X
En poursuivant votre navigation sur Sport&Style.fr, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts, pour mesurer la fréquentation de notre site, et vous permettre de partager vos lectures sur les réseaux sociaux. Pour en savoir plus ou paramétrer les cookies, rendez-vous sur cette page. En savoir plus.
Johan Cruyff, l’icône pré-Beckham, est décédé

Johan Cruyff, l’icône pré-Beckham, est décédé

Par Chérif Ghemmour , le 24 mars 2016

L'ancien international néerlandais Johan Cruyff n'est plus. En décembre dernier, son biographe décryptait pour nous l'histoire d'El Flaco, entré dans la légende autant pour son génie sur le terrain que pour son élégance à la ville.

Élégance, sophistication, photogénie, aura, charisme... And the winner is ? Johan Cruyff, bien sûr ! Au début des seventies, le Néerlandais a détrôné George Best alors au sommet de la nouvelle hype foot pop. Le souffle libertaire d’Amsterdam a éclipsé la frénésie du swingin’ London. Les deux stars du ballon partagent bien la même dinguerie pour les Beatles et les Stones ainsi que l’amour des belles fringues. Mais en fashion victim leurré par les tics d’époque, Georgie accumule les fautes de goût: casque chevelu imposant, rouflaquettes puis barbe et talons hauts. Sans parler de l’alcool qui l’a prématurément bouffi. Johan affiche, lui, la félinité racée d’Alain Delon. Celle du Guépard, forcément. Sex appeal à la française et raffinement italien, cette latin touch impose le style Cruyff en tempérant sa froideur nordique.

Une classe au-dessus
Attentifs à la mode, Johan et sa blonde Danny se rendent souvent à Milan pour y découvrir les nouvelles tendances. Fine mouche, Danny habille son homme de ses conseils et fixe la bonne longueur de sa brune chevelure. Johan et Danny ont aussi rallié l’axe indémodable Milan-Paris en se liant d’amitié avec le jeune couturier qui monte, Daniel Hech- ter. Le shopping dans sa boutique devenue prestigieuse est une étape obligée de leurs escapades parisiennes. Et voilà comment Johan s’est retrouvé seul footballeur à émerger dans la catégorie des beaux Brummel de son temps. Ray-Ban bien ajustées, Johan affiche aussi son goût pour les belles montres – Rolex en or, only – et, au volant de sa Citroën Maserati modèle SM, la même impatience supersonique qu’on lui connaît sur les terrains. Habitué des mondanités que son emploi du temps lui accorde parfois, il trimballe en soirée la même dégaine aristo qu’il déploie sur le rectangle vert. Sportif classieux et gravure de mode à la virilité légèrement androgyne, son magnétisme agit fortement. Seule entorse au bon goût, sa tabagie excessive – il fumait ses Camel sans filtre à la mi-temps des matchs! Ses vieilles Puma défoncées qu’il porte toujours par superstition font aussi tache... Icône marketing au maillot mythique de l’Ajax Amsterdam, il porte le survêt’ de façon aussi stylée qu’il parade en smoking. Johan est tout bonnement le premier sportif à prêter son élégance décontractée au sportswear naissant. En adoptant enfin par hasard son fameux numéro 14, il a réalisé le coup de génie de créer sa propre griffe. Quatorze comme les trois classes d’écart qui distinguent le demi-dieu des onze joueurs très banals et 14 comme les musts éternels que sont le N° 5 de Chanel ou le 007 de James Bond. Le souvenir « orangé » de la Coupe du monde 1974 l’a installé pour toujours en bonne place dans l’imaginaire du foot nostalgie, mais au rayon vintage qui ne se démode pas. 

 

lire le magazine

IMAGE LAFC STORY

© L'équipe 24/24 2016 - Tous droits réservés

contacts - C.G.U.