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Zidane : « Entraîner, c’est mon nouveau combat »

Zidane : « Entraîner, c’est mon nouveau combat »

Par Paul Miquel , le 05 janvier 2016

Zinédine Zidane, que l'on retrouve en couverture du dernier magazine Sport & Style, vient d'être intronisé à la tête du Real Madrid. Le plus grand joueur français de l'histoire nous avait parlé de son métier d'entraîneur, de ses fils et de son image.

Mon métier d’entraîneur
 « Après une carrière, on a besoin de recommencer quelque chose, d’écrire une nouvelle histoire. Même si j’ai fait plein de choses dans ma vie, remporté plein de trucs, gagné beaucoup d’argent, il ne fallait pas que je m’arrête. Alors j’ai cherché. Pendant quelques années, j’ai profité de ma famille, j’ai pris le temps d’apprécier tout ce à quoi je ne pouvais pas toucher en tant que footballeur. Et pendant ce temps, tu réfléchis,  tu essaies de voir comment tu pourrais construire ta nouvelle vie. Et ma nouvelle vie aujourd’hui, c’est entraîner. Ça me permet de continuer à vivre de ma passion et de transmettre. Je sais que beaucoup de gens pensent que je suis quelqu’un qui ne parle pas assez. Et ils doivent se demander comment je peux être entraîneur en parlant si peu. Entraîner, c’est mon nouveau combat pour ne pas rester dans ma zone de confort. Avec le nom que je porte, je me mets forcément en danger sur le banc. Si tu regardes le problème sous cet angle, tu ne deviens jamais entraîneur.
Mais moi, je n’analyse pas ça comme ça. Je regarde ce que je ressens, ce que j’ai réellement envie de faire. Voir plus vite le jeu, c’était ma grande qualité. Est-ce que ça se transmet ? Non, c’est un truc inné, mais ça peut se travailler. Je dis tous les jours à mes joueurs : ouvrez les yeux avant de recevoir le ballon. Pour savoir ce  qu’il se passe et ce qu’il va se passer, parce que c’est ce qui permet d’aller plus vite. Après, c’est beaucoup plus compliqué pour moi que pour un entraîneur lambda. On attend de moi en tant qu’entraîneur que je sois du même niveau que celui du joueur que j’ai été. Pour l’instant, mon ambition est d’entraîner – et bien – la Castilla  (l’équipe B du Real Madrid – ndlr). Point barre, rien de plus. Être avec mes joueurs, les faire progresser et grandir avec eux. J’adore ce que je fais. C’est difficile mais c’est bien. Et parfois, je m’entraîne avec eux... Eh, il faut bien leur montrer comment on joue au ballon, non ? »

Mes maillots
 « J’ai plus gardé les maillots de certains gars contre qui j’ai joué que les miens. Mon maillot de la finale de France 98, je l’ai offert au public. Celui qui l’a doit être content, non ? J’en avais deux autres. J’en ai échangé un avec Ronaldo. Et j’en ai gardé un autre pour moi. À l’époque, quand j’étais joueur, je ne faisais pas attention à tout ça, mais aujourd’hui, je me dis que j’aurais quand même dû garder deux ou trois choses. Pour mes enfants, notamment. Il y a pourtant trois maillots dont je ne me séparerai jamais. Celui de Ronaldo mais aussi celui de Beckham, qui est vraiment un type formidable. Et celui d’Enzo Francescoli. Mon rêve, quand j’étais petit, c’était de dormir avec ce maillot. Je l’ai réalisé beaucoup plus tard, j’étais déjà marié. Ma femme n’était pas trop chaude pour que je dorme avec. En plus, il y avait un paquet de publicités placardées dessus. Mais je l’ai fait quand même. C’était en 1999, après la finale Juventus-River Plate. On avait gagné 1-0. Après le match, je suis allé dans les vestiaires. Il savait qu’il était mon idole de jeunesse. Et il m’a gentiment donné son maillot. C’est un beau souvenir. »

Mon image
« Pour moi, la pub a débuté en 1998 après la Coupe du monde. J’ai commencé avec adidas. C’est  comme ça que j’ai découvert cet univers qui était nouveau pour moi. Depuis dix ans, je n’avais quasiment rien fait dans ce domaine. Quand Mango est venu frapper à ma porte pour remplacer Piqué, leur ancien ambassadeur, j’ai accepté parce que ça me remettait le pied à l’étrier sur des projets que j’aime bien mener. Le côté accessible de la marque et son style efficace m’ont séduit. Et pourtant, je refuse pas mal de projets, notamment la participation à des matchs rémunérés, sauf si c’est vraiment caritatif comme pour l’Unicef à la demande de David Beckham. Les gens ne peuvent pas s’empêcher
de penser que je le fais pour l’argent. Tant pis. Moi, ce qui me fait marrer, c’est l’exercice. Et me revoir en photo. »

Mes fils
 « Ils ont un nom plus difficile à porter que cela ne l’a été pour moi. Je suis heureux de ce qu’ils font parce que le foot est leur passion. C’est ce qu’ils aiment, vraiment. Est-ce que ça va marcher ? Quand on porte un nom comme le mien, on pourrait penser que tout est beaucoup plus facile, mais c’est beaucoup plus dur en réalité. Et puis, il y a forcément un lien génétique. Vu comment mes enfants touchent le ballon, oui, c’est obligé, ils ont quelque chose de génétique vis-à-vis du football. Quand je les regarde jouer, il y a une ressemblance avec moi, c’est indéniable. Presque un mimétisme. Je me reconnais quand je les vois sur un terrain. Ne serait-ce que leur façon de se déplacer. Ils courent comme je le faisais. Enzo est mon fils aîné, mais je suis aussi son entraîneur. Alors, forcément, je lui parle. Pour lui dire ce que j’attends de lui sur le terrain. Ensuite, après les matchs, en dehors
des vestiaires, je le débriefe sur ce qu’il doit améliorer. Rien d’extraordinaire. Dans la tête, il me ressemble aussi. Il est extrêmement à l’écoute. Et pas seulement de son entraîneur, mais aussi de tout son environnement : les autres joueurs, le staff, le préparateur physique. »

Mon style
 « C’est juste être bien dans mes baskets. J’ai toujours aimé être bien habillé. Maintenant, tout le monde fait attention à son image, mais moi je n’en ai rien à faire de tout ça. L’important, c’est de porter ce qui me plaît, pas le dernier truc tendance. La mode, je la suis mais elle ne me domine pas. Bien s’habiller n’est pas seulement un signe de politesse par rapport aux autres. C’est avant tout un signe de respect par rapport à soi. C’est bien d’être beau, non ? C’est aussi une façon de communiquer, surtout quand on est connu. Mais ai-je déjà utilisé un vêtement pour dire quelque chose, faire passer un message ? Non, jamais. En revanche, adolescent, quand j’ai eu des sous, la première fringue que je me suis achetée était un Levis 501. Il me le fallait. Et je l’ai toujours dans mon armoire. Je ne le mets plus mais je l’ai toujours. J’ai toujours pensé que l’homme avait besoin de pièces incontournables pour s’habiller, des trucs que tu gardes à vie. Le pull que je portais en arrivant dans le studio, ça fait dix ans que je l’ai. Je suis le genre de gars qui garde des trucs plus de dix ans ! Toutes les choses que j’aime, je les garde. C’est pareil avec les baskets, je ne sais plus quoi en faire. Il me faut une pièce entière pour les stocker. »

 

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