X
En poursuivant votre navigation sur Sport&Style.fr, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts, pour mesurer la fréquentation de notre site, et vous permettre de partager vos lectures sur les réseaux sociaux. Pour en savoir plus ou paramétrer les cookies, rendez-vous sur cette page. En savoir plus.
Entrez dans la machine Gore-Tex

Entrez dans la machine Gore-Tex

Par Bérénice Marmonier , le 11 mars 2017

En septembre dernier, l’entreprise américaine Gore a fêté ses 40 ans d’innovations en s’offrant un laboratoire « environnemental » unique en son genre à plusieurs dizaines de millions de dollars. Pour faire la pluie et le beau temps.

« Il faut impérativement que vous portiez des lunettes de soleil avant d’entrer. » On s’exécute. Hardiment, vu le ton. Car quelques pas plus loin, c’est la quatrième dimension. On atterrit dans une imposante machine enveloppée d’aluminium d’une vingtaine de mètres carrés. Avec lumières puissantes au plafond et énormes ventilateurs aux extrémités. Au centre, deux hommes en tenue de pompier s’activent sur des tapis roulants. L’image peut paraître bizarre (elle l’est). Jusqu’à ce « Bienvenue dans le tout nouveau Biophysics Lab de Gore à Newark (dans le Delaware, à 2 heures de New York – ndlr) » lancé par Matthew Decker, responsable scientifique de la Gore’s Fabrics Division, tout sourire. Et il a de quoi « se la raconter » un peu. Gore, l’entreprise familiale américaine qui a connu le succès avec sa membrane Gore-Tex à la fois imperméable et respirante dans les années 80, a inauguré en septembre dernier dans son immense usine de Newark (où se trouve également son siège) la première chambre environnementale au monde.

Cette dernière peut reproduire entre 85 et 95 % des variations climatiques que l'on trouve sur la Terre. Une sorte de salle des tortures futuriste pour tester la fiabilité de ses produits dans des conditions bien spécifiques. Elle joue donc sur la température (-50 °C à +50 °C), l’humidité (5 à 98 %), la vitesse du vent et la radiation solaire. « Nous pouvons reproduire la chaleur ressentie dans la Death Valley en Californie, l’humidité de la forêt amazonienne ou les conditions extrêmes ressenties sur le mont Everest », explique Matthew Decker. Sans oublier la toute nouvelle « Rain Tower », qui peut simuler de chaudes pluies tropicales ou de fines bruines humides. Decker et son équipe ont passé trois ans à imaginer ces machines de haute performance.

Il faut dire que l’entreprise de la famille Gore, qui n’a jamais voulu la céder même à prix d’or, n’est pas du genre laxiste en matière de tests. La marque consacre beaucoup de son temps à contrôler ses produits. En plus des heures passées dans le Biophysics Lab, une pièce peut tourner 200 heures dans une machine à laver pour tester sa robustesse. C’est le double pour un uniforme de militaire ou de pompier. L’objectif est bien entendu de collecter des données et de mesurer l’impact des produits sur les perceptions humaines dans des situations artificielles mais proches du réel. Pour ensuite présenter une membrane infatigable aux marques – contrant au passage la concurrence des nombreuses copies chinoises – et vendre leurs fameuses licences (Gore travaille actuellement avec plus de 200 entreprises dans le monde). Gore, qui a généré 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2016, réinvestit chaque année une bonne partie de ses bénéfices dans la recherche. Comme dans ces machines dernier cri qui ont coûté « des dizaines de millions de dollars », nous dit-on. Rester leader a un prix.

 

 

 

lire le magazine

© L'équipe 24/24 2016 - Tous droits réservés

contacts - C.G.U.