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Sportive la plus bankable
Maria Sharapova

Sportive la plus bankable

Par Frank Rousseau, le 22 août 2013

Maria Sharapova et sa plastique de rêve, son palmarès plus que solide et ses contrats (TAG Heuer, Porsche, Evian, Samsung) en or massif est tout simplement la sportive la plus « bankable » du monde.

Lorsqu’elle donne rendez-vous, ce n’est pas sur son lieu de travail, à savoir un court de tennis. Non, Maria Sharapova – athlète féminine la mieux payée du monde selon le magazine Forbes, 21, 5 millions d’euros de revenus en 2012 – reçoit dans une « meeting room » du Shade Hotel, à Manhattan Beach, non loin de Los Angeles. Un lieu informel pour une sportive exceptionnelle. Jugez plutôt : elle a vu le jour en Sibérie, il y a vingt-six hivers. Maria Iourievna Sharapova pour l’état civil n’est pas née avec une cuillère d’argent dans la bouche, mais avec une raquette en or à la main. À quatre ans, la petite blonde tapait dans la balle avec la force d’un bûcheron du kolkhoze alors que ses copines d’école jouaient encore à la marelle. Et puis tout s’est enchaîné.

 

Première joueuse russe à remporter Wimbledon en 2004, cette belle liane devient un an plus tard la première fille de l’ex-Union Soviétique à s’offrir la place de numéro un mondiale. Maria Sharapova est aussi la seule tenniswoman russe à avoir remporté les quatre tournois du Grand Chelem. Dernier en date, Roland-Garros en 2012. Bref, une anti-Kournikova qui, contrairement à sa compatriote retirée du circuit depuis 2003, collectionne les titres dans l’univers impitoyable du tennis. «Je ne dirais pas que le monde du tennis est cruel», rectifie-t-elle. « Je dirais plutôt que le monde du tennis est une concentration de différentes personnalités, de différents caractères. Vous avez des ego de la taille d’une balle et d’autres plus larges que le court lui-même. Je n’aime pas la confrontation en dehors des matchs que je dispute. Je suis plutôt quelqu’un de réservé, qui observe beaucoup. Certains estimeront que c’est une forme de timidité. Moi, je prendrais ça plutôt pour une évaluation des forces en présence. Quand vous jouez au tennis, vous devez indéniablement avoir des qualités physiques. Mais il ne faut pas oublier non plus que l’aspect stratégique, technique et l’analyse du jeu sont primordiaux. Cela ne sert à rien de taper dans une balle comme une brute si l’adversaire qui est en face de vous la renvoie systématiquement. Non, il faut être en mesure de s’adapter face à chaque situation. À mes yeux, un bon tennisman est un gars capable de faire évoluer son jeu et de le visualiser dans l’espace, comme dans une partie d’échecs.»
 

J’ai toujours voulu être perçue comme quelqu’un de différent.
 

De manière inattendue, ses mots en imposent. Son gabarit aussi : 1,88 m sous la toise. Et sans lever les bras au ciel ! Une Valkyrie popov ? Que nenni. Lorsque cette Maria pleine de grâce vous serre la main, c’est avec une infinie délicatesse, de longs doigts ornés de bagues ultra-féminines et un fin poignet habillé d’une montre TAG Heuer. Une manufacture horlogère qui la suit depuis bientôt dix ans et à laquelle la Russe veut rester fidèle car «cette marque allie force et glamour». Comme elle. Et puisqu’on parle d’horlogerie, Maria sent l’envie de remettre certaines pendules à l’heure. Ses détracteurs la perçoivent surtout comme une Barbie capitaliste et une redoutable femme-sandwich. «Toutes les marques que je représente sont dirigées par des gens que je respecte et je me sens en parfaite adéquation avec le message qu’elles renvoient», répond-elle toutes griffes dehors. Et des marques, il n’y en a pas qu’un peu. Ambassadrice de TAG Heuer, Nike, Head, Evian ou encore Samsung, elle encaisse les contrats sans ciller : 22 millions de dollars entre juin 2011 et juin 2012. Service compris. Dernier deal en date avec Porsche dont elle est devenue l’égérie officielle. Respect. Et, luxe suprême, il lui arrive parfois de prendre tout son petit monde à contre-pied. Exemple : le lancement récent de Sugarpova, une gamme de bonbons gélifiés qu’elle a mis deux ans à concocter. «Parce que je suis une sportive de haut niveau, on s’attendait à ce que je commercialise une boisson énergétique ou des barres de céréales vitaminées», s’amuse-t-elle. «Mais j’ai toujours voulu être perçue comme quelqu’un de différent. D’unique. Une partie des recettes générées par la vente de ces bonbons est reversée aux Nations Unies (UNDP), mais aussi à un programme scolaire pour les élèves étudiant dans la région de Tchernobyl.»
 

Femme de tête, femme de cœur et humaniste, la Sharapova serait donc à l’image de son jeu sur les courts. Généreux. Surprenant. Imprévisible. Sans compromis. Et quand on lui demande s’il y a un lieu sur cette planète où elle aime décompresser, la terreur sexy des filets évoque d’emblée les deux maisons qu’elle possède. La première à Manhattan Beach, au sud de Los Angeles, la seconde à Saratosa, en Floride. Deux villas-refuges, non loin de la mer. Car l’océan l’obsède. «C’est vrai», confirme-t-elle. «Je suis née en Sibérie, à Nyagan, et mon rêve quand j’étais enfant, c’était de m’installer au bord de la mer, au soleil.» Entre virées nautiques et obligations tennistiques aux quatre coins du monde, la plus Américaine des sportives russes – elle a quitté sa famille à neuf ans pour s’entraîner deux saisons en Floride, sous la férule de Nick Bollettieri à la Tennis Academy de Bradenton – adore jouer les maîtresses de maison et accessoirement cuisiner, même si elle avoue être «plus douée pour tenir le manche d’un grand tamis que celui d’une poêle». Sa spécialité ? Le bortsch, la soupe nationale russe. Elle le dit comme ça, histoire de ne pas oublier d’où elle vient. «Je voyage énormément», se justifie-t-elle. «Et comme je descends toujours dans des palaces, la première chose que je fais quand je rentre chez moi, c’est la cuisine. C’est toujours plaisant de se faire servir dans un bel établissement, mais il arrive un moment où vous perdez vos repères.»
 

Alors, bien sûr, quand on s’appelle Maria Sharapova, on visualise des placards croulant sous les balles jaunes et des filets à la place des murs. Erreur. «Au risque de vous décevoir, rien ne laisse supposer chez moi que je joue au tennis!», réplique l’intéressée. Quid des trophées ? Idem. Elle les a remisés dans «un coin sombre, là où personne ne les remarquera». Un je-m’en-foutisme qui rend dingue sa grand-mère dont le premier réflexe, à chaque fois qu’elle débarque chez sa petite-fille, est d’astiquer au Miror les coupes oxydées. Même détachement au niveau de son dressing. Si la championne jure adorer la mode et en particulier Isabel Marant, Chloé, Stella McCartney et Lanvin, elle passe le plus clair de son temps en jeans et sandales. «Si je vous avoue qu’en plus je collectionne l’art contemporain, vous pourriez croire que j’ai perdu le sens des réalités. C’est faux. Je connais trop la valeur de l’argent pour en avoir manqué durant toute mon enfance. J’ai fait tellement de sacrifices pour arriver à un tel niveau. Rien n’est arrivé tout cuit dans ma bouche! Et comme un bonbon Sugarpova, je savoure cet instant sans me culpabiliser le moins du monde.» Trop forte, la Maria. L’air de rien, elle a toujours un truc à vendre.http://www.sportetstyle.fr/vips/people/a,76,maria-sharapova-belle-de-court.html

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