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Florent Manaudou : « Je préfère le titre au record »

Florent Manaudou : « Je préfère le titre au record »

Par Bérénice Marmonier , le 09 décembre 2015

Après avoir enchaîné les succès au meeting de Compiègne le mois dernier, Florent Manaudou s'est lancé dans une course contre la montre avant les Jeux olympiques de Rio en août 2016. Rencontre, entre deux entraînements, au Buddha-Bar Hotel à Paris.

Vous avez commencé votre préparation pour les prochains JO. Mais vous prenez quand même le temps de venir à Paris, parler d'Ice-Watch...
Oui, c’est mon premier gros partenaire. Ils ont bien voulu de moi avant les Jeux olympiques, alors que je n’avais encore rien gagné. Ça me fait donc très plaisir d’être encore avec eux, ils m’ont fait confiance. C’est une marque jeune qui me correspond plutôt bien. Et là, les choses sont en train de changer, il y a des nouveaux modèles plus classe. La marque évolue avec moi, je suis content.

Vous avez designé une montre en 2013, est-ce que vous aimeriez renouveler cette expérience ?
Oui, mais je la choisirais un peu plus classe, avec moins de couleurs. Ça nous permet, nous sportifs, de changer un peu d’air et de ne pas toujours penser aux bassins et aux chronos.

Êtes-vous un collectionneur de montres ?
J’ai une autre montre que l’on m’a offert quand j’étais un peu plus jeune. Mais je n’en mets pas beaucoup. Je nage deux fois par jour, ça m’énerve un peu de les enlever sans arrêt. J’en mets quand je sors, ça reste un accessoire.

C’est votre seul accessoire ?
Je porte aussi une bague avec les anneaux olympiques, offerte par mes parents. Ils avaient fait fondre de l’or blanc appartenant à leurs parents et ils ont créé une bague à ma sœur Laure lorsqu’elle est devenue championne olympique. J’ai eu droit à la mienne en 2012.

Quel est votre rapport au temps ?
J’ai un tempérament calme et je suis quelqu’un de ponctuel. C’est certainement dû à mon sport qui est un sport de chrono. Quand on est jeune, on doit arriver à l’heure à l’entraînement, sinon on est sanctionné. Ça fait 20 ans que je nage, j’essaie de grappiller des centièmes et des dixièmes. J’ai donc un rapport au temps particulier.

Est-ce qu’il y a un temps qui vous obsède ? Les 21 secondes sur le 50 mètres par exemple ?
Oui, c’est vrai que j’aimerais faire moins de 21 secondes. Mais plus on nage vite, plus on a des résistances. Quand on va de plus en plus haut, c’est de plus en plus dur de gagner des centièmes. J’espère un jour passer sous les 21 secondes, mais pour l’instant, je suis à 20 centièmes de ce temps.

Ça vous irrite ?
Non, j’estime que c’est mieux de gagner un titre que d’avoir un record. Les deux en même temps, c’est bien, mais le titre prime sur le temps.

Combien de temps passez-vous dans les bassins par jour ?
Je passe quatre ou six heures dans la piscine, cinq jours par semaine. Je fais aussi beaucoup de musculation, de gainage, d’étirements. Et je nage aussi le samedi matin quand je n’ai pas de compétition. 

Qu’aimez-vous faire de votre temps libre ?
J’aime la vitesse, les voitures et les motos. Mais je ne roule pas à 200 km/h sur la route, ce n’est pas le but, je vais sur des circuits moto. Je vais d’ailleurs bientôt avoir une Ducati, pour m’amuser un peu. Et deux années de suite, j’ai fait un saut en chute libre. Ça m’a bien réussi, je pense le refaire cette année, un mois avant les Jeux olympiques de Rio, même si c’est un peu dangereux (rires). Et en bon Marseillais, je joue un peu aux cartes (rires).

Comment allez-vous organiser votre temps jusqu’aux Jeux de Rio ?
On a quelques jours de vacances à Noël et quelques jours de vacances après les championnats de France (fin mars à Montpellier – ndlr) qui seront les qualifications pour les JO. Les Jeux, c’est tous les quatre ans, c’est très important. Surtout que je ne sais pas si je ferai les Jeux en 2020, donc c’est peut-être ma dernière chance pour briller. Normalement, j’ai été programmé pour nager vite cette saison, en termes d’âge et d’expérience, c’est maintenant que je peux le mieux performer. Mais le sport, ce n’est pas des mathématiques. C’était, entre guillemets, une erreur de gagner en 2012, j’aurais dû monter petit à petit pour arriver en apothéose en 2016. Mais j’ai eu la chance d’évoluer un peu plus vite et de gagner à 21 ans, donc j’espère regagner à 25 ans. L’année après les Jeux de 2012 a été un peu compliquée pour moi, j’ai eu du mal à me remobiliser pour les championnats de France. 

Qu’avez-vous appris avec le temps ?
Qu’il fallait être patient, qu’il fallait s’écouter.

Regrettez-vous certaines choses ?
Non, je pense que ça ne sert à rien d’avoir des regrets. J’ai certainement fait des erreurs, comme d’avoir arrêté l’école, mais si je ne l’avais pas fait, je ne serais pas ici aujourd’hui.

Comment vous voyez-vous dans 10 ans ?
Je ne me vois pas dans un bassin, en tout cas. J’espère pouvoir faire autre chose de ma vie. Quand on est sportif, on est très bon dans un domaine, mais on a envie de savoir si on peut l’être ailleurs. C’est important d’essayer. J’aimerais être acteur par exemple. Mais le jour où j’arrêterai, est-ce que j’aurai envie de faire ce métier ? Je ne sais pas. J’ai déjà fait quelques tournages d’une journée, mais est-ce que cela me plaira sur le long terme ? J’ai encore le temps de penser à une reconversion.

Est-ce que c’est important pour vous de passer du temps en famille ?
Ça a toujours été très important. Contrairement à d’autres sportifs, j’ai quitté très tard le cocon familial, à 20 ans. Alors que certains le quittent à 14 ans pour aller en sport-étude. Mais j’étais bien chez moi, avec ma famille et mes amis. Et je voulais me former et être sûr de moi avant de tout quitter. Car on peut être bon à 14 ans et ne plus l’être à 18. Je ne voulais pas partir pour rien. Maintenant, j’ai la chance d’avoir mon frère et ma sœur dans la même ville que moi. On se voit de temps en temps. Mes parents sont un peu loin, mais c’est la vie, je ne suis pas le seul enfant à ne pas voir ses parents régulièrement.

Votre sœur, Laure, est partie à 14 ans du cercle familial...
Oui, mais c’est différent, c’est une fille, elles sont fortes un peu plus tôt. Elle n’a pas eu le même parcours que moi. Mais les deux fonctionnent. Pour les garçons, c’est mieux de partir un peu plus tard je pense.

 

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