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Kevin Rolland : « mon prochain objectif est l’or olympique »

Kevin Rolland : « mon prochain objectif est l’or olympique »

Par Bérénice Marmonier , le 17 mars 2016

Le skieur freestyle Kevin Rolland, tout juste sacré champion du monde en halfpipe la semaine dernière, était de passage à Paris. Sport & Style l'a rencontré et on a parlé apnée, beauté et ski freestyle, of course.

Vous avez décroché le globe de cristal il y a trois jours. Comment vous sentez-vous ? Êtes-vous redescendu sur terre ?
Je ne peux pas me sentir mieux. C’était la dernière compétition de la saison, je n’avais plus beaucoup d’énergie mais tout ce qu’il me restait, je l’ai mis dans cet objectif. Et cela se termine en beauté, je ne peux pas être plus heureux.

Vous avez rendu un deuxième run parfait. À quoi avez-vous pensé avant de vous lancer ?
Le départ est assez compliqué, mentalement. Il y a, d’un côté, l’enjeu de la compétition, le résultat, et de l’autre, l’enjeu de l’intégrité physique. Il ne faut pas se faire mal. Donc il faut arriver à gérer ces deux stress. Pour ne pas y penser, je reste très concentré sur la technique. Je ne fais que me répéter ce que je dois faire, jusqu’au moment où il faut y aller.

C’est votre deuxième globe, décroché sept ans après le premier. Est-ce dur de se faire une place entre les Nord-Américains. Ben Valentin et vous étiez les deux seuls non Nord-américains dans le top 8…
Chaque année, c’est difficile. J’ai parfois manqué des étapes volontairement et je ne jouais pas forcément le globe de cristal. Contrairement à cette année. Il a été clairement un de mes objectifs depuis août. Je me suis beaucoup entraîné, j’ai ciblé mes points faibles alors qu’avant je travaillais mes points forts. C’est pourquoi j’avais pris un peu de retard ces dernières années. Je suis bien revenu au niveau, la preuve avec ce dernier résultat.

Quels sont les points faibles dont vous parlez ?
On est tous droitier ou gaucher, on tourne tous dans un sens ou dans l’autre. Cette année, j’ai travaillé mon sens « unnatural », pour ainsi m’améliorer dans le halfpipe. J’étais moins bon sur un côté que sur l’autre. J’ai nivelé tout ça.

Plus fort que de gagner les X-Games ?
C’est différent. Les X-Games, c’est une seule compétition où l’on doit répondre présent sur le moment, un peu comme les Jeux olympiques, où l’on a 30 secondes pour montrer que l'on est le meilleur. Pour le globe de cristal, il y a quatre compétitions donc on peut toujours se rattraper.

Est-ce que vous suiviez en parallèles les exploits de Martin Fourcade ?
Forcément. J’étais au X-Games d’Oslo juste avant lui. Il m’a envoyé un petit texto en me disant : « mettez le feu, on propagera l’incendie » (rires). Mais malheureusement, on n’a pas réussi à le faire mais il l’a fait. Il nous a inspiré, il a gagné sa troisième médaille d’or le même jour que mon sacre. Je le connais bien, il connaît tout sur tout ce mec, c’est impressionnant.

Êtes-vous aussi freestyle dans la vie que quand vous l’êtes sur des skis ?
Je pense, oui. Je ne suis pas très carré, ni très organisé. J’ai besoin d’être bien entouré car si je suis livré à moi-même, je galère un peu. Heureusement que mon photographe, mon caméraman et mon agent font en sorte que je sois bien. C’est d’ailleurs une des clés de la réussite de savoir s’entourer. Je passe 300 jours sur les skis donc il faut que j’apprécie les personnes avec qui je m’entraîne.

Vous passez donc 300 jours sur les skis. Parlez-nous de votre phase de récupération…
Le bien-être c’est très important. Bien récupérer fait partie de la performance. J’ai un bon préparateur physique qui me suit toute l’année. Il fait en sorte qu’on arrive en « cannes » aux compétitions.

Vous êtes le nouvel ambassadeur Shiseido. Avez-vous toujours fait attention à votre peau ?
Étant donné que l’on skie sur des glaciers en été, on fait fasse à des rayons du soleil très forts, donc ont doit faire attention à notre peau. On peut être sujet à des problèmes graves. À mes débuts, je me faisais engueuler par mes parents, car je ne mettais pas de crème. J’ai vu aussi des personnes autour de moi qui ont eu des problèmes comme des cancers. Ca m’a fait prendre conscience du danger.

Est-ce un sujet de discussion entre skieurs ?
C’est un milieu un peu pudique. On ne parle pas trop de ces choses-là en freestyle. Mais c’est en train d’arriver. C’est une prise de conscience qui vient avec l’âge.

On vous voit dans cette nouvelle campagne de publicité, faire de l’apnée. Est-ce une autre passion ?
Oui, c’est ma passion numéro deux. Quand j’ai un peu de temps, je vais à Monaco la pratiquer, chez Pierre Frolla, un ancien champion du monde. Shiseido m’avait donné les clés du projet et je me suis dit que ça serait bien de combiner mes deux passions, le ski et l’apnée. Cela avait un sens.

Votre record ?
Je vais jusqu’à moins 55 mètres et je tiens 4 minutes 30. Mais je ne cherche pas le record.

Toujours une volonté de se mettre en danger donc…
Oui, cela me procure des sensations que je ne retrouve nulle part ailleurs. Le fait de devoir se relâcher malgré la souffrance de ne pas pouvoir respirer, m’aide mentalement pour le ski. Je dois arriver à maîtriser mon cerveau. 

Est-ce important pour vous de sortir du monde du sport ?
Mon objectif principal est de faire connaître mon sport, qui mérite à être connu. Et travailler avec des grosses marques me permet de toucher un autre public.

Vous trouvez qu’il y a encore un déficit de notoriété ?
Concrètement. En ce moment, je fais beaucoup d’interviews avec des médias sportifs et le ski en général passe après une majorité de sport, ce que je peux comprendre. Mais mon objectif est de faire en sorte que l’on grappille de la visibilité. Le ski freestyle peut intéresser beaucoup de personnes mais on ne nous donne pas la possibilité de montrer nos performances en backstage. Les gens vont surtout se dire que l’on est fous. Mais c’est un vrai sport avec tout un entraînement et un staff derrière. Et j’aimerais montrer ces côtés-là.

C’est en faisant des vidéos que vous pourriez toucher plus de monde ?
Oui, j’ai la chance de travailler avec une boîte de production pour monter des vidéos. J’ai un photographe et un caméraman qui me suivent toute l’année. Le ski freestyle est un sport visuel donc on a de la matière à proposer. Le maître mot est la créativité.

Pratiquez-vous le freeride ?
Oui, dès qu’il y a du beau temps et de la neige, c’est la première chose que je fais. C’est les vacances, le freeride. Je le pratique chez moi à La Plagne. Mais je ne suis pas assez expérimenté pour partir seul n’importe où donc je reste dans les zones que je connais bien.

Votre vidéo « Fast Forward » que vous avez présenté en novembre dernier a été vue plus de 400 000 fois sur Youtube. Travaillez-vous sur une nouvelle vidéo ?
Il me reste un gros mois de ski que je vais consacrer à une nouvelle vidéo, oui. Dans la lignée de ce que j’ai pu faire avec Fast Forward avec Julien Régnier. On part pour un deuxième tournage avec Julien toujours.

À quand une vidéo avec Candide Thovex ?
On n’a pas de projet en commun pour l’instant. On n’est pas sur les mêmes endroits, vu que je suis encore sur les compétitions. On ne se croise pas souvent.

Quels sont vos prochains objectifs en compétition ?
La seule médaille qui me manque est l’or olympique. Donc ça sera mon dernier vrai objectif de ma carrière. J’aurais 28 ans (aux prochains JO de Pyeongchang en Corée du Sud en 2018, ndlr), je serai en pleine bourre. 

 

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