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Les nouvelles sneakers Dior Homme testées (et approuvées) par une bande de skateurs

Les nouvelles sneakers Dior Homme testées (et approuvées) par une bande de skateurs

Par Laurent Goumarre , le 14 novembre 2016

Une bande de skateurs filmés dans Paris par le réalisateur américain Larry Clark incarne la nouvelle collection de sneakers Dior Homme. Un vent de rébellion soufflerait-il sur la vénérable maison française ?

Une nouvelle collection de sneakers pour Dior Homme, c’est du cousu main, du travail d’atelier avec effets patine, taches de peinture déposées à la main, tapis de paillettes, « taches de velours floqué appliqué sur une base de sequins ». Ça donne un air haute couture ? Normal, Kris van Assche a voulu mettre l’exceptionnel aux pieds de l’Homme Dior. Avec, comme toujours chez lui, l’idée de jouer les contrastes et de déjouer les codes. Ça commence fort avec une campagne filmée par Larry Clark. Ça continue avec des sneakers à porter le soir ? Bien sûr, c’est juste une question d’énergie pour donner du dynamisme à un type en costard ou en smoking. Et le sport ? « J’en sors, je fais trois heures de gym par semaine depuis quinze ans. Mais c’est de l’entretien. » Questions/réponses marathon avec Kris van Assche, 30 minutes douche comprise.

Larry Clark et ses jeunes amis skateurs du Palais de Tokyo, c’est votre univers ?
Je ne suis pas skateur si c’est la question. Et Dior ne sera jamais Supreme. Je regarde le skate avec une certaine distance, comme pas mal de mes références. Je suis un observateur ; j’ai toujours été plutôt celui qui est au bord de la piste de danse que celui qui est au milieu. Le skate, comme emblème de la « youth culture », me fascine parce qu’il me fait bouger. Quand vous arrivez à l’atelier, chez les tailleurs de la maison et que vous leur dites : bon, maintenant on va faire une veste comme si c’était pour un skateur, ils vous regardent interloqués. Et je sais que ça va ouvrir de nouvelles pistes. C’est la même chose pour les sneakers, qu’on a travaillées avec des textures, des matières, des couleurs et un savoir-faire exceptionnels.

Une nouvelle collection des sneakers de luxe, au moment où les marques de sport rentabilisent l’image vintage de leurs classiques ?
Je ne me pose pas la question comme ça. C’est une question d’énergie. Et ça remonte à ma première collection. En 2005, je lance ma marque avec des costumes trois-pièces mais complètement décalés : gilet-veste mais pantalon baggy ou cargo en lainage. Je n’avais pas le budget pour faire des chaussures, alors adidas, que j’avais contacté, m’a donné des Stan Smith. Sans ça, ça ne marchait pas. Il fallait décaler le vêtement : la sneaker apporte le mouvement, une crédibilité, une énergie à la silhouette.

Vous vous souvenez de votre première sneaker pour Dior ?
Je me souviens plus des sneakers qui ont marqué des silhouettes. Par exemple, la sneaker multi-lacets Kris van Assche qui est devenue un vrai classique. Elle a vraiment marqué une saison et puis le phénomène m’a un peu dépassé. Je suis sûr que des gens connaissent la multi-lacets mais ne savent pas que c’est moi qui l’ai dessinée. C’est pourquoi je ne me suis jamais dit : oh non, mince, je dois dessiner une nouvelle collection de sneakers. Bien sûr, chez Dior on ne fait pas un produit technique pour le marathon ou le basket. On ne fait pas des sneakers pour les Jeux olympiques. L’aspect sport est plus visuel que technique. Cette fois, je voulais juste qu’elles soient exceptionnellement cool. Après il y a la définition du cool, mais là elle m’appartient.

Votre première paire de baskets ?
Les toutes premières dont j’étais vraiment content, c’était des Converse. Tout simplement. Et rouge.

Aujourd’hui, vous êtes paillettes et taches de peinture...
Si je me contentais de travailler ce que j’aime porter moi-même, la collection serait très sobre et très simple. Parfois, en tant que créateur, on est obligé de se pousser à faire des choses qu’on n’a pas l’habitude de faire. Qu’on n’a pas forcément envie de faire. La difficulté c’est que tout est à disposition. Je peux mettre des clous, des strass, faire des sneakers en fourrure, en croco... L’interdit, c’est le trop évident.

C’est quoi le trop évident ?
Je fais pas mal les boutiques quand je suis à l’étranger, et au niveau des accessoires, je trouve quand même qu’il y a un mélange des genres. Il faut vraiment regarder les marques pour savoir et comprendre chez qui on est. Il y a beaucoup de tendances, disons ; alors j’ai donné comme consigne d’éviter tout ça.

Vous interdisez les clous parce qu’il y en a plein chez Louboutin ?
Je n’allais pas le dire, vous l’avez fait pour moi. En fait j’avais une piste, c’est une image qui hante mes mood boards : Picasso qui fait de la céramique dans un très beau décor haussmannien.  Il y a là une décadence, un esprit libre que j’adore. Comme mettre des taches sur des paillettes. Comme Larry Clark qui filme le skate devant le Palais de Tokyo. C’est la même histoire.

Quelles baskets porte Larry Clark ?
Des sneakers qu’il se fait faire. Il a notamment une paire qu’il a développée ; ça ressemble un peu à des Vans personnalisées avec le tatouage qu’il a sur le doigt. Ah oui, il ne fait pas les lacets ! Il se promène comme ça, les lacets défaits. Et il a de très grands pieds.  

 

 

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