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Le running à la conquête du sur-mesure

Le running à la conquête du sur-mesure

Par Thomas Héteau , le 10 avril 2018

Courir avec une chaussure parfaitement adaptée à votre morphologie, à votre foulée et à votre pratique. Voilà déjà quelques années que les équipementiers travaillent à faire de ce rêve une réalité. Et à ce petit jeu, certains ont déjà pris une belle longueur d’avance.

« Lorsque vous franchissez cette porte, vous devenez aussi important pour nous que Kilian Jornet. » Pas de doute chez Salomon, on sait prendre par les sentiments… C’est donc avec un léger sentiment de fierté que le visiteur pénètre dans cette « ME:sh Unit », nouvelle unité de production créée par la marque dans le cadre de son programme de personnalisation S/LAB ME:sh. À l’intérieur, tout est fait pour en mettre plein les yeux : scénographie hyper chiadée façon 2001 l’Odyssée de l’Espace, couloir graphique, atelier minimaliste laissant entrevoir le travail de deux robots high-tech…

C’est au printemps 2017, après quasiment une décennie de recherche, de conception et de tests, que le leader mondial du trail-running lance son projet ME:sh. L’idée ? Proposer à tous les coureurs le même service que celui mis à la disposition des meilleurs athlètes mondiaux : une chaussure sur-mesure, adaptée à la forme de leurs pieds, à leur manière de courir et à leur environnement. « La customisation et la volonté d’avoir des objets personnalisés est une vraie tendance de société », note Jean-Yves Couput, le responsable du projet. Mais attention, il ne s’agit pas ici d’une simple « customisation esthétique » qui existe depuis longtemps sur le marché, mais bien d’une « customisation fonctionnelle ». Un peu plus d’amorti ici, de retour d’énergie là… Le tout en fonction du pied du coureur et de ses besoins.

Pour réussir ce pari, la marque a dû simplifier son processus de fabrication et mettre au point une nouvelle tige, la « Twinskin » qui nécessite 80% de composants en moins et moitié moins d’opérations manuelles que sur une chaussure classique. « Nous avons fait progresser le ‘fit anatomique’ pour l’amener au plus haut niveau possible et construire la chaussure à partir de la forme du pied. » Après une première étape de personnalisation à domicile pour définir son profil sportif et les bénéfices attendus, le runner se rend dans l’un des 10 magasins partenaires de la marque pour l’analyse biomécanique du pied. La chaussure est ensuite fabriquée au sein de la « ME:sh Unit » à l’Annecy Design Center à partir des datas récoltées. « Si 80% des coureurs peuvent être complètement satisfaits avec une chaussure de gamme classique, le reste aurait tout intérêt à avoir un modèle sur-mesure, que ce soit pour des raisons biomécaniques ou d’usage. »

La personnalisation, futur du running ?
Si Salomon reste à l’heure actuelle la seule marque capable de proposer à grande échelle une chaussure personnalisée, d’autres grands acteurs du running se sont engouffrés dans la brèche. Au printemps 2016 déjà, New Balance se targuait d’amener la personnalisation « à un niveau jamais atteint » avec la Zante Generate, la première paire de running intégrant une semelle intermédiaire conçue par impression 3D. Un one-shot pour la marque puisque le modèle n’a été commercialisé qu’en petites quantités et n’a pas connu de suite…

Chez Adidas en revanche, les choses évoluent rapidement. Après avoir lancé dès 2015 sa Futurecraft 3D, une chaussure de running dotée d’une semelle intermédiaire réalisée elle-aussi grâce à l’impression 3D et personnalisable en fonction des besoins en amorti de chaque pied, la marque aux trois bandes a poursuivi dans cette direction avec la Futurecraft 4D et la série AM4 dévoilée en octobre dernier. Le concept ? Six modèles uniques et sur-mesure répondant aux besoins spécifiques des runners de six grands villes du monde. Après AM4LDN pour Londres et AM4PAR pour Paris, le concept devrait être décliné à Los Angeles, New York, Tokyo et Shanghai. Le géant allemand s’est même doté d’une « Speedfactory », sorte d’usine du futur spécialement pensée pour investir ce marché de la personnalisation des chaussures.

Autre marque à se positionner sur la tendance, l’Américain Brooks Running qui s’est associé au spécialiste de la semelle Superfeet et au géant informatique HP pour lancer sa première chaussure sur-mesure via l’impression 3D. En utilisant la technologie « FitStation » de HP et en fonction des données biomécaniques du coureur, le programme permet de modéliser le bloc semelle du modèle Levitate de Brooks pour qu’il épouse parfaitement la forme du pied.

Du côté de chez Salomon, on entend évidemment aller encore plus loin dans cette customisation, notamment « sur le dessous du pied où il y a beaucoup à faire » avec une approche à 360°. Construire la chaussure autour du pied, comme une deuxième peau. « Un jour, nous serons capables de vendre de la matière première et un programme informatique à des consommateurs pour une impression 3D des chaussures directement à domicile », imagine même Jean-Yves Couput. Pour le responsable, la question n’est pas de savoir « si » cela arrivera mais « quand » ?

 

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