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On a testé le cabriolet E220D de Mercedes de Monaco à Francfort

On a testé le cabriolet E220D de Mercedes de Monaco à Francfort

Par Arnaud Taquet , le 09 octobre 2017

La bonne nouvelle, c’est que l’été est passé et que nos terrains de jeux sont désormais déserts. De Monaco à Francfort, c’est les cheveux au vent que Sport & Style est parti pour 2500km à la découverte de quelques-unes des plus belles routes d’Europe.

Un diesel dans un Cabriolet. Le langage ne va pas tellement avec le physique, mais cela ira pour cette fois. Au départ de Monaco, le déflecteur escamotable au sommet du pare-brise se déploie en même temps que le rideau saute-vent juste derrière les sièges. Bien que nous mettions le cap au nord, nous nous promettons de rallier Francfort sans jamais remettre le toit mis à part cas de force majeure. Majestueuse, la Classe E l’a toujours été, mais dès lors que le dernier millésime enlève le haut, son élégance naturelle atteint les sommets, lui aussi.

Il est 6 heures du matin quand la route Napoléon s’ouvre à nous. Après avoir traversé Grasse, ses ruelles, ses parfums, notre étoile prend la direction des Alpes de Haute Provence. Il est trop tôt pour penser à autre chose qu’à la lumière de l’aube laissant doucement s’éveiller faune et flore du parc régional du Verdon. Les écureuils sont encore trop nombreux à traverser la route tandis que les reliefs idéalement éclairés me poussent plus régulièrement à me concentrer sur mes prises de vue plutôt que sur la conduite en soi. Mais les heures passant, les conditions deviennent optimales pour mesurer le potentiel dynamique de l’E220d. Le col de la Bonette s’ouvre à nous. La plus haute route d’Europe implique en cette saison des conditions aléatoires et potentiellement dangereuses.

A l’amorce du col, le tracé de la route est particulièrement sinueux. Malgré un poids conséquent duquel découle une inertie prévisible, je décide de varier les plaisirs par le biais des modes de conduite «  Sport » et «  Sport + », ce dernier étant trop brusque à l’accélérateur et trop incisif en règle générale pour la philosophie de la voiture. On privilégie donc le mode «  Sport » offrant tout de même des relances plus franches et une direction plus communicative. Sans surprise, l’amortissement ne parvient pas à contenir les mouvements de caisse en conduite dynamique. Aussi, malgré la présence de palettes de changements de vitesse derrière le volant, la boîte n’offre pas de mode manuel et privilégie un contrôle automatique. Enfin, de par sa motorisation (diesel), l’E220D n’invite pas à monter en régime et me convainc d’adopter un rythme moins soutenu.

Après une longue journée de route sous le soleil, l’hôtel Alta Peyra à Saint-Véran, fera office de havre de paix, en haute altitude. Au réveil, les marmottes sifflent et amorcent une nouvelle journée particulièrement chargée. Le Col d’Agnel sera notre dernière étape avant de franchir la frontière italienne. Pourtant rarement emprunté, il figure à mon sens parmi les meilleures routes qui soient. Bien que les points de vue qu’il offre ne soient pas aussi vertigineux et mémorables que ceux des col de la Bonette ou d’Izoard, le « Passo di Agnello » a le mérite d’être bien moins fréquenté et parfaitement revêtu. A bon entendeur…

Avant de rallier le Lac Majeur, le GPS étalé sur le double écran 12.3 pouces nous indique un passage dans les Langhe, une région historique du Piémont. De Coni à Asti, en passant par Alba, les vignobles s’enchaînent et forment des collines à pentes douces à perte de vue desquelles dépassent occasionnellement d’anciens villages perchés. De la viticulture en passant par la truffe et la récolte d’huile ou de noisettes, la région offre assez d’arguments pour se targuer d’un classement à l’UNESCO. A Monforte d’Alba, toutefois, les 4m82 de notre cabriolet ne semblent pas vraiment adaptés au gabarit des ruelles étroites. Une BMW Série 4 se montrerait peut être plus à l’aise mais se rapproche du segment inférieur. La Série 6, en fin de vie, empiète davantage sur les terres de la Classe S. Notre monture n’a finalement pas vraiment de concurrence. Resterait l’Audi A5 Cabriolet, globalement plus dynamique, mais aussi bien moins élégante et soignée dans les détails.

A propos de détails, à l’heure où nous longeons la promenade de Stresa, sur les bords du lac Majeur, la Classe E Cabriolet joue les divas et témoigne d’une élégance rare. Malgré une configuration sobre, l’habitacle résulte d’un soin tout particulier apporté au fond comme à la forme. Les matériaux sont nobles tandis que jusque dans les formes des aérateurs, le design est recherché. Malgré notre attrait pour le grand air, les effluves de cuir pleine fleur persistent et le bruit du vent est masqué par les prouesses du système audio Burmester optionnel.

A l’hôtel ce soir là, pas de parking. En réalité, c’est sur une île que nous passerons la nuit. Presque entièrement occupée par un palais et ses jardins, Isola Bella est peut-être la plus élégante des Iles Borromées, accessibles uniquement par bateau. Passé 19h, les navettes ne sont plus assurées et seuls les rares hôtes du Boutique Hotel Elvezia profitent du calme d’un territoire déserté. Notre cabriolet dormira lui aussi au bord du lac Majeur, mais de l’autre côté, en attendant un lendemain de nouveau en haute altitude.

La brume épaisse prend place sur les hauteurs alors que l’orage gronde et que les vents balayent les eaux du lac. Au-delà du ciel menaçant, les bords surexploités du lac Majeur font souvent perdre espoir de trouver un point de vue intéressant pour immortaliser l’instant. Avant de me plaindre, je réalise qu’il y a des chances pour que nous vivions le «  c’était mieux avant », d’après. D’ailleurs, nous nous précipitons vers la Suisse et le Liechtenstein en espérant gagner en nature et perdre en urbanisation. A l’approche du col de l’Albula, c’est chose faite. L’E220D, une fois basculée en ESP OFF et entrainée par le couple du diesel, tend à profiter de la faible adhérence pour se déhancher dans les épingles. Plus tard, le col de la Flüela, habituellement fréquenté s’offre à nous seuls. La neige a pris le dessus sur le paysage mais les flocons se font relativement rares. En tous cas, assez pour nous permettre de franchir le sommet top-less avant d’entamer la descente vers Davos puis reprendre les axes principaux vers Francfort. Ambiance…

 

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