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Max Guazzini, le visionnaire

Max Guazzini, le visionnaire

Par Bérénice Marmonier , le 23 mai 2013

Avec ses dieux du stade, ses maillots roses et ses grandes fêtes au Stade de France, Max Guazzini, vice-président de la Ligue Nationale de Rugby et ancien patron du Stade Français, a dépoussiéré le rugby. Et même s’il n’est plus aujourd’hui en première ligne, il continue à s’engager auprès de ce sport.

« Un Perrier bien sûr ». Bistro du club du Stade Français, au premier étage du siège, Porte de Saint-Cloud à Paris, Max Guazzini a ses habitudes. Il est arrivé à 14h30, costume bleu nuit, chemise et cravate bleu ciel. Avec son mètre 80, il en impose. Le teint halé – il revient de quelques jours de vacances à Cassis, dans sa seconde résidence. Il commence : « J’avais une réunion ce matin avec la Ligue de rugby pour les droits télé ». Et alors ? « Je ne vous en dirai pas plus », dit-il d’un air malicieux. Cela fait 20 ans que Max Guazzini, 65 ans, est arrivé à la tête du Stade Français. Même s’il a quitté le club deux ans auparavant et qu’il a rejoint la Ligue Nationale de Rugby, la nostalgie prend le dessus.

 

Les rugbymen, du rustique au glamour
Qui dit Max Guazzini, dit folie dans un monde du rugby bien endormi : calendrier des dieux du stade où les joueurs posent nus, maillots roses pour les rugbymen du Stade Français, grandes fêtes au Stade de France… Bref, ce Toscan d’origine a donné un grand coup de balai durant les années 90 et 2000 dans le rugby de terroir. « Adidas voulait faire un maillot couleur argent. Mais ca n’allait pas. Alors j’ai proposé le rose pour ainsi donner un côté plus festif, plus américain. » Et aujourd’hui, cette couleur est de partout : « Je suis mort de rire de voir tout ce rose. En Afrique du Sud, lorsque qu’un joueur est élu homme du match, il doit porter un maillot rose à la prochaine rencontre ». Avec ses dieux du stade, il a donné une autre image du rugbyman. Celle du glamour. « Quand je vois tous les joueurs de rugby qui font de la publicité, je pense qu’ils devraient me donner un pourcentage (rires) », raconte le vice-président de la LNR. Pour Pierre Rabadan, troisième ligne du Stade Français depuis 2001, son ancien président a révolutionné et fait grandir le rugby, le rendant populaire : « Il a amené du spectacle autour des matches. Il faudrait d'ailleurs que d'autres prennent le relais pour créer cette atmosphère unique, comme en Allemagne, où chaque match est un événement avant, pendant et après la rencontre ». Et même loin de son club de cœur, il continue à vouloir imposer sa marque de fabrique dans son nouveau job. « Lors de la finale du Top 14, l’arrivée du Bouclier de Brennus va être scénarisé, un peu comme l’entrée du ballon lors des matches du Stade Français ». Impossible d’en savoir plus, il veut maintenir l’effet de surprise. Max Guazzini aime donc nager à contre-courant, oser, tout en faisant abstraction des nombreuses critiques, car comme il le dit « tout est passager ».

 

De Dalida à NRJ

Né à Marseille, il passe son enfance dans le sud et fréquente des écoles catholiques. Il monte à Paris à 20 ans pour ses études supérieures. A l’époque, il rêve d’être chanteur et enregistre avec Orlando, deux quarante-cinq tours. Des échecs. Mais il se lie d’amitié avec Dalida, la sœur d’Orlando. « Elle a beaucoup compté pour moi. Elle m’a ouvert beaucoup de portes », avoue le Parisien. Il rencontre alors toutes les personnalités importantes de l’époque. Avocat de formation, il cofonde en 1982 la radio NRJ avec Jean-Paul Baudecroux. Secrétaire général, directeur des programmes puis président.  NRJ va devenir la première radio de France. C’est en 1992 que Max Guazzini rejoint le club parisien, alors en quatrième division. Il démissionne de son poste à NRJ en juin 2004 pour se consacrer entièrement au Stade Français. Il y investit beaucoup d’argent jusqu’à atteindre les sommets en 1998. Le club sera cinq fois champion de France sous son ère.

 

Un président atypique
Mais au fond qui est cet homme multi-casquettes, qui achète deux chiens alors qu’il ne les aimait pas, qui chante en latin dans une chorale tous les dimanches matin Porte de Saint-Cloud et qui produit un album de chants grégoriens Credo en 2011 – qui est même disque d’or ? « Vous le découvrirez dans ma biographie qui sortira le printemps prochain chez Robert Laffont », avance-t-il en riant. Et sinon ? « Un homme simple, très accessible et sympathique, explique le gérant du restaurant du club. En tout cas, il me manque ! ». Pour Pierre Rabadan, Max Guazzini est un président atypique, talentueux et très attachant : « Il était à la fois notre premier supporter, notre ami, notre soutien mais il se trouvait être également notre dirigeant, notre juge et celui qui décidait de notre avenir au club. Il pouvait se montrer parfois chambreur et dur ! » Une proximité avec les joueurs assumée : « Ils avaient appris la chanson que j’avais sortie « Amoureux » et ils la chantaient à chaque fois que l’on gagnait à l’extérieur », se souvient amusé Max Guazzini.

 

Lorsqu’il a reçu les insignes de Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur le 27 mars 2013, tout son entourage était présent à l’Hôtel de ville de Paris, joueurs, entraîneurs, amis. « Je les ai tous invités car je suis attaché à eux », reconnaît Max Guazzini.  Une histoire de vingt ans qui n’est pas encore terminée. Et à la question « quels sont vos projets ? »,  il répond du tac au tac : « Tout est possible avec moi. Je n’aurais jamais pensé être président d’un club de rugby. Je suis un peu fou vous savez… » 

 

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