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Haile Gebreselassie fait la cover de Sport & Style

Haile Gebreselassie fait la cover de Sport & Style

Par Manuelle Calmat , le 04 mai 2016

Sur le podium des icônes du sport, on pourrait placer dans le désordre et par discipline, Muhammad Ali, Ayrton Senna, Björn Borg, Diego Maradona… et Haile Gebreselassie. Le coureur de fond éthiopien est à l’honneur dans le nouveau Sport & Style en kiosques samedi 7 mai avec L’Équipe.

« Lorsque Gebreselassie décide de prendre sa retraite, il n’arrête pas pour autant de courir », nuance le philosophe Guillaume le Blanc. «Il fait partie de ces coureurs, comme son compatriote Abebe Bikila, qui considèrent la course comme une manière de vivre plus qu’une compétition. C’est parce que Gebreselassie porte en lui des valeurs universelles, rassurantes et autour desquelles on a envie de se rassembler lorsque la valse des contrats, des paris et des sponsors masque la simple beauté du geste. » La mine radieuse de ce quadragénaire à qui la vie sourit, pour qui la reconversion promet d’être florissante, a quelque chose de plus rafraîchissant que les circonvolutions et autres effets boomerang de nos champions footballeurs. Même si la norme du spectacle continue à l’emporter sur d’autres valeurs du sport comme celle du mérite, il n’en reste pas moins qu’à exploit égal la perception que l’on a du champion peut varier.
 

COURIR POUR VIVRE ET NON PAS VIVRE POUR COURIR
« Prenez Usain Bolt et Gebreselassie », poursuit Guillaume le Blanc, « nous sommes émerveillés par les deux, ils sont hors normes ! Néanmoins, on va être admiratifs, au sens philosophique du terme, de l’exploit de Bolt qui consiste à courir 100 m sous la barre des 10 secondes, ce qui veut dire que l’on va se mirer dans l’exploit du sprinter, être saisi – entre autre par la détonation– et en éprouver un certain effroi. Alors que dans le même temps, on aura du respect pour le coureur de fond qu’on vient de suivre sur un marathon pendant près de deux heures... L’exploit n’est alors qu’une façon de restituer une manière d’être. » Haile Gebreselassie devient un exemple, un modèle à suivre, un homme à qui on aimerait ressembler. « Le champion éthiopien est un génie de la course à pied », conclut le philosophe. « Il a réussi deux métamorphoses, la première en passant de coureur à compétiteur hors normes, la seconde en sachant redevenir un coureur après avoir été compétiteur hors normes.» Un coureur « total » qui vit avec nous, au même rythme du monde.

MOINS DE BLING-BLING ET DE MARKETING
Ce processus d’identification ne s’applique pas seulement aux amateurs de course à pied. Car l’essentiel réside dans la capacité à fédérer et non à séparer les âmes. « De la mode à la musique en passant par le cinéma, les icônes actuelles ont du mal à émerger », analyse Frédéric Monneyron 2. « Avec l’irruption d’internet et des réseaux sociaux, le fameux quart d’heure de célébrité cher à Andy Warhol n’a jamais été aussi commun. » Devant cette profusion de célébrités, de performeurs et autres artistes à la provocation approximative, le public est tenté de revenir à des valeurs sûres, peut-être moins spectaculaires mais chargées d’histoires, projetant des sortes de passerelles, finalement plus fantasques qu’elles en ont l’air. Si les Rolling Stones sont chargés de rapprocher deux peuples à Cuba et que le retour du classicisme dans la mode sert de trait d’union entre le confort et la subversion, il y a fort à parier que les grands- mères et les grands-pères ne seront pas de sitôt, et fort heureusement, poussés dans les orties.

 

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