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En vacances avec Florent Manaudou

En vacances avec Florent Manaudou

Par Adrien Bonfante , le 28 août 2015

Pour récupérer de sa folle saison, Florent Manaudou s’est offert une escapade à Dubaï, à l’hôtel Atlantis The Palm. Entre deux moments de détente, il s’est confié à Sport & Style. Entretien.

Comment se déroulent vos vacances après les Mondiaux de natation qui ont eu lieu cet été à Kazan ?
J’ai eu la chance d’être invité pendant cinq jours par l’un des plus grands hôtels de Dubaï : l’Atlantis The Palm. C’est essentiellement de la détente. Je suis avec un ami et on profite du spa, on fait de la plongée et on nage avec les dauphins. Cela me fait beaucoup de bien d’être un peu loin de la France. Je reste proche du milieu aquatique mais j’essaie de ne pas aller à la piscine et de ne pas faire de longueurs.

Quand avez-vous débuté la natation ?
J’ai eu ma première licence en 1994. Et c’est à l’âge de 14 ans que j’ai commencé l’entraînement sérieusement, lorsque mon grand frère m’a repris. Pourquoi ? Je crois que c’était tout simplement pour apprendre à nager, comme beaucoup d’enfants. Ensuite, tout est allé très vite, j’ai commencé à performer au niveau départemental, régional, national et aujourd’hui mondial.

Votre sœur Laure a-t-elle un rôle important dans votre carrière ?
Avant d’être une championne, Laure est ma sœur donc elle a un grand rôle, autant que mon frère et mes parents. Le fait de l’avoir vue gagner des titres et des médailles m’a permis de me dire que moi aussi je pouvais le faire.

Auriez-vous pu bifurquer vers un autre sport étant plus jeune ?
Quand j’étais enfant, j’ai commencé par le handball et la natation jusqu’à mes 10 ou 11 ans et j’ai dû faire un choix entre les deux. Ce n’était pas évident car mon père est issu du monde du handball. La natation étant un sport individuel, il était plus simple pour moi de rester proche de mon cocon familial et de performer plutôt que de partir à l’âge de 12 ans dans un sport-étude.

Que se passe-t-il dans votre tête avant, pendant et après la course ?
Avant la course, c’est le moment le plus excitant car tout le monde stresse. J’adore ce moment, c’est celui où on gagne la course. On met les choses en place et le puzzle s’assemble. Pendant la course, je n’ai pas énormément de souvenirs car elle est très rapide. C’est de l’apnée sur 50 mètres. Après la course, c’est un soulagement si on gagne, on peut enfin relâcher la pression. C’est le résultat de toute une saison. On s’entraîne dur pour un titre, une médaille, une performance...

Comment se déroulent vos entraînements ?
Une semaine basique, c’est neuf entraînements par semaine, trois séances de musculation et deux séances de gainage et renforcement musculaire.

Quelle est votre journée type ?
Levé à 7h, je m’entraîne de 8h à 10h puis je m’étire et reste un peu au CNM pour prendre mon petit-déjeuner face à la mer. En début d’après-midi, je déjeune et je fais la sieste. De 15h30 à 17h, il y a une séance de musculation et rebelote dans la piscine de 17h à 19h. Je rentre rarement chez moi avant 20h...

Pensez-vous que le CNM, le Cercle des Nageurs de Marseille, apporte quelque chose en plus par rapport aux autres clubs ?
Je suis venu au CNM car il y avait une bonne émulation et c’était un club qui me correspondait. C’est un club qui travaille un peu à l’américaine, dans lequel on fait beaucoup de travail hors de l’eau. Certains nageurs ont besoin de nager abondamment. Moi, c’est l’inverse. J’ai besoin de nager peu mais de faire vraiment de la qualité. Le CNM m’a aidé à faire cela.

Y a-t-il d’autres sports qui rythment vos sessions de natation ?
De septembre à novembre, quand il fait beau, on essaie de faire des choses en extérieur. On va bientôt commencer un stage avec l’équipe de France à Biarritz et on va surfer. C’est vraiment pour le côté amusement et pour se détendre. Et dans le Sud, on fait régulièrement du vélo. Il y a 2 ou 3 ans, on a monté le mont Ventoux avec l’équipe de Marseille. Ça nous permet de voir autre chose que des carreaux au fond d’un bassin.

Faites-vous cela essentiellement pour gagner ou pour le plaisir ?
Le sport est toujours un plaisir pour moi. Le plaisir ici n’est pas forcément de nager à proprement parlé, mais le fait d’être un compétiteur, cela me plaît beaucoup.

Qu’est-ce que cela fait d’être un des plus grands champions du monde ?
J’ai le sentiment d’avoir fait ce que je voulais faire étant petit. Quand on est gamin, on veut être champion du monde. Depuis que j’ai ce titre, j’ai le sentiment d’avoir accompli mon devoir.

Votre vie a-t-elle changé ?
Non, elle n’a pas bougé. Je ne suis pas bling-bling, je profite simplement des bons moments que je peux passer avec mes proches. À titre d’exemple, j’habite en collocation à Marseille et avec mon ami, on alterne entre apéros à la cool et soirées en bord de mer quand je suis en vacances. Durant la saison, c’est différent, je suis absorbé par mes entraînements, je n’ai pas le temps de prendre la grosse tête. C’est plutôt les gens dans la rue qui me regardent un peu plus.

La pression est-elle compliquée à vivre ?
Il y a deux sortes de pressions : une positive et une négative. Je ne prends que la première. Ma vie sportive c’est 24h/24, il ne faut pas se coucher trop tard, il faut faire quelques sacrifices mais quand ça paie, ça fait plaisir.

La vie privée est-elle difficile à gérer ?
C’est très facile. Quand je suis à Marseille, j’ai des amis que je vois de temps en temps et je m’entraîne comme quelqu’un irait à son bureau. Je fais en sorte de ne pas mélanger le privé et le professionnel et ça fonctionne très bien.

Y a-t-il beaucoup d’inconvénients ?
Quand on est jeune, oui. Quand je sortais du lycée, je devais aller nager deux heures tous les soirs, le week-end j’avais des compétitions et donc peu de temps à consacrer à ma vie personnelle. C’est compliqué en pleine adolescence.

Quel est votre premier souvenir avec l’équipe de France ?
Quand je suis arrivé dans l’équipe en 2011, je suis passé par le discours d’intronisation pour ne pas dire bizutage. C’est le moment où les jeunes qui arrivent se soudent aux autres. Même si c’était un peu stressant, ce sont de très bons souvenirs.

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?
La victoire du relais 4x100 m à Barcelone en 2013. Nous n’étions pas du tout favoris et ce fut ma première victoire en relais, c’était un moment très fort. En dehors de la piscine, je me rappelle des Jeux olympiques de Sydney en 2000. Je les regardais toute la journée à la télévision et c’était magique de voir tous ces grands athlètes.

Quel est votre plus grand rêve ?
Gagner les Jeux olympiques l’année prochaine. J’aurai fait une olympiade complète. La saison 2015/2016 sera l’une des plus importantes de ma vie.

Quel est votre tempérament ?
Je suis zen et calme. Il y a seulement les 24 heures précédant une grande finale durant lesquelles il ne faut pas trop me parler car je peux vite m’énerver. J’ai envie de tout maîtriser de A à Z donc je suis renfermé sur moi-même. C’est plus de l’ultra concentration que du stress. C’est pour essayer de faire une course parfaite.

Êtes-vous de nature solitaire ?
Loin de là ! Je suis parti en vacances avec mon colocataire et mon agent. Ce sont deux très bons amis et on en profite pour faire la fête et s’éclater. Je n’ai jamais aimé être seul. J’ai toujours vécu soit chez mes parents, soit en collocation. L’année prochaine, le copain avec qui je vis part en Australie alors je dois vite trouver un nouveau colocataire.

Aimez-vous la mer ?
Dans le métier, on nage très rarement en mer. Je nage rarement en dehors des entraînements sachant que je fais déjà quatre heures de natation par jour. En septembre, il arrive qu’on fasse quelques séances en mer. C’est plus pour la reprise et pour voir autre chose, car on sait que toute l’année on va être obligés de faire des longueurs et des longueurs.

L’alimentation est-elle très stricte ?
Normalement, oui. Mais je suis pour me faire plaisir, donc il n’y a pas vraiment de restriction. Il faut quand même ne pas faire n’importe quoi. Mais si un soir j’ai envie de commander une pizza ou de manger un hamburger, je vais le faire. Je serai bien dans ma tête. Et quand on est bien dans sa tête, on travaille mieux.

Si la natation n’était pas arrivée, qu’auriez-vous fait ?
Je ne me suis jamais vraiment posé la question étant donné que la natation est venue très tôt. C’était un peu une évidence. J’aime beaucoup le monde du cinéma, même si je suis loin d’imaginer ce que c’est vraiment. On verra peut-être plus tard.

Que ferez-vous après votre carrière ?
Je ne sais pas encore. On verra les propositions que j’ai et surtout les envies que j’ai à ce moment-là. Les envies que j’avais il y a deux ans ne sont plus les mêmes aujourd’hui, et les envies que j’aurai dans deux ou quatre ans seront encore différentes. Je verrai vraiment quand ma carrière s’arrêtera.

Quel sportif vous inspire ?
Michael Jordan. C’était vraiment une star et je trouve qu’il incarnait la perfection de son sport tout en s’amusant sur le terrain.

En France, la natation a une petite place. Dommage ?
La natation apparaît seulement deux fois par an donc on en parle moins, c’est normal. Mais on a la chance d’être de plus en plus médiatiques et cela nous permet aussi de décrocher des contrats publicitaires pour vivre de notre sport.

Marseille, une jolie ville ?
Sincèrement ? Oui. Avec les championnats du monde et la Coupe du monde, je suis parti pendant un mois… Quand j’ai posé le pied à la gare Saint-Charles, à Marseille, j’étais très content de revenir. Ça fait quatre ans et demi que j’habite ici et je me sens vraiment Marseillais même si je ne le suis pas à la base. C’est une ville qui me plaît beaucoup, très accueillante et chaleureuse.

Avez-vous des spots là-bas ?
J’aime bien aller sur le port pour boire un verre ou pour dîner. En ce qui concerne la plage, il y a beaucoup de monde sur celles de la ville donc je préfère aller aux Goudes (petites criques à l’extrémité de Marseille – ndlr) ou dans les calanques en bateau.

Si vous aviez la possibilité de travailler dans le monde de la mode, seriez-vous partant ?
M’intégrer dans une entreprises de mode ou faire une publicité avec un grand nom de la mode, oui cela m’intéresserait. Mais je n’ai pas toutes les cartes en mains alors on verra.

Les records atteindront leur limite un jour ou l’autre ?
On repousse à chaque fois les limites. Il y a toujours un plus fort, un plus costaud, un plus grand qui fait sa rentrée dans la compétition. Donc les records seront toujours battus. Peut-être que dans dix ans, mes performances actuelles ne seront même pas en finale des championnats du monde !

 

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