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Gelindo Bordin : « le marathon s’est transformé en vingt ans »

Gelindo Bordin : « le marathon s’est transformé en vingt ans »

Par Bérénice Marmonier , le 01 mars 2016

Il y a quelques jours, la marque de sportswear Diadora se lançait dans une course de relais inédite à travers l’Europe. L’ancien marathonien Gelindo Bordin, champion olympique en 1988 et aujourd’hui à la tête du running de la marque italienne, est revenu pour Sport & Style sur cette course et sur son passé de champion.

Racontez-nous l’histoire de cette course de relais de Venise à Barcelone. Comment cette idée est-elle née ?
Diadora veut transformer les choses, changer l’ordinaire. Pour cette raison, nous avons décidé de transformer une action – ici, la livraison d’une paire de basket – en un événement, une course de relais spectaculaire jamais tentée.

Quel était le but ?
Communiquer nos valeurs à nos consommateurs, qui se résument à cette idée de « make it bright » (rendez-le brillant). C’est ainsi mettre de la joie dans le sport, parler un langage fait de plaisir, de performance et de victoire.

Combien de personnes ont participé à cette course de 1500 km ?
Plus de 1000 personnes nous ont rejoint sur cette course et nous avons sélectionné 70 runners plus confirmés. L’atmosphère était très fun !

Diadora, qui a été racheté en 2009, continue donc d’aller plus loin...
Bien sûr. Nous continuons de grandir en Italie et, depuis quelques années, dans le monde entier. Ce projet est la première campagne internationale de la marque depuis 20 ans, donc c’est un fantastique moment pour nous.

Vous êtes un ancien marathonien célèbre dans les années 80. Qu’est-ce qui vous fait courir aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je pratique la course par pur amour du sport. Les compétitions appartiennent au passé. Le running me permet désormais de rester en bonne santé et de garder le contact avec mes fans de l’époque. Et pratiquer un sport sans se soucier des résultats est un moyen pour moi de développer une énergie dont j’ai besoin dans mon travail.

Quel est votre meilleur souvenir de cette époque ?
Certainement la médaille d’or que j’ai gagnée aux Jeux olympiques de Séoul en 1988. Le frisson lorsque je suis rentré dans le stade n’est comparable à aucune autre victoire. Autrement, ce fut incroyable de gagner le marathon de Boston. Et je suis le seul homme à avoir gagné le marathon aux Jeux et celui de Boston, cela maintient tous ces souvenirs en vie.

Vous avez dit : « les tests scientifiques ne peuvent déterminer comment l’esprit peut tolérer la douleur dans une course. Je me dis : aujourd’hui je peux mourir ». Que pensez-vous de cette phrase aujourd’hui ? Et quels ont été vos moments les plus difficiles ?
Je pense que ces mots sont toujours vrais aujourd’hui. Très peu d’athlètes talentueux deviennent des champions, ce qui démontre que la différence ne se trouve pas dans les capacités physiques. C’est une question de conviction, une capacité à interagir positivement avec la fatigue. Notre fatigue est dictée par l’esprit. Il y a des jours, des moments dans la vie, où on se sent prêt à surmonter n’importe quel obstacle et cette énergie nous pousse. Malheureusement, chaque athlète n’a pas les mêmes chances d’y arriver. Aux Jeux olympiques de Séoul, j’étais mentalement préparé pour endurer n’importe quelle fatigue physique. « Au point de mourir » était simplement un moyen d’exprimer la détermination que je devais atteindre pour réaliser mon objectif. Les tests scientifiques nous aident à établir notre niveau physique, mais c’est notre esprit qui dicte les limites. Et personne ne peut le mesurer a priori.

Quelle était votre préparation physique avant une course ? Et votre équipement pour un marathon ?
Les techniques de training actuelles ne sont pas si différentes de ce que je faisais à l’époque. Mes priorités étaient centrées sur la création d’une « machine de résistance » efficace. En plus de courir de longues distances, cela implique un entraînement spécifique pour jauger la rapidité de la course, voir si je peux courir vite sans brûler trop de mon « gaz ». Mon équipement était simplement une paire de baskets, des chaussettes, un short et un réservoir, tous testés bien sûr, pour garantir qu’ils n’auront pas d’influences négatives sur ma performance.

Que pensez-vous de l’évolution du marathon ?
Les marathons internationaux ont entraîné une évolution majeure. Ils sont devenus plus « socials ». Les nouveaux amateurs ont renoncé à l’aspect compétitif en faveur de valeurs sans rapport avec l’activité sportive. Ce changement culturel a forcé les organisateurs à prêter attention à ces milliers de personnes qui participent à une course. Les gens sont beaucoup plus intéressés par le résultat d’un ami durant une course que par la performance d’un grand champion. Le turnover des champions est beaucoup trop rapide aujourd’hui, il est donc difficile de s’identifier à un héro en particulier. Mais il ne faut pas oublier que pour les gens, un ami qui termine un marathon est lui-même un héro. Et en tant qu’ancien champion, je peux vous assurer que quelqu’un qui court 42 km mérite notre estime et notre respect.

Quels sont les runners qui vous impressionnent aujourd’hui ?
J’ai du mal à identifier les héros réels du marathon moderne. Je pense que la tendance actuelle, qui est de courir après tous les marathons internationaux à des fins monétaires, ne nous donne pas la chance d’admirer les meilleurs athlètes du monde dans une compétition unique. Il y a plusieurs marathoniens talentueux, mais il n’y a pas un personnage qui représente notre époque actuelle. Les dernières grandes stars qui m’ont fait une incroyable impression sont Paul Tergat et Haile Gebreselassie.

Vous êtes désormais le directeur du running pour Diadora. Quels sont les projets à venir ?
Le running est l’épicentre de la stratégie marketing de Diadora. C’est dans notre ADN. Face à la concurrence, Diadora mise sur le développement technologique. Comme la technologie NET de Geox, qui offre confort et respiration à travers une semelle imperméable. Nous allons d’ailleurs bientôt lancer dans le footwear une technologie révolutionnaire que je considère comme une des plus importantes de ces 25 dernières années. La fabrication d’un produit qui regarde vers l’avenir implique une étude approfondie du passé. Mais je ne peux pas vous en dire plus !

 

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