People Yohan Cabaye
© Cédric Viollet pour Sport & Style Par Jawaher Aka, le 16 juin 2014

Yohan Cabaye « À 3 ans, j'avais le maillot de Maradona »

Il a conquis le Parc des Princes et pourrait bien être LA star française de la Coupe du monde. On en prend ici les paris. Yohan Cabaye est l’homme à suivre. Au Brésil et à Paris.

Premier de la classe
Champion de France avec le PSG, Yohan Cabaye (28 ans) jouera sa première Coupe du monde au Brésil. Discret, altruiste, volontaire, « Yo », comme il aime qu’on l’appelle, va y marquer les esprits. Il nous a ouvert le sien pour la toute première fois.

Mon premier ballon
J’avais quatre ans. J’étais à l’hôpital parce que je m’étais étranglé avec des cacahuètes. J’y suis resté un ou deux jours. Les cadeaux qu’on m’offrait avaient toujours un lien avec le foot. Je me souviens avoir eu un ballon et des crampons à l’hôpital. Les médecins me pensaient malade, mais toute la journée, quand ils n’étaient pas là, je jouais seul dans ma chambre.

Mon premier maillot
Celui de l’Argentine. Mes parents m’avaient acheté le maillot de Maradona. Je suis né en 1986. Cette année-là et celles qui ont suivi furent les grandes années de Diego. J’avais trois ou quatre ans. Il était à ma taille. Avec les bandes bleu ciel et blanches. Et le n°10 derrière. 

Mon premier but
En débutants. On jouait sur un format « plateaux », des petits tournois. J’avais pu jouer parce que mon père était dans le club. J’avais quatre ans et demi. Il avait fait une attestation selon laquelle je pouvais jouer alors que j’étais bien trop jeune. Le terrain était grand et tout le monde courait vite. J’ai réussi à marquer. Pour moi, c’était extraordinaire.

Mon premier exploit sportif
J’étais en poussins. Il y avait une sorte de Coupe nationale. Mais avant, il fallait passer par des tours régionaux. C’était le Nord-Pas-de-Calais. J’étais dans un petit club mais nous avons réussi à aller jusqu’en finale, où nous avons perdu contre Lille. C’était le dernier match avant de pouvoir se qualifier pour la Coupe nationale. Nous avons échoué à la dernière marche, mais pour nous c’était déjà extraordinaire. C’est le premier exploit de ma carrière.

Ma première blessure
En équipe de France Espoirs, en 2006. J’avais une grosse entorse à la cheville. Deux mois d’arrêt. J’ai eu beaucoup de douleurs à la reprise. Encore aujourd’hui, ma cheville me fait souffrir. Dans ces moments-là, je doute, je me demande si je vais retrouver toutes mes capacités.

Mon premier contrat
J’avais 15 ans. J’étais fier. Mon père avait aussi eu un contrat aspirant quand il était plus jeune, à la fin des années 70. Il m’a dit que c’était bien, mais que je n’avais que 15 ans et que ce n’était pas un aboutissement, qu’il fallait que je continue à travailler.

Mon premier salaire
Pareil, j’avais 15 ans. J’allais encore à l’école. Je pense que j’ai gardé le bulletin de paie. Je m’étais acheté des habits et des jeux vidéo.

Mon premier jeu vidéo
La console, c’était la Sega Mega Drive ou la Super Nintendo. C’était un jeu de foot, c’est sûr et certain. Ça devait être un Kick Off.

Mon premier carton rouge
Lors du match Lens-Lille pendant la saison 2009-2010. Je traversais une période délicate dans mon club. J’étais sur le banc. Je suis finalement rentré et j’ai pris le carton après moins d’une minute sur le terrain. 42 secondes je crois. Les semaines précédentes étaient un peu tendues. L’énervement, la frustration, tout est ressorti.

Ma première montre
Une Audemars Piguet. Le modèle légendaire Royal Oak en or rose. J’ai toujours aimé cette montre. Je voulais l’acheter pour une occasion spéciale. J’ai attendu patiemment jusqu’à mon mariage.

Mon premier costume
C’était pour un mariage pour lequel j’étais témoin. C’était compliqué. Le choix de la couleur qui passe bien, en rapport avec le costume du marié, sans pour autant éclipser le marié. Il était marron. Le marié était en beige. J’avais 19 ans. Je ne me souviens plus de la marque exacte. Mais ça avait été une vraie prise de tête. À l’époque, je faisais tout à la dernière minute.

Ma première voiture
Une Peugeot 206 noire. Achetée moi-même, directement après le permis. Elle m’emmenait de chez moi à l’école et à l’entraînement. J’habitais encore chez mes parents à Roncq et l’école était à Lambersart. L’entraînement était à Villeneuve-d’Ascq. C’était le début de l’indépendance.

Mon premier tatouage
Un signe tribal qui ne veut rien dire, sur la cuisse. J’avais 18 ans. Je le regrette un peu parce qu’il ne veut rien dire. Mais c’était sur le moment. Un moment de la vie qu’il faut accepter.

Ma première série TV
24 Heures Chrono. J’étais tombé dessus quelques fois à la télé sans trop m’y intéresser. On m’a conseillé de la regarder plus attentivement. Et je m’y suis mis sans regret. J’ai découvert la première saison en DVD. J’ai regardé ça très rapidement. J’attendais avec impatience que les coffrets sortent. Parfois ça me semblait très long. Dès qu’un coffret sortait, j’essayais de me raisonner mais j’avais du mal. En trois ou quatre jours, c’était plié...

Mon premier voyage
Aux Baléares, avec mes parents. J’étais très jeune. Je n’en ai que de vagues souvenirs. C’était mon premier vol, ma première visite dans un pays étranger.

Ma première bêtise
Le mercredi quand on était à la maison avec mon frère, on jouait au foot avec nos équipements, quel que soit le temps dehors. Avant que ma mère ne rentre du travail, on se changeait et on mettait nos habits souillés dans le linge sale, ni vu ni connu. Le problème, c’est que ça sentait l’herbe, le jardin était abîmé. On se faisait attraper à chaque fois.

Ma première grande déception
J’avais moins de 15 ans. C’était à Lille. En foot encore. J’étais un an plus jeune que les autres joueurs de l’équipe. Nous étions au Havre. Et j’étais remplaçant alors que j’avais envie de jouer. Je ne comprenais pas.

Mon premier coup de foudre
J’étais au collège. J’avais 13 ans. Mon premier râteau, c’était à 11 ans mais je ne me souviens plus très bien des circonstances.

Mon premier succès
Avoir eu mon permis de conduire. C’était le premier examen que je passais et que je réussissais.

Yohan Cabaye, le discret
Entraîné très jeune par son père à Tourcoing, Yohan Cabaye intègre l’équipe des moins de 13 ans au LOSC (Lille) en 1998. Il y suit sa formation avant de passer pro en 2004, à 18 ans. Son histoire d’amour avec le club du Nord – longue de 13 saisons – se termine en 2011 quand il rejoint le championnat anglais aux côtés des Magpies, à Newcastle. En août 2013, le Français refuse une offre de transfert d’Arsenal de plus de 10 millions, mais rejoint six mois après – pour plus du double – les rangs du PSG. « Une première pour [Cabaye] d’arriver dans une équipe de stars. À Lille, il n’y avait pas de stars et à Newcastle, la star, c’était  lui » déclarait récemment Christophe Dugarry. Une première, encore une.

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