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Éloyse Lesueur : « C’est important de se déconnecter du sport »

Éloyse Lesueur : « C’est important de se déconnecter du sport »

Par Bérénice Marmonier , le 17 novembre 2015

Gravement blessée en mai dernier, l’athlète française spécialiste du saut en longueur, Éloyse Lesueur, retrouve petit à petit son niveau. Sport & Style l’a rencontrée, en peignoir, en thalasso à Saint-Malo où les athlètes de l’Équipe de France se sont réunis pour se préparer aux prochains JO de Rio.

Depuis 2013, les athlètes de l’Équipe de France s’accordent une semaine aux Thermes Marins de Saint-Malo, en novembre, pour se préparer aux Jeux olympiques de Rio (Brésil) en 2016. Les entraînements sont effectués le matin, puis suivent les soins en thalasso l’après-midi. L’occasion aussi pour les sportifs de se retrouver hors compétition sportive. Façon colonie de vacances en Bretagne.

Vous êtes une habituée de ces séjours en thalasso…
Cela fait une dizaine d’années que je viens ici pour reprendre des forces. C’est paradoxal, car je me sens très fatiguée en sortant des soins. Mais je récupère plus vite et les courbatures sont aussi moins douloureuses. Le cadre des lieux permet psychologiquement d’éprouver beaucoup moins de difficultés à enchaîner les séances.

Quel soin préférez-vous ?
Modelage sous affusions. On est massé pendant que l’eau coule sur vous. C’est une tuerie !

C’est aussi l’occasion de vous retrouver entre athlètes de l’Équipe de France…
C’est très important. On crée une vraie petite famille. On échange sur notre quotidien, nos appréhensions, discutons à propos de fiscalité, etc. Il y a beaucoup d’intervenants qui sont présents tous les soirs dans le but d’optimiser nos performances.

Comment vous sentez-vous après votre blessure (rupture des ligaments croisés, en mai dernier) ?
Beaucoup mieux, heureusement ! Je suis en rémission. C’était dur psychologiquement et financièrement, aussi. Mais il faut savoir surmonter ces épreuves.

Vous êtes, aujourd’hui, basée à Saint-Raphaël. Pourquoi avez-vous changé de lieu d’entraînement ?
J’en avais besoin. Les blessures provoquent souvent des remises en question. Ne plus être à 2 000 % dans la préparation permet de découvrir les à-côtés. Au centre de rééducation à Saint-Raphaël, j’ai pris conscience d’un autre genre de vie. Je n’avais plus envie de vivre le rythme effréné de Paris.

Quelle est votre journée type ?
Après avoir pris mon petit-déjeuner, je fais des étirements, puis je cours à l’entraînement. Généralement, je reçois des soins de renforcement au CERS et la kinésithérapeute me prodigue les massages nécessaires pour soulager la douleur et me remuscler. Puis, je m’adonne à mes passions (rires).

Lesquelles ?
Il y a tant de choses que j’aimerais faire… Comme j’habite dans le Sud, j’ai l’intention de passer mon permis bateau. J’ai aussi envie de faire des claquettes, d’apprendre à jouer du violon. A la suite de mes blessures, mes passions d’enfance sont pour ainsi dire revenues. J’adore regarder l’émission « Secrets d’Histoire » sur France 2, j’ai même acheté le livre (« Stéphane Bern – Secrets d’Histoire, ed. Albin Michel). On m’a même dit : « Ah tu lis ! », et bien oui. On ne peut pas en vouloir aux gens s’ils rangent tous les sportifs dans des cases. Pourtant, nous avons d’autres passions que le sport que l’on pratique 90 % de notre temps. Même si ce n’est pas facile à gérer. Nous ne pouvons pas être dans notre spécialité à 60 %, car cela ne donnerait que 60 % de résultats. J’ai tout simplement envie de reprendre mes études et faire un DUT diététique. Il faut juste que je puisse tout simplement m’organiser.

La diététique ?
Oui, mon fiancé et moi avons décidé de manger sainement, tout en nous faisant plaisir. C’est devenu une passion. J’ai beaucoup changé ; je me suis affinée. J’ai beaucoup appris aux restaurants des Thermes. À chaque repas, les cuisiniers nous renseignaient sur les apports caloriques des plats et nous donnaient quelques astuces. C’était très intéressant.

Est-ce important de se déconnecter du sport de temps en temps ?
Oui, même si c’est compliqué. Car on passe 80 % de notre temps à s’entraîner. C’est important de sortir de ce cadre, il faut réussir à se déconnecter de ce monde oppressant. Car, tous les ans, il y a une échéance qu’il ne faut pas manquer, et ce n’est pas évident.

Une carrière de sportif de haut niveau passe très vite ?
C’est dingue ! Quand je vois Wilhem (Belocian, 20 ans, champion du Monde juniors du 110 mètres haies en 2014, ndlr), j’ai l’impression que j’avais son âge il n’y a pas si longtemps. Une saison ça passe vite et c’est pire quand on se blesse.

Vous travaillez avec Nike depuis quelques années. Etes-vous consulté pour le style de vos tenues ?
Cela peut arriver lorsque je suis interviewée pour un média TV. Nike n’individualise pas les packages. La tendance de l’hiver, c’est le violet. Je ne suis pas très fan, mais je n’ai pas vraiment le choix (rires). Mais Nike fait de belles choses et ça fait dix ans que je les représente.

Votre compagnon est coach. Les sportifs restent-ils entre sportifs ?
C’est important, je crois. J’ai besoin que mon compagnon comprenne ce que je vis. Je n’ai pas de week-ends, par exemple. Il faut le vivre pour le supporter.

Quelle sera votre prochaine compétition ?
Je suis dans ma période de reprise, sans douleur, sans gêne. Je sais que je ne ferai pas de compétition cet hiver.

 

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