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Paul Serin : « Le kitesurf est en train de se transformer »

Paul Serin : « Le kitesurf est en train de se transformer »

Par Bérénice Marmonier , le 20 avril 2016

Double champion de France de kitesurf en 2013 et 2014, champion d’Europe junior en 2010, Paul Serin est une des pépites françaises du kitesurf, qui ne cesse de titiller les plus grands. Sport & Style l’a rencontré avant le Mondial du vent, où il vient de terminer cinquième de l’épreuve freestyle.

Comment vous sentez-vous en ce début de saison ?
Je me sens prêt, j’ai fini 5e sur l’étape en Égypte. Je me suis bien entraîné cet hiver. J’espère qu’on aura des bonnes conditions pour bien naviguer au Mondial du vent. Je vais participer à la fois à l'épreuve freestyle, où il faut être puissant et tonique, et au big air où il faut aller très haut.

Quel est votre style ?
J’ai la capacité d'imposer mes figures dans toutes les conditions. J’essaie d’être assez fluide, d’avoir le plus de hauteur et d’aisance possible. Pour le moment, ça marche plutôt bien.

Qui redoutez-vous le plus au Mondial du vent ?
Le niveau est très élevé cette année. Les Brésiliens sont très forts mais ils ont du mal à performer dans les conditions difficiles que l’on peut retrouver en France. Carlos Mario, le petit prodige brésilien, est un sérieux prétendant. Il y a aussi les anciens champions du monde comme Aaron Hadlow et Youri Zoon, qui font parler leur sagesse dans des conditions difficiles. Les jeunes comme moi sont un peu plus « fou fou » et on a tendance à partir dans tous les sens.

Avez-vous un modèle en particulier ?
Pas vraiment. Avant, je m’inspirais beaucoup de Kevin Langeree qui était dans ma team. Maintenant, j’essaie de passer au-dessus de tout ça et de créer mon propre style pour progresser. C’est d’ailleurs à partir du moment où j’ai voulu me détacher que j’ai fait de bons résultats.

Quelle est votre préparation physique ?
Le freestyle est une pratique très douloureuse pour les articulations. Je m’entraîne au pôle de Montpellier et la préparation physique est très importante. Elle est d’ailleurs prise en charge par la fédération, ce qui est une bonne chose. Mais tout cela est très nouveau pour nous. Le kitesurf est un sport émergeant qui n’est pas vraiment construit autour d’une structure. Je me suis toujours entraîné seul. Je n’ai pas encore d’entraîneur qui me conseillerait sur l’eau. Mais cela est en train de se mettre en place. Sébastien Garat, un ancien rider, est présent lors des compétitions et nous conseille en fonction des conditions climatiques.

Cela a  un côté rassurant pour vous ?
Oui, tout a fait. Il est présent pour nous, il prépare les changements d’ailes en fonction du vent. C’est rassurant. Cela fait deux ans qu’il nous accompagne.


Le kitesurf, c’est une histoire de famille chez vous…
Oui, mon père faisait de la planche à voile près de Montpellier. Et dès que j’ai eu l’âge de faire de la planche et du kitesurf, j’ai tout de suite adhéré. Je suivais mon père de spot en spot.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le kitesurf ?
J’aime l’adrénaline, j’en ai besoin alors je me suis rapidement orienté vers la catégorie freestyle du kitesurf. Je fais aussi du surf, de la planche à voile, du stand up paddle… Chaque sport m’apporte une dose d’adrénaline assez différente. J’utilise tous les supports sur l’eau pour m’évader.

Vous êtes-vous déjà fait peur en kitesurf ?
Pas vraiment. Mais c’est vrai que c’est un sport dangereux qui n’était pas très réglementé. Aujourd’hui, tout cela a beaucoup évolué heureusement. Je me fais rarement peur, à part quand je dois aller à l’eau en compétition et que les conditions sont vraiment extrêmes.

Quels sont vos spots préférés ?
À Gruissan, chez moi. Et à l’étranger, je dirais le Brésil et l’Australie, qui sont mes deux spots d’entraînement réguliers. Au Brésil, il y a du vent de septembre à décembre. Et en Australie, l’été commence en janvier. Je pars toujours avec d’autres bons kitesurfers français.

Vos objectifs cette saison ?
Je veux rentrer dans le top 5 mondial, car l’an passé j’ai terminé neuvième. Et décrocher quelques podiums dans la saison.

Le kitesurf est un sport jeune, donc. Comment arrivez-vous à en vivre ?
Oui, c’est un sport jeune mais il est de plus en plus à la mode. Quelques marques commencent à s’intéresser de près au kitesurf, je suis d’ailleurs égérie pour la marque Mennen. Je suis aussi sponsorisé par Sud de France, la marque de la région Languedoc-Roussillon. Cette dernière y voit un intérêt économique. Ils veulent développer un tourisme spécialisé autour des sports de glisse. Alors ils nous soutiennent et nous, on leur fait de la publicité aux quatre coins du monde.

Quel est le montant de la récompense lors d’une victoire ?
Cela varie mais je dirais entre 6 000 et 8 000 euros pour le vainqueur. En terminant 9e la saison passée, j’ai accumulé 10 000 ou 12 000 euros.

Est-ce que vous suivez d’autres sports ?
Oui, j’ai fait du rugby plus jeune, de 2005 à 2011, ma famille étant très orientée vers ce sport. Je m’y intéresse toujours. J’aime toute cette camaraderie qu’il y a autour du rugby. Ce sport m’a permis d’avancer, de grandir et de me faire une musculature. Faire du kitesurf très jeune n’est pas très bon car cela traumatise le corps.

Quel club supportez-vous ?
Toulouse et aussi Béziers.

Continuez-vous vos études en parallèle ?
J’étais en STAPS à Montpellier mais j’ai arrêté cette année. J’ai validé les deux premières années et j’ai raté deux fois la troisième. Le kitesurf est un sport difficile à conjuguer avec des études. Ce n’est pas comme si j’avais un match tous les week-ends, que je pouvais étudier le matin et m’entraîner l’après-midi. On dépend vraiment des conditions climatiques. Donc plutôt que de faire les deux à moitié, j’ai préféré me concentrer sur mon sport à 100 % puisque ça se passe bien pour moi en ce moment. Et je reviendrai plus tard aux études.

Quelles sont vos prochaines étapes ?
J’ai un petit mois de break car la prochaine et troisième étape est à Darla, au Maroc, en juin. Je participerai quand même à quelques événements dans la région, comme le Festi Kite à côté de Montpellier. Et j’irai m’entraîner à Tarifa dans le sud de l’Espagne.

 

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