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Le futur de la F1 selon Renault

Le futur de la F1 selon Renault

Par Nicolas Valeano , le 09 juin 2017

Le management de la Formule 1 vient de changer, c’est le moment ou jamais pour les constructeurs d’exprimer leurs desiderata. Renault l’a fait de la plus belle manière avec ce concept-car visionnaire.

D’habitude, les designers n’ont leur mot à dire que sur la peinture des Formule 1 – la fonction a évidemment l’entière priorité sur la forme. Mais pour une fois, ils se sont assis autour d’une table avec les ingénieurs pour inventer la Formule 1 de demain. Ou plutôt d’après-demain, car demain, c’est 2020, année où Renault ambitionne de revenir sur les podiums. Leur moyen d’expression commun est un concept-car, une première dans l’histoire de la F1.

Dès la découverte du concept R.S. 2027 Vision, on est séduit par la grâce de cet engin à la fois futuriste et pourtant fidèle aux lignes classiques d’une Formule 1. Les équipes de Renault et Vercar (le fabricant italien du concept) ont réussi à transposer en trois dimensions les excès visuels que l’on trouve dans les croquis des designers. Il suffit de regarder les roues pour s’en rendre compte, avec ces jantes qui s’étirent jusqu’aux pneus. Une voiture épurée, aérienne, graphique, mais réaliste. Car ce concept cherche à montrer les tendances que Renault aimerait voir arriver dans la discipline. Un splendide outil d’expression stratégique en quelque sorte. Un manifeste, résume Cyril Abiteboul, directeur général de Renault Sport Racing. « On ne peut pas continuer à utiliser des technologies du XXe siècle sous prétexte que c’est bon pour le show. Il faut réfléchir à transposer des technologies du XXIe siècle dans un univers de sport automobile et de spectacle. Ce concept est notre réponse. »

UN ÉCRIN POUR LE PILOTE
La coupe franche entre l’or de la partie arrière et le noir de l’avant est le moyen de séparer visuellement le moteur du pilote et de privilégier ce dernier. Car Renault souhaite redonner toute sa place à l’humain, histoire de renforcer l’attrait pour une discipline souvent jugée trop policée. Le pilote est donc exposé dans un écrin transparent et une structure en nid d’abeille, spécifique pour son gabarit. On voit son corps, on voit son visage avec le casque transparent, bref, il redevient un humain dont les émotions sont perceptibles. Un plus pour le public, mais aussi pour le pilote. Alain Prost, qui a participé au projet, se rappelle sa frustration de ne pas pouvoir montrer sa joie et ses émotions au public.

Une belle idée qui se mêle aux technologies modernes de connectivité, échangeant données de télémétrie pour les fans hardcore et proposant un FanBoost (comme en Formula E) pour mieux motiver un public jeune. On pourrait même imaginer, si les licences le permettent, un jeu vidéo offrant de prendre en live le départ avec les pilotes. La connexion avec l’e-sport est une des pistes de développement pour toucher de nouveaux publics. Une communion simplement visuelle aussi : une projection à LED sur les roues avant affiche la position de la voiture ou son niveau d’énergie disponible.

UN V6 POUR LA MUSIQUE
Côté moteur, l’ensemble hybride se compose d’un petit V6 turbo et de deux moteurs électriques alimentés par des récupérateurs d’énergie autrement plus puissants qu’aujourd’hui. Résultat, 1 mégawatt (1 300 ch !) réparti sur les quatre roues, rendues motrices et directrices. Avec un poids contenu à 600 kilos, grâce entre autres à une quantité de carburant limitée (60 kilos au lieu de 105 aujourd’hui), on atteint le meilleur rapport poids-puissance de l’histoire, même si à la grande époque des turbos, des F1 comme la Renault de Prost pouvaient atteindre les 1 400 ch en qualifications. Ce dernier explique sa vision des choses : « Il faut de la puissance et du bruit, c’est pour cela que je voulais un V6 et pas un 4 cylindres. J’aimerais aussi que le pilote puisse utiliser un surcroît de puissance électrique pour les dépassements. » En revanche, dans le pit lane, silence, on roule en électrique, et même en conduite autonome lorsque le mode « safety car » entre en action.

Quant à la structure des courses elles-mêmes, plusieurs options sont étudiées, avec par exemple une course du samedi faisant office de qualification pour le dimanche, ou une course de rookies le vendredi, ou encore une course du dimanche raccourcie à 250 km. Différentes pistes, toutes évoquées dans le seul but de redonner à la F1 tout son attrait, érodé aujourd’hui. En 2027, cela fera 50 ans que Renault est présent en Formule 1. On ne peut que lui souhaiter de fêter cela avec une victoire.

 

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