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Plongez dans le monde de l'ultra yachting

Plongez dans le monde de l'ultra yachting

Par Nadia Hamam , le 02 décembre 2016

Chaque année, le Monaco Yacht Show dévoile les nouveaux monstres des mers et les tendances maximalistes d’un marché de niche très privé. Design naval, gadgets technologiques ou accessoires de loisirs futuristes... plongée dans le monde merveilleux de l’ultra nautisme.

Ce n’est pas un salon comme les autres : le Monaco Yacht Show est un monde à part où il faut montrer patte blanche. Armateurs privés, brokers (agents d’achat, vente ou location), jurés, constructeurs, journalistes triés sur le volet et, bien sûr, futurs acheteurs. Sur les quais du port Hercule habillés de moquette bleue, un melting pot d’ultra riches et d’experts célèbre une passion hors normes : le super yachting. Depuis ce blue carpet, on découvre les dernières tendances du secteur. On s’ébaudit devant le gigantisme des embarcations stationnées. « 124 au total, dont certaines sont lancées en première mondiale par les plus grands chantiers navals », précise Gaëlle Tallarida, directrice générale de l’événement qui évolue dans le milieu depuis deux décennies. À l’époque, un super yacht était un bateau de plus de 24 mètres. « Les plus gros frisaient les 45 mètres. Aujourd’hui, c’est la nouvelle taille moyenne constatée sur le marché. Les gros calibres tournent autour de 100 mètres, pour des capacités de couchage d’une douzaine d’invités, sans compter l’équipage. »

Toujours plus grands. Plus beaux et plus rapides, aussi. « Dans un portefeuille d’assets, (valeurs – ndlr), le bateau représente le produit ultime de l’ultra riche. Maison secondaire, voiture de course ou jet privé restent des utilitaires. Le yacht, construit sur mesure selon son moindre désir, est le plus beau joujou dont il puisse rêver », résume la directrice. En parfaite illustration, les deux It productions dont on cause cette session raflent les trois prix du salon, les MYS Awards. Révélation la plus spectaculaire, le très high-tech bateau à moteur Galactica Supernova, un 70 mètres commandité par un magnat russe. Il peut atteindre 30 nœuds avec une consommation énergétique moindre, grâce à une forme de coque dite « à déplacement » associée pour la première fois à une forme dite « rapide », familles habituellement antinomiques. Une petite révolution conçue par l’architecte naval néerlandais Espen Oeino et construite par le chantier naval Heesen, basé aux Pays-Bas. Le navire a aussi reçu un prix pour la beauté de son design extérieur. Dans le même format, le voilier Sybaris est lauréat du meilleur design d’intérieur. Il est l’aboutissement du rêve de Bill Duker. Ce tycoon américain qui collectionne les yachts et les œuvres d’art contemporain compte passer ses cinq prochaines années sur ce musée flottant décoré comme un loft new-yorkais... en attendant le prochain.

Rêve flottant
Sybaris ou Galactica Supernova, même constat : c’est une débauche de matières précieuses et de savoir-faire rares. Pour Philippe Briand, qui signe l’architecture extérieure de Sybaris, « les super yachts utilisent le meilleur du savoir-faire du moment grâce au financement de mécènes. Beaucoup de métiers anciens auraient disparu sans cette industrie ». Pour ce cador du sérail, les bateaux d’aujourd’hui sont à la fois ville, villa, bateau et voiture de course. Un univers dominé depuis trente ans par une innovation constante alimentée par deux moteurs. D’abord, le monde très fermé de la compétition à voile qui constitue un laboratoire de recherche et développement en matière d’aérodynamisme. Ensuite, les désirs d’un client au budget illimité qui poussent à imaginer des intérieurs toujours plus fous. Une fois le rêve couché sur papier, il faut encore le traduire en architecture navale, le construire en aluminium, assurer un travail du bois très artisanal, réaliser les mâts – qui font partie des plus grandes pièces en carbone du monde –, les voiles XXL ultra résistantes, sans oublier le confort moderne. Air conditionné, wifi stabilisé par satellite, l’eau et son traitement, l’électricité... Une centaine d’ingénieurs et autant d’ouvriers embarquent pour une aventure de quatre ans autour du rêve d’un seul homme, dont le rajeunissement de profil remodèle toute une industrie. 

Pour Espen Oeino, les commanditaires comptent de plus en plus de trentenaires qui cassent les codes du bateau à papa. « Les formes sont plus épurées, plus osées ; les couleurs s’affranchissent des classiques blanc, bleu et marine », constate cet expert installé à Monaco, qui dessine encore tous ses plans à la main. Les navires intègrent des espaces pour embarquer des « toys » (jouets) à moteur qui permettent d’explorer les alentours du bateau ou les fonds sous-marins. Hélico et véhicules amphibies rejoignent les paddle, surf et autres kayaks. Le yacht s’accessoirise, se fait plateforme d’activités maritimes mais aussi terrestres (jusqu’à la ski room). Et pour stocker tous ces équipements, certains s’offrent un yacht assorti, plus petit, qui naviguera aux côtés du navire amiral. 

High-tech et savoir faire
Les horizons du luxe s’élargissent tout autant à bord. Ascenseurs, spa, salle de massage et même salle de neige pour se rouler dans le froid après le sauna. Espen Oeino relève aussi « une manière de vivre l’espace moins formelle. La frontière entre intérieur et extérieur s’estompe. Les atmosphères se raffinent ». Murs végétaux. Moquette de soie tissée (Galactica Supernova). Peau de serpent et de crocodile (Sybaris). Pour avoir un yacht à leur image, les propriétaires confient de plus en plus leur chantier flottant aux architectes d’intérieur dédiés à leurs maisons de luxe. Un exercice périlleux. « La qualité des matériaux est primordiale » ajoute Sabrina Monteleone, la décoratrice en vue dans le milieu, qui a livré les intérieurs de Galactica Supernova. « Mousses imputrescibles, acier qui ne se pique pas, textiles ultra résistants... Je travaille avec des matières mises au point après des années de recherche. »

Matières et design ne suffisent pas à satisfaire l’exigence de confort. Pour Espen Oeino, la vraie révolution du moment est le microprocesseur. Moteurs, portes automatisées, lumières, volets électriques, machines à café, ils sont partout. Au point qu’il faut un officier électronicien en poste permanent dans l’équipage. Côté matériau, l’architecte se réjouit d’une meilleure maîtrise du verre. « Grâce à l’ordinateur, nous pouvons aujourd’hui intégrer de plus grandes surfaces vitrées dans la structure en métal. Dans un bateau, tout se vrille de manière imperceptible mais permanente sous l’effet de la houle. Avant toute coquetterie, un bateau doit traverser un océan » recadre l’architecte. Ce n’est pas un hasard si le look « explorer » a le vent en poupe. Des bateaux ultra confortables, capables de partir en expédition. Chaque année, plusieurs super yachts sont conçus en vue d’être loués occasionnellement pour des expéditions scientifiques. D’où la vogue d’une nouvelle famille de « toys » plus sérieux, comme le sous-marin d’exploration privé U-Boat Worx. Et l’émergence de nouvelles fonctionnalités. Exemple : le Yersin, un navire « toutes mers, tous temps ». Lancé l’an dernier au Monaco Yacht Show, il intègre salle de cours, de conférence et un laboratoire à bord. Sans oublier une chambre froide pour conserver les déchets sans qu’ils se dégradent, afin d’éviter de polluer. La question écologique donne des idées à quelques maîtres des océans. À l’étude, par exemple, des projets de voiles capables de traiter l’énergie solaire. On dit vivement demain.

Le super yachting en quelques chiffres
4 476 superyachts en navigation.
1 099 d’entre eux sont disponibles à la vente.
10 millions de dollars, la valeur moyenne d’un bateau ; les plus sophistiqués pouvant coûter huit fois ce prix.
0,003 % de la population mondiale : on estime à 211 955 le nombre potentiel de propriétaires de yachts, avec une fortune personnelle dépassant les 30 millions d’euros.

(Source : rapport annuel 2016 de Camper & Nicholsons et Wealth-X )

 
 

 

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