésite d’ailleurs pas à se présenter comme un véritable « addict à cette sensation ».

MISTER CHALLENGE

En dehors du double McTwist 1260 et de la Coupe du monde à son palmarès, le rider est également double médaillé d’argent. Deux médailles glanées aux X Games en 2010 et aux championnats du monde en 2009. Seule (petite) ombre au tableau : une quatrième place frustrante et une médaille en chocolat aux Jeux Olympiques de Vancouver en 2010. Mais finalement, peu lui importent les breloques. Pour Iouri Podladtchikov, à l’instar de ses collègues, le snowboard reste avant tout une affaire régie par un amour illimité et irraisonné pour le challenge. Ici, les résultats, les statistiques et les comptes d’apothicaires sont secondaires. L’essentiel est de repousser sans cesse les limites. Il faut aller toujours plus haut et vriller avec toujours plus de classe. « Dans cette optique, on ne peut jamais être vraiment blasé. En snowboard, on peut se créer des objectifs à l’infini » s’enthousiasme Iouri. Son dernier pari en date, histoire de pimenter l’affaire : réussir le switch backside double-cork 1260. En clair, une double rotation vers l’arrière d’une complexité rare. On ne voit toujours pas ce que cela peut donner concrètement.

 

 

 

 

 

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