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Voyage au coeur des Bardenas Reales, le plus grand désert européen

Voyage au coeur des Bardenas Reales, le plus grand désert européen

Par Laurence Gounel , le 01 septembre 2017

« Quand t’es dans le désert, depuis trop longtemps hanhanhan... tu te demandes à qui ça sert toutes les règles un peu truquées du jeu qu’on veut te faire jouer les yeux bandés. » Jean-Patrick (Capdevielle), sache que tes mots trouvent écho dans le plus grand désert d’Europe. Les Bardenas Reales ? Allez vamos !

Ça ressemble au grand Ouest américain. On y croise des 4x4 et parfois même des caméras, mais c’est le Rioja et pas du coca qui coule à flots ici. Bienvenue de l’autre côté des Pyrénées, dans les Bardenas Reales, autrefois terre de bandits et des rois de Navarre. Un paysage spectaculaire, immortalisé dans Game of Thrones et devenu le nouveau western. Un canyon sauvage connu des Basques qui y foncent en toute saison histoire de s’offrir un décor bigger than life. Un parc naturel, protégé comme l’une des réserves mondiales de la biosphère de l’UNESCO et qui n’appartient à aucune municipalité, échappe à toutes les sirènes du tourisme de masse.  Si ce territoire semi-désertique est aujourd’hui dépeuplé, les rares vestiges de châteaux et de forteresses – Aguilar, Estaca, Mirapeix, Peñaflor... – témoignent des rivalités entre royaumes médiévaux frontaliers et des luttes contre les repaires de bandits. Aujourd’hui, les quarante et quelques mille hectares de steppes et de vallées humides sont devenus le terrain de jeu des bergers qui l’ont élu comme le dernier chemin de transhumance d’Espagne quand ils descendent des Pyrénées pour passer l’hiver à l’abri.

Zéro pollution visuelle et un parti pris design. C’est le postulat de départ de Natalia Perez, économiste dans une multinationale américaine, et sa sœur, deux enfants du pays qui ont envie «d’autre chose» et cherchent un terrain à construire... Elles le trouvent à quelques tours de roues de Tudela, petit village typique de Navarre, où le jeune couple d’architectes barcelonais Emiliano Lopez et Monica Rivera s’inspire directement de la maison familiale à quelques kilomètres de là pour créer l’hôtel Aire de Bardenas. Simple, fonctionnel, avec une forme d’austérité qui fait sens avec l’environnement. Des matériaux bruts, les mêmes couleurs à l’intérieur qu’à l’extérieur et des structures légères. «La seule ambition de l’hôtel était de faire différent et de laisser tout le prestige au paysage» résume Natalia. En dix ans, l’hôtel a raflé une trentaine de prix d’architecture et de design.

Vingt-deux chambres, dont plus d’une dizaine formées de cubes de tôle auxquelles se sont ajoutées neuf bulles réunies en « base lunaire ». Aucune construction en ciment – même pour le bâtiment principal – pour des raisons de budget et surtout d’environnement. Juste des murs très épais pour couper le vent et le froid qui sévissent ici une bonne partie de l’année. On caresse la sensation de pénétrer dans une autre dimension quand une frange de Porsche rutilantes nous ramène à la réalité : nous sommes aux portes de la Rioja (le vignoble fait merveille) et du désert de Bardenas, d’une photogénie sans égal. Damant le pion de l’Ouest américain aux yeux des cinéastes soucieux d’économiser, et nouveau théâtre de shootings mode, d’essais presse automobiles et des plus grandes campagnes de constructeurs. Avec un concept unique à des kilomètres à la ronde, l’hôtel Aire de Bardenas séduit les nouveaux aventuriers qui cherchent à se frotter aux grands espaces en impactant au minimum l’environnement – ça sonne comme une évidence – mais sans renier non plus l’expérience globale et le confort.

Chaque jour, les bergers passent devant la maison, ceinturée d’un chemin protégé pour les animaux. Ni heurtés par les caisses en bois qui font office de cloisons naturelles et cassent le vent, ni par ces cubes en métal d’ordinaire utilisés pour les bâtiments agricoles locaux. Le mobilier ? Sur mesure, en bois brut. Pas de synthétique mais des draps en coton naturel, un sol fait main en pierres pour le restaurant (celles ramassées à l’extérieur lors des travaux) et des Instamax loués pour sortir du tout-digital. Et partout autour, ce paysage à la fois lunaire et tellurique que l’on observe depuis sa bulle à ciel ouvert ou sa baignoire installée sur la terrasse des cubes, à travers les baies découpées comme des toiles de maître XL ou depuis la piscine (traitée au sel évidemment).

Divisés en trois parties – El Plano, à l’extrême nord, au paysage agricole et plat ; la Bardena Blanca, blanche et spectaculaire avec ses strates calcaires, ses monticules et ravins qui rappellent l’Ouest américain ; et enfin, la Plana de la Negra, noire, élevée, entre maquis naturel (thym, romarin, genévriers...) et pins d’Alep –, les Bardenas Reales ont balisé pas moins d’une dizaine d’itinéraires VTT tous niveaux, de 8 à 68 kilomètres. En quelques années, la destination est devenue LE spot des amateurs, avec pour les plus performants la célébration de l’Extrême Bardenas (100 kilomètres). Plus contemplatif, on booke une balade de 4 heures en Segway auprès de l’hôtel, qui a imaginé cette virée ludique pour découvrir la faune, la flore et la géologie de ce désert insolite avec un coach aussi spécialiste de la région.

Menu unique, potager graphique et légumes bio sonnent de concert pour cet hôtel expérimental posé au cœur du ventre de l’Espagne : la vallée Del Ebro. Car si les pluies rares mais torrentielles ont creusé le paysage argileux d’un côté, la rivière Del Ebro – la plus importante du pays –, à quelques kilomètres seulement, combine avec le microclimat le secret d’une terre fertile et d’une qualité exceptionnelle. Le menu « tout légumes » en sept plats qui permet de goûter entre autres aux fameux corojos, ces petits cœurs de laitue, est une parfaite déclinaison de la tradition locale.

 

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