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Le premier voilier noir pour le skippeur Alex Thomson

Le premier voilier noir pour le skippeur Alex Thomson

Par Bérénice Marmonier , le 27 octobre 2015

Le skippeur Alex Thomson a pris part dimanche à sa quatrième Transat Jacques Vabre, avec son tout nouveau bateau noir, une première dans l’histoire de la voile. Sport & Style l’a rencontré au Havre quelques jours avant le départ.

Comment appréhendez-vous cette nouvelle Transat Jacques Vabre ?
C’est ma quatrième Transat. Nous avons terminé deuxième la dernière fois (en 2011, avec son coéquipier Guillermo Altadill – ndlr). Mais cette année, la course va être différente car je vais naviguer avec un tout nouveau bateau Hugo Boss. Je suis donc très excité de prendre part à cette course avec ce nouveau « bébé ». Mais je suis aussi nerveux à l’idée de me retrouver face à des problèmes que nous n’avions pas prévus. Et nous ne savons pas si ce voilier va être rapide. Cela fait seulement quelques jours que je le teste. Celui-ci est un énorme prototype, il n’y en a pas deux comme lui. C’est certainement le plus technologique que l’on puisse trouver dans le monde. L’objectif cette année est donc de finir en tête et surtout d’apprendre. D’apprendre comment évoluer avec ce nouveau bateau.

En vue du prochain Vendée Globe ?
Oui, nous voulons gagner le Vendée Globe. Et pour ce faire, nous devons avoir le bateau le plus rapide. Nous devons donc faire la Transat Jacques Vabre pour le tester, accumuler les kilomètres un an avant le Vendée Globe. Et pour aussi appréhender les problèmes qui pourraient surgir. Dans les douze prochains mois, nous allons donc travailler pour le rendre encore plus rapide et viable.

Avez-vous participé au design de votre nouveau voilier ?
Oui, énormément. Il est signé par les architectes navals VPLP/Verdier. Les spécificités du bateau proviennent de mon équipe et de moi-même. Nous avons choisi d’avoir ce cockpit très profond. Et tout a été designé pour moi en fonction de ma force, ma taille...

Racontez-nous l’histoire de votre vidéo Mast Walk.
J’ai commencé par la vidéo Keel Walk où je m’étais amusé à marcher sur la quille du voilier. Nous l’avons publiée sur YouTube, nous attendions quelques milliers de vues. Et aujourd’hui, nous en sommes à trois millions. Hugo Boss, mon sponsor, est venu vers moi pour refaire quelque chose de dingue. Lors du Vendée Globe l’an passé, le bateau a été tourmenté et le vent a fait que le mât était dans l’eau. Et je me suis dit que si je devais changer une lampe au bout du mât, il suffisait que je marche dessus. L’idée est venue de là. Le tournage a duré deux jours. J’étais surveillé par une trentaine de personnes. Il y avait des médecins et même un hélicoptère. C’était un peu effrayant mais très fun à réaliser. Mais je ne le referai pas, c’est trop dangereux. Et nous allons compléter la trilogie. Une vidéo est en cours mais je ne peux pas vous en dire plus...
 

Faut-il avoir une part de folie pour être skippeur ?
Non. Tout le monde pense que le Vendée Globe nous rend dingues. Mais c’est généralement le contraire. Il y a beaucoup de risques dans de telles courses et nous devons les gérer. Nous prenons des décisions tout le temps. Je suis donc plutôt un « risk manager ». Je suis calme, je dois gérer le bateau. Je suis sur mon bateau sept mois dans l’année, c’est le gros projet de ma vie et je me sens très chanceux de pouvoir vivre ça.

Hormis la voile, est-ce que d’autres sports vous passionnent ?
Je pratique le kitesurf depuis 2008. C’est ce que j’aime faire quand j’ai du temps. Je suis aussi le football et malheureusement le rugby. C’est terrible pour nous et pour vous !(rires, en référence à l’élimination de l’équipe d’Angleterre dès les phases de poules et du XV de France en quart de finale face à la Nouvelle-Zélande, 62 à 10 – ndlr).

Vous voyagez énormément. Quel est l’endroit que vous préférez au monde ?
Stockholm. J’adore cette ville. On peut naviguer entre toutes ces îles, et rejoindre une petite maison accrochée aux rochers. Mais l’endroit que je préfère au monde est l’île de Jersey. Mon père est originaire de cette île. C’est un petit bout de France, toutes les rues ont des noms français. Mon grand-père y est allé en 1955 et a construit une petite maison en bord de mer, sur les rochers. Mais en 2007, elle a été détruite par une tempête. Mon père et mon frère ont en reconstruit une autre. L’eau monte jusqu’à la façade, c’est incroyable.
 

Un voilier à 5 millions d’euros
Le nouveau voilier Hugo Boss d’Alex Thomson a nécessité deux années de travail. Trente personnes ont travaillé à plein temps sur ce projet, sur le site de Green Marine à Southampton (Angleterre). Côté design, la team du skippeur anglais a fait appel au célèbre designer Konstantin Grcic et aux architectes navals VPLP/Verdier. Résultat : le voilier, réalisé en carbone et en Nomex – composant léger et résistant –, est 5 % plus léger que les précédents voiliers utilisés par l’équipe. Et pour la première fois dans l’univers des voiliers, on retrouve un bateau... de couleur noire. Chose habituellement impossible à cause de la réverbération du soleil sur la coque, la rendant brûlante. Cette fois-ci, les architectes ont utilisé des pigments réfléchissant la chaleur. Son prix ? 5 millions d’euros.

 

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