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Stephanie Gilmore : « Le surf peut être puissant et sexy en même temps »

Stephanie Gilmore : « Le surf peut être puissant et sexy en même temps »

Par Bérénice Marmonier , le 08 juin 2016

Stephanie Gilmore, c’est la championne de surf par excellence. Sacrée à seulement 19 ans pour la première fois, l’Australienne a depuis glané six titres de championne du monde. À 28 ans et avec 800 000 dollars gagnés depuis, elle n’entend pas céder sa place aux plus jeunes. Rencontre.

La saison dernière a été plutôt compliquée pour vous à cause d’une blessure. Aujourd’hui vous êtes 7e au classement du Tour. Comment vous sentez-vous ?
Oui, ce n’était pas vraiment une bonne saison pour moi. J’ai commencé fort puis j’ai fait face à la frustration de m’être blessée. Mais ça m’a fait du bien de faire un break et de voyager. Surtout que je n’en ai pas vraiment l’occasion vu que je passe mes journées à surfer. Je suis allée à Cuba, en Italie. C’était rafraîchissant. Mais maintenant, je suis à 100 %.

Racontez-nous votre relation avec le surf. Quand cette passion a-t-elle débuté ?
Mon père est un très bon surfeur, alors je m’y suis frottée jeune. J’étais plutôt un garçon manqué à l’époque, alors que ma sœur aimait la danse. Je suis tombée amoureuse du sport quand j’avais 11 ans, c’était assez tard d’ailleurs. Mais nous n’avions pas de matériel pour les enfants, je ridais toujours avec la planche de mon père. C’était mon rêve d’avoir mon propre surf. J’ai dû l’avoir vers 13 ans. Puis j’ai commencé les compétitions, j’ai terminé deuxième à ma première compète à 12 ans. Soulever un trophée est le meilleur sentiment que j’ai jamais ressenti. J’ai continué les compétitions même quand j’allais au collège et au lycée. Jusqu’à ce que je remporte les championnats du monde à 19 ans. C’est quelque chose de naturel pour moi d’être sur le Tour, j’ai toujours eu cet esprit de compétition, j’ai toujours voulu gagner tout ce que j’entreprenais.

Comment avez-vous géré vos jeunes années entre le surf, les voyages et les études ?
Ce n’était pas simple mais ma mère est professeure des écoles. Elle s’assurait que je fasse bien mes devoirs. Je voulais arrêter mes études pour me concentrer sur ma passion, mais mes parents m’ont encouragée à ne pas le faire. Donc j’ai fini le lycée et j’ai été qualifiée pour le World Tour à 19 ans. J’ai gagné mon premier titre dans mon année de rookie.

Vous êtes aujourd’hui six fois championne du monde. Quel titre vous a le plus marquée ?
Le premier fut très spécial, j’en garde un merveilleux souvenir. Mais je pense que mon préféré est le cinquième car je n’avais pas très bien débuté et j’ai dû revenir de loin. J’ai eu un trauma et j’ai dû reconstruire ma confiance. J’ai gagné ce titre à Biarritz sur la Grande Plage (en remportant le Roxy Pro France 2012 – ndlr). Il y avait des feux d’artifice partout, tout le monde célébrait ce titre, je n’oublierais jamais ce jour.

Est-ce qu’il y a une bonne entente entre les surfeuses ou l’ambiance est un peu plus sanglante ?
Nous sommes définitivement toutes des compétitrices. Mais nous sommes aussi de bonnes amies, vu que le championnat du monde féminin est très restreint. Nous devons quand même rester fixées sur notre objectif. Nous sommes amies sur terre mais quand on est sur l’eau, c’est du business. On doit faire n’importe quoi pour gagner. C‘est une bonne rivalité. Surtout qu’aujourd’hui, de nombreuses surfeuses ont un bon niveau et peuvent prétendre au titre, contrairement à il y a quelques années où il n’y avait que deux ou trois surfeuses qui pouvaient remporter le titre.

Qui sont les jeunes surfeuses qui vous impressionnent aujourd’hui ?
Il y en a tellement. En Californie, il y a une fille qui s’appelle Caroline Marx, elle a 13 ans, c’est une super surfeuse qui vient d’intégrer la team Roxy. En Australie, on a Sabre Norris qui est super. C’est difficile d’en sortir quelques-unes car il y a vraiment de très bonnes surfeuses en Australie, au Brésil, en Europe... C’est intéressant de voir ce sport grandir.

D’autant plus que le surf est un sport très masculin. Est-ce que vous pensez que vos titres ont permis à ce sport de se développer ?
J’espère, oui ! Ce côté très masculin du surf peut être intimidant pour les jeunes filles. Mais ce sport a beaucoup changé ces dernières années, il y a beaucoup de filles qui pratiquent le surf et qui sont de puissantes athlètes tout en restant féminine. Ce n’est plus une chose masculine d’être une athlète. Les stéréotypes ont éclaté. C’est aussi grâce à des stars féminines du tennis comme Maria Sharapova ou Serena Williams qui prouvent que la puissance et le glamour peuvent exister ensemble. Et oui, surfer c’est sexy, c’est un sport magnifique. C’est cool de surfer en bikini, de mixer le style et le sport.

Comment gérez-vous la pression des compétitions ?
Tu dois accepter la pression et faire avec. Il ne faut pas se laisser perturber par la pression qui peut altérer tes décisions. Il faut savoir vivre le moment et faire de son mieux. Et surtout se faire plaisir. C’est d’ailleurs quand je me suis fait le plus plaisir que j’ai remporté mes titres.

Quel est votre secret pour capter la meilleure vague ?
Il faut passer beaucoup de temps dans l’océan et se pousser dans différentes conditions. Il faut essayer quand la vague est haute, idem quand elle est plus petite. Et petit à petit, tu sais quelle vague est bonne ou non. Surfer, c’est vivre dans l’océan, c’est une expérience unique.

Quels sont vos spots de surf préférés ?
Il y en a tellement... Je dirais Hawaï, le Mexique et l’Indonésie.

Depuis quand collaborez-vous avec Roxy ?
Cela fait déjà cinq ans. Je pense que Roxy est la marque iconique du surf chez les femmes. Et quand les gens pensent au surf, ils pensent à Kelly Slater et à Roxy. Donc c’est plutôt cool pour moi, j’adore la nouvelle collection que la marque a faite avec Courrèges.

Quel est le parfait bikini pour surfer ?
Juste un triangle, quelque chose de confortable. J’aime aussi le maillot une pièce blanc de la collection Roxy x Courrèges.

Aimez-vous la mode ? Quels sont vos créateurs préférés ?
Oui, définitivement. Ma créatrice préférée est Isabel Marant. J’ai toujours eu un look assez garçon manqué plus jeune et je trouve qu’elle a réussi à capturer cet esprit. Je peux porter ça tous les jours.

Vous êtes aussi une grande amatrice de photographie...
Oui, je suis une ambassadrice de Nikon en Australie. Je voyage tellement que je veux capturer ces moments. Je me balade toujours avec un appareil photo.

Pensez-vous que vous pourriez avoir la même carrière que Kelly Slater ?
Peut-être, tout est possible. Il a 44 ans, c’est assez vieux, je ne m’imagine pas encore à ce niveau à cet âge (rires). Mais je ne dirais pas non si j’en suis encore capable.

Alors comment vous imaginez-vous dans 10 ans ?
Toujours en train de surfer, c’est certain. Je surferai jusqu’au dernier jour de ma vie. Mais je ne ferai peut-être plus de compétition. J’aurais sûrement des enfants, il faut attendre un peu pour le savoir (rires). Et je voyagerai encore beaucoup.

Prochaine étape du Championship Tour à Huntington Beach en Californie, du 25 au 31 juillet.
http://www.roxy.fr

 

 

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