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Le nouveau poulain de Jay-Z
Kevin Durant

Le nouveau poulain de Jay-Z

Par Katia Kulawick-Assante , le 29 octobre 2013

Kevin Durant, l’ailier du Oklahoma City Thunder, est le premier basketteur de la NBA à rejoindre l’écurie sport de Jay-Z, Roc Nation Sports. Portrait.

Lorsque Kevin Durant se déplace, c’est en bande. C’est donc entouré de sa garde rapprochée – une dizaine de colosses culminant autour des deux mètres – que le basketteur déboule dans la suite du Bristol à Paris, réservée pour notre séance photo. En attendant que le set se prépare, un public taiseux mais impressionnant nous fixe durant toute l’interview. Mon premier entretien en NBA avec la star du Oklahoma City Thunder commence par une batterie de questions sur Sport & Style. Une chose est sûre, le champion est bien entouré. Lui, humble, a recroquevillé ses 2,06 m sur une chaise Louis XV. Il parle avec l’accent du nord-est et avale les syllabes, il a des airs de petit garçon sage qui veut bien faire.

LE GEEK, C’EST CHIC
Malgré son statut de champion, son approche est plus celle d’un étudiant, tant dans le look que dans l’attitude, que d’une star affirmée. Il faut dire que dans cette confrérie de testostérone à l’américaine qu’est la NBA, s’imposer, même avec 2,06 m, ne doit pas être aisé. Kevin Durant définit son style « work in progress », même s’il est imbattable sur les courts. Jamais fatigué. Jamais une baisse de tension. L’athlète est reconnu comme une machine à scorer. Ses atouts ? Sa légèreté et un physique beaucoup moins musclé que ses confrères bodybuildés, qui font de lui l’un des meilleurs élèves de la révolution stylistique de la NBA, fortement influencée par le dress-code imposé par son grand patron David Stern il y a huit ans. L’objectif d’alors visait à se débarrasser de tout attribut hip-hop (T-shirts sans manches, short, grosses chaînes et pendentifs, lunettes de soleil en intérieur, casque audio), notamment pour les arrivées et départs des matchs, les conférences de presse et autres événements promo officiels liés à la League.
Résultat : on a vu apparaître le nerd chic, tel Bill Gates période lauréat. Kevin Durant arbore la chemise à fins carreaux boutonnée jusqu’au col, le sac à dos inamovible (pour accueillir son iPad et sa Bible), les lunettes de vue à montures épaisses. Tandis que ses acolytes Dwyane Wade, LeBron James, Dwight Howard et Amar’e Stoudemire se pointent en conférence de presse en costume trois-pièces et cardigan en laine. En quelques saisons, le vestiaire du champion de NBA a donc totalement changé. Comme s’ils étaient tombés dans une pub pour Tommy Hilfiger, les pochettes, les gilets, les cravates et les bretelles font leur entrée dans l’univers des bad boys tatoués. Inspirés par Mad Men ou Happy Days, ces looks de blancs autrefois moqués par la communauté noire se voient récupérés dans un twist social que le journaliste du Time, Touré, décrit comme une « ironie dans ces looks aux impératifs masculins ». Mais bon, la bonne nouvelle, c’est que globalement, la période des joggings dégueu (allô, les footballeurs ?) est finie. Place nette donc au geek chic.

DES PARQUETS AU HIP-HOP
Le basketteur avoue avoir envie de se démarquer des autres. Et s’il a gagné son pari question mode, au-delà de l’apparence, il a frappé un autre grand coup en juin dernier. C’est en effet par Kevin Durant que la fusion de l’entertainment et du sport a été scellée il y a quelques mois, lorsque le « mogul » du hip-hop (le nabab, comme l’appelle la presse américaine), Jay-Z, a proposé de le faire entrer dans son bastion de jeunes talents en ouvrant un label de sport. Révolution dans le business puisque son ex-agent s’est fait larguer dans la minute et que Jay-Z entamait là le premier mariage de l’entertainment et du sport. Visionnaire et milliardaire, Jay-Z ne vous parle peut-être pas mais il représente au pays de l’oncle Sam l’icône black qui s’est imposée au sommet de l’American Dream, une sorte de king d’une nouvelle aristocratie américaine, juste derrière le président. Après avoir lancé son propre label de musique, le nouveau fait d’arme du roi du hip-hop est donc le sport. « Je suis très reconnaissant de cette opportunité avec Roc Nation Sports. Il est temps d’y aller », annonçait Kevin Durant au mois de juin lors de la signature du contrat. Jay-Z est fan du champion. Son prétexte pour signer Durant ? « Il a 90,5 % de réussite au lancer libre, c’est le plus jeune joueur de l’histoire de la NBA à rejoindre le club des 50-40-90, un individu généreux et une légende en devenir. Que dire de plus ? » What more can I say ? est aussi un clin d’œil au titre d’un morceau de The Black Album de Jay-Z.
Le patron du rap agrandit sa « familia » en créant son écurie qui rassemble la crème du son (MIA, Haim , Santigold, Shakira, Rihanna, Timbaland, et of course Jay-Z !) et du sport. Associé à CAA (Creative Artists Agency), l’une des plus grandes agences américaines de management d’artistes, qui s’occupe de ses négociations de contrats sportifs, Roc Nation va gérer l’image du basketteur en dehors des parquets. Et Kevin Durant, c’est big money. Son contrat actuel avec le Oklahoma City Thunder plafonne à 89 millions de dollars sur 5 ans, et ses revenus sont estimés à 31 millions de dollars par an, encaissés dans la case salaires et publicités, avec la place de 17e athlète le mieux payé au monde selon le magazine Forbes.

Ce contrat va changer la donne du business du sport par effet de domino. Jay-Z est désormais accrédité pour être agent de joueurs NBA et MLB (base-ball). Dans la team sport de Jay-Z, on trouve déjà le second baseman des New York Yankees, Robinson Cano, le quarterback des New York Jets, Geno Smith, la basketteuse Skylar Diggins, et Victor Cruz, wide receiver des New York Giants. À son CV de fan de sport, Jay-Z comptait déjà une participation (moins de 1 %) dans le capital des Brooklyn Nets. Mais, assis régulièrement au premier rang des matchs aux côtés de sa femme Beyoncé, la rumeur que les Nets étaient « son club » avait vite pris le dessus. Il faut savoir que les propriétaires de clubs de NBA ne peuvent pas cumuler leur fonction avec celui d’agents de joueurs. Ceci explique peut-être cela...
 

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