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Travis Pastrana, la star du Nitro Circus

Travis Pastrana, la star du Nitro Circus

Par Manuelle Calmat , le 28 avril 2016

Dingue, fun et insolite sont les nouveaux mots d’ordre des spectacles de sports extrêmes du type Nitro Circus dont Travis Pastrana est LA star du moment. Zoom sur ce phénomène qui séduit de plus en plus les Français et qui a déjà fait succomber les Anglo-Saxons.

Sur la bannière étoilée de son Nitro Circus, le champion de motocross Travis Pastrana (11 fois médaille d’or aux X-Games) a ajouté une bombe avec sa mèche qui n’attend plus qu’une étincelle pour exploser. Un concentré de nitroglycérine, substance à la fois instable, dangereuse et volatile qui symbolise le feu d’artifices de ce cirque composé des meilleurs riders du circuit mondial, dompteurs de moteurs ou clowns-acrobates aux allures de cow-boys élevés au Red Bull. Au premier abord, l’association « Nitro » et « Circus » peut surprendre, mais elle résume parfaitement l’esprit du show proposé par la compagnie itinérante ainsi que le coup de cœur du public pour ces nouveaux shows mêlant sport et divertissement. Un concentré de sensations fortes, d’héroïsme et de burlesque.

On connaissait les compétitions de motocross, freestyle et autres VTT Pump Track, mais depuis quelque temps les spectacles de sports extrêmes – sans titres et sans médailles – cartonnent aux États-Unis, en Australie, mais aussi en Chine. En France, le jeune public est de plus en plus accro à cette forme de show. La recette du succès ? Du bruit, de la cadence et du danger. Les Nitro guys enchaînent front flip et back flip sur fond de rock trash et d’embrasements pyrotechniques qui achèvent de surchauffer la salle. Le drame rôde, affleure, s’éloigne et titille les spectateurs. Travis Pastrana, accompagné de sa fine équipe de potes endiablés, collectionne les records et flirte avec le danger : il prend son élan, plonge, dérape et retombe plus ou moins bien sur ses pattes soixante fois fracturées. Ce grand adolescent de 32 ans aux faux airs de Peter Pan chevauche son fidèle destrier – une FMX immatriculée « 199 » – depuis qu’il est en âge de jouer avec son ombre. L’heureux Master Ring (maître de cérémonie) de ce cirque qui n’en finit plus de tourner autour de la terre en semi-remorques, a transformé son stock de tricks et de flips en un business vertigineux. Avec 5 millions de fans sur Facebook, 46 millions de téléspectateurs et plus de 750 000 billets vendus sur les cinq continents, Travis Pastrana est LA star des sports extrêmes du moment.
 

C’EST DANS LES VIEILLES MARMITES...
Pourquoi cet engouement pour cette nouvelle forme de « sport entertainment » ? Parce qu’il parvient à faire la synthèse entre une réelle prouesse sportive et un spectacle très scénarisé. Et ça n’est pas un hasard si ce genre a pris racine aux États-Unis. Travis Pastrana et sa bande font parfois penser aux cow-boys – bull riders – qui disputent des rodéos devant un public venu vibrer à l’unisson et satisfaire des pulsions de vie et de mort dans une même unité d’action, de lieu et de temps. Faire le show au péril de sa vie et célébrer l’adrénaline comme moteur des passions. « On peut effectivement trouver des points communs entre le rodéo et les spectacles de sports extrêmes conçus comme du cirque », note Frédéric Saumade, anthropologue et sociologue à l’université d’Aix-en-Provence 1. « La dialectique de l’imaginaire et du spectaculaire, de la tragédie et de la comédie, se retrouve dans les deux univers. Dans un rodéo sont présentes les figures du bull rider, l’homme qui se met en danger, et le clown qui fait rigoler les gens et vient sauver le vacher qui fait la monte et va être, dans tous les cas, éjecté de la bête. »

Dans ces shows à l’américaine, le taureau est certes remplacé par un engin mécanique, mais les ressorts sont les mêmes : une férocité de la bête mise en avant d’un côté, une chute éventuelle qui exacerbe les sentiments du public, lui faisant presque espérer un dérapage aux conséquences globalement maîtrisées. Un rodéo des temps modernes pour une addiction bien archaïque. Le cirque de la vie aux accents vaguement clownesques.

 

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