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Matthias Dandois : « Le BMX n’est pas un sport pourri par l’argent »

Matthias Dandois : « Le BMX n’est pas un sport pourri par l’argent »

Par Bérénice Marmonier , le 25 juin 2016

Matthias Dandois, c’est la pépite française du BMX. Le quadruple champion du monde de BMX flat fait en ce moment le show au Sosh Freestyle Cup à Marseille où il a réuni les meilleurs riders mondiaux. Et forcément, ça donne du beau spectacle. Rencontre.

Après votre succès l’an passé, vous revenez cette année avec le Matthias Dandois Open au Sosh Freestyle Cup…
Oui, l’année dernière, j’avais mis en place le Matthias Dandois Invitational, j’avais invité les sept meilleurs riders au monde à venir se confronter, ça avait super bien marché. Alors j’ai voulu en faire profiter tout le monde cette année, et les 20 meilleurs riders du monde ont répondu à l’appel, c’est dingue !

Pour ceux qui découvrent le flat freestyle, comment le résumeriez- vous en quelques mots ?
Ca s’apparente à du breakdance sur un vélo. C’est une discipline du BMX freestyle qui consiste à faire des figures sur un BMX et sur un sol plat donc on n’a pas besoin de modules ou d’artifices. 

Pourquoi ce genre d’événement très grand public est bien pour votre sport ?
Cela fait découvrir la discipline dans des conditions de rêve. On est au bord de la mer, le village Sosh est magnifique. Il y a un niveau de riding incroyable, le spot est bon. Ca se rapproche complètement d’une compétition à haut niveau. Et je veux que, l’année prochaine, la Sosh Freestyle Cup fasse partie des championnats du monde. C’est pour cela que je l’ai ouvert à tout le monde cette année, pour faire un test. Pour le moment c’est très positif.

Combien gagnera le vainqueur ?
Le prize money est de 7000 euros cette année.

Qu’est-ce qui fait la différence entre deux riders ?
Beaucoup de choses. L’originalité, on invente nos propres figures, les juges savent d'ailleurs qui a créé quoi. La variété, si on utilise plusieurs techniques de trix (figure, ndlr) ou non. Le style et la consistance, plus tu poseras ton pied par terre, plus ça te fera baisser ta note. Et la difficulté bien sûr.

À combien de figures avez-vous donné votre nom ?
On a des mouvements propres à nous, généralement cinq ou six par riders que les autres n’ont pas le droit de copier. Mais on ne leur donne pas vraiment notre nom. Par exemple, j’ai inventé une figure que j’ai postée sur les réseaux sociaux. J’ai alors lancé un appel pour qu’on lui trouve un nom et on a finalement choisi le "Boogie man". 

Comment et par quels moyens essayez-vous de développer votre créativité ?
Par les voyages. Plutôt que de s’acheter la nouvelle Mercedes, je conseillerais plutôt à n’importe qui d’acheter un billet pour l’Afrique du Sud et de découvrir ses paysages de dingue et de rencontrer les locaux. C’est comme ça que je développe ma créativité.

Vous revenez d’ailleurs d’Islande…
Oui, c’était incroyable. J’y suis allé avec la team Vans filmer une vidéo qui sortira en septembre prochain. On a trouvé des spots dans la pampa jamais ridés. On a roulé pendant des heures pour aller dans le désert. J’ai beaucoup de chance de découvrir tous ces endroits grâce au BMX.

Quelle est la destination qui vous a le plus marqué ?
Honnêtement, l’Islande. L’Afrique du Sud était au top jusque là mais l’Islande m’a vraiment bluffé.

Comment vous désigneriez-vous finalement : un sportif, un aventurier, un artiste… ?
Un sportif à 100 %. Je vais m’entraîner quatre fois par semaine, je fais de la musculation, je me prépare toujours pour chaque contest. Même s’il y a une part d’artistique, sans le sportif ça ne marcherait pas. On va dire 90 % sportif, 9% aventurier et 1 % artiste.

1% artiste ?
(rires) Je n’aime pas vraiment cette désignation. Ca fait prétentieux. Je dirais plutôt créatif.

Plus que les compétitions, vous vous mettez en scène dans des vidéos, qui font souvent le buzz…
Oui, j’essaye d’apporter le BMX ailleurs. Pas forcément pour faire de la « vue », mais parce que ça me plait d’emmener mon BMX dans des endroits insolites. Lorsqu’il y a eu la crue à Paris, je suis allé rider sur les bords de Seine avec le photographe Hadrien Picard.
 

Vous entraînez-vous toujours à Bastille à Paris ?
Oui, ou sous le ministère des finances. Parce qu’à Bastille, sans vouloir me la raconter, beaucoup de gens passent et me reconnaissent. C’est donc un peu dérangeant de faire du BMX et d’être arrêter toutes les 5 minutes (rires).

Dans vos vidéos, vous recherchez toujours le « beau » ?
Oui complétement. Je veux donner une belle image à mon sport et ne pas le rendre trop technique. Alors quand je fais une vidéo je veux que ce soit beau.

Pour faire un beau trix, il faut forcément être bien habillé ?
Non non (rires). Non, je dis des bêtises, quelqu’un qui va être mal habillé, ça ne va pas donner un beau trix. Je vais reformuler : « pour faire un beau trix, il faut être bien habillé ». De mon côté, j’aime mettre des couleurs, comme aujourd’hui, des chaussures bleues et rouges, un T-shirt assorti aux baskets et un jean.

Sous oublier vos tatouages…
Oui, c’est très souvent des souvenirs, des délires avec mes potes. Je ne serai jamais banquier donc j’y vais fort sur les tatouages. Ici, sur l’avant-bras gauche, j’ai Bruce Lee qui lit un livre. Parce Bruce lit. J’ai aussi un doigt sur l’autre bras car plus jeune, je me faisais beaucoup charrier à cause de mon nom « Dandois ». J’ai aussi un tigre sur les cotes.

Qui sont vos meilleurs amis dans le BMX ?
Alex Jumelin, Yohei Uchino, Viki Gomez… On est tous amis dans le BMX, on est une grande famille. On voyage toujours ensemble, ce n’est pas un milieu pourri par l’argent. C’est un sport d’amis, de sportifs, de créatifs… C’est comme si on était en colonie de vacances toute l’année (rires).

Mais vous gagnez votre vie grâce au BMX ?
Oui, mais ce n’est pas grâce aux compétitions. Ca nous fait de l’argent de poche mais ça nous donne une certaine notoriété. C’est surtout grâce aux sponsors que l’on réussit à vivre.

Jusqu’à quand pensez-vous faire du BMX à haut niveau ?
Je ne sais pas. Alex Jumelin a 37 ans et il est toujours au top. J’essaye de ne pas trop y penser car je ne sais pas ce que je ferai. Peut-être conseiller les enfants, pour qu’ils ne fassent pas les mêmes erreurs que j’ai faites. Ou alors être consultant pour une importante marque dans le milieu…

En quoi pourriez-vous encore vous améliorer ?
Tant que je m’amuse et que je crée de nouvelles figures, j’irai dans le bon sens et je progresserai.

Y-a-t-il une performance qui vous a particulièrement marqué ?
Mon premier contest au Japon. J’avais 17 ans et c’était la première fois que je gagnais une compétition internationale. Le Japon, c’est vraiment la Mecque du BMX flat. Je me rappelle avoir pleuré sur le podium, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Ce fut le tournant de ma carrière, je me suis dit que c’était ce je voulais faire et ça a consolidé le choix de mes parents de me laisser dans cette voie.

Vos prochains rendez-vous ?
On a une manche de championnat du monde le week-end prochain à Cologne, après une autre manche en Angleterre à Bristol puis je passe l’été en Californie faire des démos et filmer pour mes sponsors.

 

Retrouvez Matthias Dandois et les autres riders samedi 25 juin dès 16h pour les demi-finales et finale sur la plage Borély à Marseille. 
http://www.soshfreestylecup.com

 

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