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Les nouvelles voies du yoga

Les nouvelles voies du yoga

Par Manuelle Calmat , le 26 avril 2017

Trendy, thérapeutique, corporate, le yoga change de visage, s’infiltre dans nos vies et vient palier certains manques que nous ne parvenons plus à combler. Quitte à y perdre son identité ?

Sur le blog d’une « yogini » qu’on baptisera Léa, une tribune aux accents de confession : « Prof de yoga, c’est loin d’être le nirvana ! ». La prof, qui semble pourtant surfer allégrement sur l’ultra tendance du yoga mondial, pousse un coup de gueule courageux. Ces derniers mois, la vague des studios branchés et des bars à yoga enfle, avec sa surenchère d’offres plus alléchantes les unes que les autres. Corps détoxés, regalbés, avec en sus le mental d’un Bouddha réincarné. Léa en remet une couche lorsqu’elle annonce à demi-mot que la bulle pétillante aura vite fait d’exploser en vol. Prédiction ? Le yoga en a vu d’autres au cours de ses 4 000 ans d’histoire.

NOUVEAUX BESOINS, NOUVEAU YOGA
Anne-Charlotte a découvert le yoga à cause d’un grave accident. Huit mois d’hospitalisation et deux ans de rééducation qui ne lui ont malheureusement pas rendu l’usage total de sa jambe. La pratique du yoga a été une véritable renaissance, une prise en charge active de son handicap et un moyen de dompter sa douleur persistante. Elle prend vite conscience du potentiel de cette pratique dans le monde de l’entreprise : si le yoga assouplit le corps, il calme aussi la conscience et l’esprit. En cas de stress et de souffrance au travail, il peut être une réponse efficace et même un outil de performance. En quelques années, elle met au point « Yogist1 », une méthode « pour être bien partout et même au bureau ! ». Elle l’a logiquement baptisé le « Yoga corporate », un yoga efficace, « pas ésotérique, garanti sans chakras, sans acrobaties, sans matériel et sans vous changer. C’est le yoga qui doit s’adapter au public et non le public qui doit s’adapter au yoga » selon elle. L’approche d’Anne-Charlotte Vuccino est loin d’être isolée, puisqu’un grand nombre de jeunes professeurs s’emploient à adapter le yoga aux besoins actuels. Aux États-Unis ou en Europe, comme en Suède par exemple, des séances hebdomadaires sont proposées en prison, et d’autres institutions comme l’armée introduisent dans leurs programmes d’entraînement ou dans le suivi psychologique de certains vétérans une aide par le yoga. Aménager, revisiter voire parfois « customiser » la version traditionnelle peut en offusquer certains et les inquiéter.

OBJECTIF RECONNEXION
Deepan et Géraldine dirigent un centre de yoga sur les rives du fleuve Kerala2, en Inde, qui voit passer des pratiquants de tous les pays du monde. « Je ne sépare pas l’est et l’ouest », insiste Deepan qui a monté ce lieu de retraite il y a douze ans. « Le yoga nous aide à comprendre l’univers dont nous faisons partie. Si vous voulez connaître l’univers, vous pouvez en analyser une partie en vous connaissant vous-même, et par la connaissance de vous-même, vous connaîtrez l’univers. » Cette analyse rejoint celle de l’écrivain et éditeur Marc de Smedt3, qui a vu arriver le yoga dans les années 70 et a suivi son évolution en France et aux États-Unis. « Son succès est d’abord le résultat d’un réel besoin. Ce que les Grecs, au temps d’Alexandre le Grand, appelaient la gymnosophie, un mélange de gymnastique et de philosophie, est plus que jamais nécessaire pour vivre mieux et, dans certains cas, accompagner sur la voie de la guérison. » Le stress, le bruit, la pollution nous ont éloignés de notre être profond et nous ont coupés des moments de ressourcement purement physiques. « Le yoga est avant tout une affaire de rencontres, quels que soient l’endroit et la technique. Ce qui importe, c’est de se mettre à l’écoute de notre corps, cette matière vivante, parce qu’on a plus que jamais besoin de respirer et de se reconnecter à la conscience. Pourquoi devrait-on bouder notre plaisir ? », demande l’écrivain. Question essentielle.

1. Comme un Yogist, d’Anne-Charlotte Vuccino, Solar Éditions, 2016.

2. Big Banana Island Retreat, bbretreat.com

3. Notre corps, une exploration de l’infini, de Marc de Smedt, directeur de la revue Question de – N°3, Albin Michel, septembre 2016.

 

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