Style
Le sac à dos
© Maciek Pozoga

Le sac à dos Nouvel accessoire mode

Par Claire Byache, le 20 septembre 2013

Des sentiers de rando aux trottoirs de Paris, le sac à dos parade désormais chez les créateurs très branchés. Plus besoin d’être ado ni sportif : la couture s’en est emparée, et ça nous plaît.

Le sac à dos, l’air de rien, est passé du GR20 aux défilés parisiens. Réputé laid, tout sauf branché, plutôt pataud, criard ou blafard, jamais chic, ni hip, et encore moins hourra. Mais voilà qu’il pavane désormais au rang des élèves bien informés, à portée de mains de ceux qui - sûrs de leur longueur d’avance et de leur goût - osent toujours (ou presque) utiliser la mode comme une arme de précision. 
« Le sac à dos, élément phare de l’équipement sportif, est devenu accessoire de mode », précise Mariette Darrigrand, sémiologue à la tête du cabinet Des faits et des gestes (desfaitsetdesgestes.fr). « C’est le résultat de l’anoblissement des pratiques sportives de plein air et le signe, surtout, que la mode sait parfaitement rendre joliment utile ce qui est inutile. » Comprendre : « Le luxe permet de faire oublier la fonction au profit de la beauté ». En effet, si le sac à dos s’était contenté de quitter, par exemple, la toile pour le cuir, la déferlante n’aurait pas été la même. Mais sa métamorphose est bel et bien totale. Cette automne, il est élevé au rang d’accessoire hautement désirable : couture, beau, conçu dans une matière noble (chez Lanvin et Louis Vuitton), et utile à tout sauf au transport des godillots. « Les grandes griffes l’ont détourné de sa fonction. Sa valeur esthétique a pris le dessus, il est – et c’est bien ce que savent faire la mode et le luxe aujourd’hui – devenu parure », ajoute Mariette Darrigrand. Maître du genre ? Kenzo avec son modèle proche, dixit Mariette, d’un « bijou de dos ». Trois poches principales. Une pour le smartphone, une pour le ChocoBN, une pour la cagoule. Ben oui. C’est la rentrée.

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