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Gregory van der Wiel et Rose Bertram : power couple

Gregory van der Wiel et Rose Bertram : power couple

Par Lauren Bastide , le 03 février 2016

L’adage dit qu’on est forcément plus fort à deux. Vaut-il aussi pour ces grands sentimentaux que sont les sportifs ? A priori oui. On connaissait David et Victoria, Marcel et Edith. Voici Gregory van der Wiel et Rose Bertram, un footballeur hype, un top-modèle courtisé, le power couple le plus connecté du moment.

Ca se passe une nuit de printemps, en mai 2011, non loin des canaux d’Amsterdam. Une boîte de nuit. Sur scène, le rappeur Wiz Khalifa, couvert de tatouages, balance son tube No Sleep dans un nuage de fumée. Une bande d’amis. Des gamins qui s’amusent. Parmi eux, Rose Bertram, qu’on appelle encore Stéphanie. Elle a 17 ans, une coupe de cheveux à la garçonne surmontant un visage de poupée boudeuse et une carrière de mannequin balbutiante. Elle ignore qu’elle sera un jour cover girl pour le cultissime magazine Sports Illustrated. Lui, Gregory van der Wiel, a 23 ans. Il est une étoile du football néerlandais ayant remporté un titre de champion national avec l’Ajax Amsterdam et ne sait pas encore qu’il sera recruté par le PSG un an plus tard. Leurs regards se croisent. « Nous avions des amis en commun », se souvient Rose Bertram. « Il n’y a pas eu de rentre-dedans, ça s’est fait naturellement. On s’est mis ensemble deux ans plus tard, et je l’ai rejoint à Paris. »

Janvier 2016, cinq ans après leur rencontre, un jeudi après-midi dans un studio parisien. La top-modèle belge vient de répondre à l’une des questions les plus souvent posées dans les commentaires des innombrables photos qu’elle poste sur son compte Instagram, tête contre tête avec son footballeur de fiancé : « OMG how did you two meet ? » (Oh mon dieu, comment vous êtes-vous rencontrés ?)

Si ce couple de « vingtenaires » fait aujourd’hui la couverture de Sport & Style, c’est qu’il incarne une forme de pouvoir bien contemporaine. Ils cumulent à eux deux pas loin d’un million d’abonnés sur le réseau. Ils font rêver un public d’adolescents captivés, qui likent sans relâche chacun des clichés reflétant leur vie rêvée. Plages de sable fin à Dubaï, muscles saillants dans le miroir des salles de gym, grosses cylindrées, petits-déjeuners au lit dans une suite à Los Angeles, le tout ponctué de ces fameux selfies de couple enamouré (légendés tout simplement : « Chilling at home with the love of my life Gregory van der Wiel » – Tranquille à la maison avec l’amour de ma vie Gregory van der Wiel). Leur storytelling combine avec brio le fantasme de la réussite financière, l’idéal d’une vie saine et sportive et l’objectif ultime d’un partenaire aussi sexy qu’amoureux. Sous leurs images soigneusement passées au filtre « Sierra », on trouve des centaines de récurrence de ce nouvel hashtag étrange dont se délectent les teenagers : #lifegoals ou #couplegoals. Ils incarnent un objectif de vie, un objectif de couple. Ils sont l’inaccessible étoile d’une jeunesse sur-connectée qui les côtoie, au moins digitalement, au quotidien. « Nous essayons de faire passer une énergie positive en étant ensemble », confirme la top-modèle au cours de la séance photo. « Lorsque nous postons une photo ensemble, elle récolte toujours plus de likes que nos photos personnelles respectives. Les gens aiment nous voir ensemble, c’est plus fort. Si c’est ça qu’on appelle un “power couple”, alors oui nous le sommes. »

VALEUR AJOUTÉE
Power couple. L’anglicisme est lâché. Penchons-nous un instant sur la définition du « Power couple » fournie par le Urban Dictionnary : « C’est une relation entre deux personnes qui sont aussi cool l’une que l’autre (...) Aucun des deux ne dépend de l’autre pour évaluer sa propre valeur. Ils savent qu’ils comptent autant l’un que l’autre pour le reste du monde ».

On trouve des power couples en politique depuis la nuit des temps – Antoine et Cléopâtre, Bill et Hillary, Claire et Frank Underwood. Il en est de même dans le cinéma – Lauren et Humphrey, Brad et Angelina, feu Kristen et Robert. Mais nous sommes en 2016, dans l’ère de l’obsession du bien-être. L’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée est devenu fondamental. Là où autrefois la rock star accumulait les conquêtes, faisant ainsi montre de son inépuisable virilité, il est de bon ton aujourd’hui d’avoir auprès de soi une moitié, une âme sœur, un partenaire à la hauteur de ses ambitions. Que serait Kanye sans Kim ? Nicolas sans Carla ? François sans Julie ? Au fond, peu importe que l’histoire d’amour soit crédible ou non, ces couples impeccablement assortis sont à la conception de l’amour au 21e siècle ce que le chou kale est à la gastronomie : une promesse d’équilibre, d’accomplissement et même de santé.

C’est qu’à deux, les rêves deviennent plus grands, puisqu’on a une oreille attentive et complice à laquelle les murmurer. Le power-partenaire nourrit l’ambition, incite à l’action. Nos deux godelureaux ne s’en cachent pas. Ils rêvent en grand. C’est à deux qu’ils souhaitent percer et conquérir. « Nous pouvons réunir nos deux mondes, et je lui donne la chance d’être vu d’avantage et vice-versa » reconnaît sans complexe Rose Bertram. « Il me donne plus de résonance, c’est gagnant-gagnant. »

GIRLS POWER
Mais il est important de partir d’un constat essentiel : le power couple n’existe que dans un monde où les femmes bénéficient d’une influence équivalente à celles des hommes. D’ailleurs, un éminent power couple du sport a longtemps été caché par les médias qui préféraient parler d’une « belle amitié » : le champion du monde de boxe Marcel Cerdan et la chanteuse Edith Piaf. Qui mieux qu’eux pour répondre à la définition « une relation entre deux personnes qui sont aussi cool l’une que l’autre » ? Ça oui, Edith l’était, cool. Mais elle l’était en 1947, bien avant que l’on puisse affirmer qu’une femme peut avoir autant de puissance que son conjoint. Bien des années plus tard, le fils du boxeur admettra l’influence de la star de la chanson sur la carrière de son père. « Mon père était un immense champion, mais il doit de ne pas avoir sombré dans l’oubli à ses amours avec Edith. » (Piaf et Moi, 2000).

« En ces temps où les femmes accèdent de plus en plus aux positions de pouvoir, le power couple émerge dans la culture populaire comme un modèle pour penser les relations modernes. » La journaliste britannique Elizabeth Winkler fait cette analyse dans un article paru dans le magazine américain New Republic. Une phrase qui semble taillée sur mesure pour Helena Seger, épouse de Zlatan Ibrahimovic, le colossal attaquant du PSG. Elle confiait d’ailleurs au magazine Elle en février 2013 : « Quand j’ai rencontré Zlatan, je n’avais pas besoin de lui, et c’est peut-être ce qui lui a plu en moi ». La Suédoise était de onze ans son aînée, avait déjà fait fortune dans le domaine de la finance et du marketing. Zlatan avait trouvé sa power moitié, celle qui allait lui permettre de devenir Zlatan et qu’il surnommerait dans le privé sa « evil super bitch deluxe ». Évidemment, le modèle n’est pas exempt de contradictions. C’est elle qui s’occupe de la maison et des enfants, et elle a dû renoncer à sa carrière pour suivre son Zlatan quand il fut recruté par la Juventus Turin en 2004. Mais c’est elle qui contrôle les chantiers des dizaines de propriétés que le couple se construit à travers le monde et elle entend bien reprendre ses activités de requin de la finance lorsque l’heure de la retraite sonnera pour Ibra.

En parlant de retraite, il y en a un qui se la coule douce : David Beckham, qui a raccroché les crampons en mai 2013, doit beaucoup de sa qualité de vie au fabuleux sens du timing de son épouse Victoria. L’auteur de ses lignes, profane du football mais incollable sur l’ascension de Victoria au sein du monde impitoyable des créateurs de mode, serait bien tentée par une hypothèse : David ne serait-il rien sans Victoria ? Ils se sont façonnés mutuellement, améliorés, augmentés, dirait-on en langage geek. David serait-il devenu icône de mode et égérie de marques sans l’intervention capillaire et stylistique de Victoria ? Et serait-il devenu la star des terrains qu’il est sans tous ces à-côtés, ses apparitions de gravure de mode, les paparazzades de sa famille exemplaire ? ‘ (suite p. 38)

Après tout, un club n’a-t-il pas intérêt à se rattacher tous les fantasmes accompagnant le joueur ? Un expert en football dément aussitôt. « Je ne pense pas qu’avoir une top-modèle au bras puisse changer la carrière d’un footballeur » s’exclame l’expert en communication Jacques Bungert. « Son sujet à lui, c’est la performance sportive. Toute personne dans l’environnement d’un joueur qui pense que cela se joue en dehors du terrain le met en danger. Quand Ronaldo est acheté très cher par le Real, c’est parce qu’il est un extra-terrestre sur le terrain. Ensuite, son charisme et sa personnalité, c’est en prime. Si Beckham est devenu Beckham, c’est avant tout parce qu’il était un grand joueur. Laissez-moi croire à la sincérité des histoires d’amour qui relient ces jeunes gens. »

Mille rumeurs ont circulé sur la solidité du mariage des Beckham, mais dix-neuf ans et quatre enfants plus tard, force est de constater que le couple tient bon. Pour Gregory van der Wiel – qui est loin d’avoir démontré sur le terrain des qualités comparables à celles de Beckham – ils sont l’exemple ultime. « Ils ont grandi ensemble, l’un grâce à l’autre », soupire-t-il. « Ils ont vraiment réussi. Elle l’a fait devenir plus grand puis, réciproquement, il l’a rendue plus importante. Ils ont constamment gagné en autorité l’un grâce à l’autre. »

GÉNÉRATION Z
Vous avez remarqué ? Van der Wiel, Beckham, Ibrahimovic, tous évoluent ou ont évolué au PSG. Hasard ? Pas vraiment. Pour la journaliste Astrid Bard, animatrice de Samedi Sport et Enquêtes de Foot sur Canal+, c’est net et sans appel : « Le PSG recrute des stars, il n’est donc pas étonnant que les joueurs du PSG aient des comportements de stars. Habituellement, les footballeurs se casent très jeunes, avec des femmes issues de leur milieu social. C’est très rare qu’on observe ce genre d’association de pouvoir. Mais au PSG, c’est devenu courant. Javier Pastore et sa compagne, l’Italienne Chiara Picone, se mettent aussi en scène sur Instagram, en vacances au soleil. Il y a une forme d’émulation entre joueurs. Je ne sais pas si le club les encourage à le faire, mais je suis sûre qu’ils préfèrent ça plutôt que de les voir en boîte de nuit ! »

Vous avez vu l’exploit ? Pas une seule fois depuis le début de cet article nous n’avons utilisé le terme de « WAG » pour parler de ces femmes de footballeurs. Peut-être parce que la dimension profondément misogyne du terme ne convient ni à la parfaite maîtrise des codes de la communication moderne, ni à la fraîcheur de Rose Bertram. Nous sommes très loin de cette caste inventée en plein bling des années 2000 par les tabloïds britanniques. WAG pour Wives And Girlfriends. Métier ? Petite amie. La WAG est la quintessence de la cruche à la Paris Hilton. À l’époque, elle est paparazzée en train de dilapider le salaire de son footballeur dans les boutiques de luxe. « L’image de la WAG a beaucoup évolué », souligne Astrid Bard. « La fille vulgaire avec sa french manucure et son sac à mille euros a fait son temps. »

C’est que l’idée qu’il ne suffit pas d’avoir une plastique parfaite et un bon gloss pour accompagner le quotidien d’une star du ballon rond a fait son chemin. Les exigences encadrant la « profession » de WAG se sont radicalisées. Il faut être au top. Puissante. Stratège. « Il s’exprime peu. S’il arrivait à changer ça, il pourrait peut-être gagner une plus grande place dans le monde du football » s’émeut par exemple, entre deux flash, une Rose soucieuse de l’image de son Gregory. Telle une néo Victoria, le jour de notre séance, elle pousse le jeune joueur, taiseux et intimidé pendant les premières minutes, à sortir de sa coquille. Aucun doute, c’est elle qui gère la communication digitale du couple. « Moi, si je prenais des selfies toute la journée, ce serait vraiment étrange » admet le footballeur. Rose Bertram est d’ailleurs reconnue comme une experte. Un article du GQ américain disait d’elle récemment : « Écrire que Rose Bertram s’y connaît un peu en Instagram est une litote géante. »

Au fond, ce que racontent Rose et Gregory, c’est aussi l’émergence d’une génération Z plus maîtresse de son destin, de jeunes entrepreneurs 3.0 presque cyniques. « J’aime être au courant de ce qu’elle fait », raconte ainsi Gregory. « J’ai mon propre business aussi, et je suis un peu plus vieux, je connais les histoires de contrats, je peux la conseiller. Elle a d’ailleurs signé avec ma ligne de vêtements Balr, dont elle sera l’égérie pendant quelques années. » Lui en pygmalion, elle en muse ? Pas vraiment. Car au sein de cette génération émergente, les jeunes femmes sont (enfin) indépendantes. « Je préfère qu’on m’appelle Rose Bertram le mannequin plutôt que la copine de... C’est important que je m’occupe de ma propre carrière. » Il faudrait peut-être inventer un autre acronyme. WAP ? Pour Wife and Powerful.

 

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