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Yoann Maestri, du rugby à l'art

Yoann Maestri, du rugby à l'art

Par Julien Neuville , le 19 mai 2016

Entre deux entraînements, Yoann Maestri, deuxième ligne du XV de France et du Stade Toulousain, met en avant de jeunes artistes dans la galerie d’art qu’il a ouvert en début d’année à Toulouse. Les motivations d’une vraie passion.

Du coin de la rue, à plus de 500 mètres, on entend déjà le bruit de la foule rassemblée dans la rue Bouquières à Toulouse. À l’intérieur, dans la petite pièce blanche, Clément Poitrenaud félicite son pote. « Ça ne me surprend pas de Yoann ! » confie l’arrière international du Stade Toulousain. « Je partage toujours la chambre avec lui en déplacements, on parle beaucoup et c’est un mec qui s’intéresse à plein de choses, un vrai curieux. » Le petit jeune Gaël Fickou, le vétéran Maxime Médard et les anciens David Skrela et Jean Bouilhou sont aussi là pour soutenir le deuxième ligne du Stade et de l’équipe de France de rugby dans sa nouvelle aventure : sa galerie d’art, Galerie M. « J’avais envie de faire quelque chose en dehors des entraînements, quelque chose qui me tient à cœur » explique-t-il. Fils de dessinateur industriel fasciné par l’art, cette galerie est avant tout un lieu « pour partager une passion avec le plus grand nombre ». Pour sa première exposition, il a fait revenir dans le Sud deux artistes des environs exilés à Paris : le dessinateur Jean André et la peintre Inès Longevial. Les planches du premier, adepte de l’illustration sexy et érotique, font sensation. Les toiles de la seconde capturent les regards pendant plusieurs secondes.

L’idée d’ouvrir cette galerie est venue il y a un an et demi en discutant avec Jean André. « Il m’expliquait que ce n’était pas facile d’exposer, puis on a parlé d’Inès et je lui ai dit que ça serait bien de créer un lieu pour promouvoir de jeunes artistes comme eux » raconte-t-il. La machine est lancée. Aujourd’hui, la programmation est définie jusqu’à 2017, les œuvres du plasticien Cyril Hatt puis du graphiste Jean Jullien s’installeront ici dans les prochains mois. Volontairement, le lieu n’est pas immense pour que Maestri puisse le gérer en parallèle de sa carrière d’athlète. « C’est important de se bouger un peu en dehors du rugby. Il faut être polyvalent, ça t’ouvre, te fait réfléchir et évoluer en tant qu’homme » énonce-t-il avec sa voix calme. À 28 ans, Yoann Maestri a encore de belles années devant lui, « mais finalement la fin de carrière arrive vite et c’est bien de se préparer. Je ne sais pas si c’est ce que je ferai après ni si ce projet fonctionnera, mais au moins j’aurais tenté, c’est ce que je retiendrais en premier ».

Le joueur est conscient que certains dans l’art ne le prendront pas au sérieux et il ne pourrait pas y être plus indifférent. « Dans toute société, l’être humain réagit avec scepticisme quand quelqu’un sort de la case dans laquelle on l’a rangé » justifie-t-il. Le titre de « rugbyman », il l’accepte comme description de son métier, pas de sa personne. « Je joue au rugby, je ne me lève pas le matin en tant que rugbyman, je ne suis pas défini uniquement par mon sport » pointe-t-il, avant de finir avec le vocabulaire de l’ovalie : « de toute manière, la seule prétention qu’on a avec la galerie, c’est de se régaler ! »

 

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