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Le fils de son père
Andrea Rosso

Le fils de son père

Par Claire Mabrut , le 09 juillet 2013

Il y a plus qu’un air de famille entre Andrea Rosso et son père, Renzo, fondateur de la marque et du groupe Diesel. L’un porte le cheveu ras, l’autre arbore une tignasse bouclée, mais le regard et le sourire sont les mêmes. Sans oublier le côté fonceur, le goût du risque et du sport. Rencontre avec la deuxième génération d’une nouvelle dynastie italienne.

Gagneurs, de père en fils. En Italie, transmission rime avec tradition. Particulièrement dans le luxe, la mode et le lifestyle en général. Le joaillier Buccellati dirigé par le petit-fils et l’arrière-petite-fille du fondateur. Ermenegildo Zegna qui affiche quatre générations au compteur. Fiat et son président John Elkann qui a pour grand-père l’Avvocato Gianni Agnelli et pour frère Lapo, à la tête du label Italia Independent, qui pose ses marques chez Ferrari après avoir orchestré le lancement de la Fiat 500. Salvatore Ferragamo, dont la troisième génération est aux commandes. Ou encore Prada, Gucci, Missoni, Tod’s, Versace – entre autres – illustrent ce sens patrimonial aigu. Sous son air de cool bad boy tombé dans la mode sans le vouloir vraiment, Renzo Rosso a placé son groupe Diesel sur ces mêmes rails dynastiques. Père de six enfants, il partage une partie de son trône de roi du jean avec Stefano (34 ans) et Andrea (36 ans), ses deux aînés. Des fils à papa ? On en doute sérieusement, sachant qu’à l’âge où les ados sont plus pointus en matière de filles et de jeux vidéo qu’en bilans comptables, ces deux-là concevaient le label 55DSL (55 fait référence à l’année de naissance du pater familias). « On avait 15 ou 16 ans, on adorait le skate, le surf, les sports de glisse et toute la street culture, alors on a tenté le coup », se souvient Andrea Rosso, toujours directeur artistique de ce spin-off de Diesel lancé en 1994 – installé dans 11 boutiques à travers le monde – et depuis quelques mois patron des licences de la marque mère (parfums, montres, bijoux, lunettes, mobilier, casques de moto, vélos).
 

L’actu du jeune seigneur calme, presque timide (sans doute la grande différence avec Renzo), planqué sous son bonnet ? Un nouveau jus maison, Fuel for Life Spirit. Son baptême du feu en quelque sorte. « Je viens d’une petite marque et là, j’entre dans la cour des grands. Le parfum est un monde que je ne connaissais pas du tout. Les grandes lignes de ce nouveau Fuel étaient tracées avant mon arrivée, mais elles me parlent: vivre sa vie intensément mais simplement, voir le monde et voyager sans pour autant se priver de rester chez soi, rencontrer des gens, échanger... Ma devise est “n’aie pas peur de prendre des risques et assumes-en les conséquences”, alors ce nouveau job qui est un sacré challenge pour moi me motive! » Foncer, donc. Un autre trait familial qu’il serait difficile de renier. Depuis trente ans, Renzo Rosso clame haut et fort que les meilleures idées sont aussi les plus culottées et, pour reprendre son mot fétiche, les plus stupides, citant son propre exemple – il a monté sa société à 23 ans après avoir bricolé un prototype de jean sur le coin d’une table. « C’est vrai qu’on est un peu stupides de père en fils », s’amuse Andrea. « Stefano, Renzo et moi fonctionnons un peu de la même manière dans le travail, même si papa est plus dans le business que moi. Mais nous avons ce même goût pour la création et l’énergie qu’elle implique, le feeling du produit, le même esprit dynamique, l’envie d’agir vite. C’est peut-être pour cela que je suis entré dans le giron familial. Je ne me voyais pas forcément travailler pour la famille et j’aime faire d’autres choses que la mode. Puis il y a eu 55DSL et aujourd’hui, je me rends compte que si je dois me consacrer au style, je ne peux me réaliser que dans le groupe. »
 

On imagine toutefois que l’héritage doit peser un peu plus certains jours. En Italie comme ailleurs, il n’est pas toujours bien vu d’être le fils du patron. « Mon père a créé Diesel. Moi, c’est différent, j’ai tout à prouver. Mais je ne ressens pas vraiment cette pression de la “succession” ou de l’image de “fils de”, je ne l’ai absolument pas subie chez 55DSL. Évidemment, certaines personnes vont avoir envie de me percevoir ainsi, ils vont se faire une idée de moi, pas forcément vraie. Comme je ne pourrai rien contre cela, ça ne m’affecte pas. » Et si tel était le cas, le garçon sait comment se vider la tête : quand il n’est pas sur son skate, dès qu’il peut, il surfe quelque part au large de la Californie et s’accroche, l’hiver, à son snowboard. « Ce sont des sports qui donnent un sentiment de liberté et d’indépendance. Grâce à eux, on est en prise directe avec la nature, ses odeurs, son énergie et sa beauté. Comme mon père et son goût des sports extrêmes, c’est un peu mon autre “fuel for life”... »

 

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