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Quand le surf se la joue free

Quand le surf se la joue free

Par Thomas Héteau , le 25 octobre 2016

Loin des carcans de la compétition et du circuit professionnel, la tendance est aujourd’hui à l’aventure, aux surf trips et à la chasse aux vagues vierges. Riders comme équipementiers semblent approuver ce retour à la philosophie du surf authentique.

C’est officiel depuis l’été dernier et une annonce du Comité international olympique : le surf fera enfin son entrée au programme olympique lors des Jeux de Tokyo en 2020, après cinq échecs consécutifs (Sydney, Athènes, Pékin, Londres et Rio). Paradoxalement, les riders n’ont peut-être jamais eu autant envie de revenir à l’essence même de la pratique : pas de programme, pas de règle, simplement aller là où sont les plus belles vagues. Une board, des potes et l’océan comme terrain de jeu. That’s it ! Benjamin Sanchis, le rider du Team Billabong et spécialiste du surf de gros, nous confiait d’ailleurs récemment ne pas être un grand fan de la version compétition de sa discipline : « ce que j’aime par-dessus tout, c’est surfer sur des jolies vagues, essayer de prendre la vague parfaite. Je préfère prendre mon temps, prendre du plaisir, apprécier le moment pour ce qu’il est plutôt que de prendre des points pour battre quelqu’un. Je ne veux battre personne : ça se passe entre moi et l’océan. »

Si Kelly Slater, et ses 11 titres mondiaux, reste bien évidemment l’une des plus grandes légendes, d’autres surfeurs aux profils différents font désormais parler de leur sport. De Benjamins Sanchis donc, révélé aux yeux du monde après avoir surfé la plus grosse vague du monde (33 m) en passant par le free surfeur Laird Hamilton ou l’Américain Greg Long pour ne citer qu’eux. Sur le Net et les réseaux sociaux, les vidéos de surf trips tournés aux quatre coins de la planète cartonnent. Entre les big waves de Nazaré ou les sessions de cold water surfing en Islande, les images envoient du (très) lourd. Peut-être plus que les highlights d’un contest ? « Le surf de compétition ne fait plus trop rêver, lâche Thomas La Fonta, ambassadeur de la marque Reef. Ce que les gens veulent voir aujourd’hui, ce sont les aventuriers, les mecs qui surfent des vagues de dingue, les voyages hors du commun… Une notion de plaisir et de découverte du monde qu’il n’y avait pas avant. C’est quand même plus vendeur que le compétiteur. »

« Un environnement sauvage »
Du côté des équipementiers justement, certains restent très attachés à l’univers de la compétition, à l’image de Rip Curl ou de Quiksilver. D’autres préfèrent en revanche prendre le large, comme Patagonia. La marque a récemment lancé la première combinaison sans néoprène au monde, la Yulex. Elle se positionne également sur le marché avec des gilets autogonflants spécialement pensés pour répondre aux besoins des surfeurs de gros. « Le fait que la discipline arrive aux Jeux olympiques est quelque chose d’incroyable pour les compétiteurs, mais en même temps la plupart des surfeurs préfèrent être dans un environnement sauvage, explique Gabriel Davies, responsable de la division surf. Pour beaucoup, c’est plus qu’un sport. Quelque chose de plus spirituel et artistique. C’est un tout dont le voyage et l’aventure font partie. D’autant que la technicité des produits permet aujourd’hui de surfer dans les conditions les plus extrêmes, les riders ont accès à de nouveaux spots un peu partout à travers le monde. »

De son côté, Billabong a lancé l’hiver dernier sa collection Adventure Division (ou A/Div), une ligne pensée pour les expéditions en eaux froides (combinaison mais aussi pièces lifestyle pour rester au sec et au chaud avant et après une session). Là-encore, on est bien loin des vagues parfois aseptisées du circuit professionnel, même si François Liets, le responsable marketing, se montre un peu plus mesuré : « les voyages, la découverte, l’exploration… c’est l’essence même du surf. Et c’est complètement l’idée véhiculée par notre gamme A/Div. Après, il y a toujours eu de la compétition, et c’est bien car ça pousse le niveau. Et puis, une compétition entre les meilleurs surfeurs du monde dans des supers vagues, il n’y a pas mieux ! »

Être « juste de passage »
Autre fervent défenseur de ce retour à l’esprit originel de la pratique, la marque américaine Reef qui communique depuis plusieurs saisons autour du concept « Just Passing Through ». « Cela exprime cette idée de voyage et de découverte, explique Simon Mur, responsable marketing. Ne faire que passer pour découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux spots, de nouvelles vagues. Voilà notre message. » Plus qu’un simple concept marketing, il s’agit aussi d’un concept produit. A travers ses différentes gammes (footwear et surf lifestyle), Reef joue en effet la carte de la versatilité et de la « one-bag’ mentality », comprenez un produit adapté à toutes les situations : checker le spot, marcher dans le sable mais aussi pour toute autre activité outdoor et même pour sortir. On fait tomber les barrières.

Les riders du Team Reef évoluent eux aussi très loin du World Surf League Championship. Pas de compétition, ils préfèrent l’expédition. Tête d’affiche des ambassadeurs de la marque, le rider Kepa Acero, « le plus grand aventurier surf en activité de la planète » selon certains. Surfeur aussi atypique qu’attachant, l’Espagnol a rapidement quitté le milieu professionnel pour assouvir ses envies d’ailleurs et explorer les spots les plus reculés du monde. « Pour moi, le surf est un moyen de nourrir ma relation intime avec la nature, explique-t-il. Cela me donne aussi l’opportunité de découvrir de nouveaux lieux et de nouvelles cultures. » Et si finalement, c’était ça le plus important ?


Kepa Acero aux Galapagos.

 

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