X
En poursuivant votre navigation sur Sport&Style.fr, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts, pour mesurer la fréquentation de notre site, et vous permettre de partager vos lectures sur les réseaux sociaux. Pour en savoir plus ou paramétrer les cookies, rendez-vous sur cette page. En savoir plus.
Audrey Tcheuméo : « Créer ma marque de vêtements était un rêve de gosse »

Audrey Tcheuméo : « Créer ma marque de vêtements était un rêve de gosse »

Par Antoine Saint-Cène , le 30 août 2017

Ce vendredi, Audrey Tcheuméo va faire son entrée aux championnats du monde de judo de Budapest et tenter de conquérir un second sacre mondial. La judokate de 27 ans s'est confiée à Sport & Style, juste avant de s'envoler pour la Hongrie, sur les raisons qui l'ont poussée à créer sa marque de mode en parallèle de sa vie d'athlète de haut niveau.

Les judokates s’entraînent depuis plus d’une heure ce mercredi 23 août lorsque Audrey Tcheuméo arrive au dojo de l’INSEP. Elle ne va pas enchaîner les o-soto-gari sur le tatami, non, un kiné vient lui placer des électrodes sur les cuisses en guise de travail musculaire. Les championnats du monde de judo à Budapest ont débuté lundi, mais celle qui a déjà obtenu le titre mondial à Paris en 2011 entre en scène dans la catégorie -78 kilos ce vendredi. Passionnée de mode, Audrey Tcheuméo vient de lancer cette année sa marque de prêt-à-porter en ligne. Baptisée TSH pour « Truth, Spirituality, Harmony », la ligne de vêtements véhicule les trois valeurs que partage Audrey avec son associé et directeur artistique Elie Attia.

Vous avez déjà été championne du monde à Paris en 2011. Que représenterait pour vous un nouveau sacre mondial ?
Ce serait une joie évidemment, mais aussi un soulagement parce que ça fait longtemps que je n’ai pas décroché l’or. Dans ces compétitions, je termine toujours à la 2e ou à la 3e place, et gagner un titre mondial me donnerait encore plus de confiance.

Vous êtes proche de Teddy Riner. Est-ce qu’il vous donne des conseils avant votre entrée en lice dans ces championnats du monde ?
Il me conseille comme un grand frère, me dit de rester tranquille, de ne pas me prendre la tête. Aujourd’hui, il faut être costaud mentalement et physiquement. J’essaie de profiter aussi, parce qu’une carrière en judo c’est très court, donc il faut vraiment donner le maximum.

Vous avez débuté le judo à 15 ans. Trois ans après, vous êtes championne du monde.  Faites-vous tout aussi vite ?
Oui, c’est vrai, je suis assez atypique ! (rires) Quand on fait quelque chose, il faut y aller à 100 % et ne pas partir avec des préjugés du style « je ne vais pas y arriver ». C’est important de se donner et surtout de ne rien lâcher, car avec de la volonté tout passe. C’est la même chose pour TSH (sa marque de vêtement qu’elle a lancé en 2017 – ndlr). Les débuts sont difficiles, mais il faudra tenir bon parce que le monde du prêt-à-porter est compliqué, il y a beaucoup de concurrence.

Pourquoi vous êtes-vous lancée dans l’univers de la mode ?
Depuis mon plus jeune âge, j’aime la mode, et mon rêve était de créer ma marque de vêtements. Il vient de se réaliser. J’ai voulu créer une ligne de vêtements assez sobres, rien de très extravagant. Nous nous inspirons un peu de Sandro, The Kooples, Off-White, ce style de marques de prêt-à-porter qui ont du succès et touchent donc un maximum de personnes.

TSH signifie « Truth, Spirituality, Harmony » (vérité, spiritualité, harmonie), ce sont des valeurs du judo. Pourquoi avoir nommé votre marque ainsi ?
Mon associé, Elie Attia, est de confession juive et il est très croyant, tout comme moi. Nous sommes tous les deux axés sur la vérité, la spiritualité et l’harmonie, des valeurs qui nous sont chères. Cela montre également que l’on peut être croyant, d’une autre religion et travailler ensemble. Que l’on soit catholique, musulman ou juif, tout le monde peut travailler ensemble.

Est-ce vous qui vous occupez de la conception et du design des pièces ?
Elie, qui a fait une Business School à Londres, gère tout l’aspect communication et marketing, moi je m’occupe du design et de toute la partie communication avec les people. Parfois, quand j’ai le temps, je viens travailler avec lui, on se complète. Mais quand je suis à l’entraînement de judo ou en compétition, il s’occupe de tout.

Paul Pogba, c’est mister fashion.

Qui est votre référence mode ? Un créateur en particulier ?
Je pense à Riccardo Tisci (l’ancien directeur artistique de Givenchy – ndlr), pour moi c’est une légende. Il y a aussi Olivier Rousteing (directeur artistique de la maison Balmain – ndlr) qui est très doué. Sinon j’aime m’habiller en Yves Saint Laurent, Givenchy et Neil Barrett qui a un style particulier que j’aime beaucoup. Il m’arrive aussi de porter des vêtements streetwear comme Unkut, la marque de Booba (rires), ou du adidas, mon sponsor. Mais personnellement, Off-White, Sandro, The Kooples, Givenchy et Alexander Wang sont des marques qui me correspondent davantage. Je suis sobre, je ne suis pas une personne au style extravagant, je suis plus dans la classe et l’efficacité (rires).

Si vous deviez choisir un sportif pour être ambassadeur de votre marque, qui choisiriez-vous ?
Il y en a plein ! (Elle réfléchit) Peut-être Paul Pogba. Ou alors Russell Westbrook (basketteur américain de l’Oklahoma City Thunder – ndlr) parce qu’il est très branché mode. Je pense aussi à Dwyane Wade et David Beckham. Il faut savoir que Dwyane Wade est une personne très élégante, et qui sait très bien s’habiller. En revanche, je ne vois pas qui parmi les sportives de haut niveau pourrait représenter TSH. Je miserais plutôt sur des artistes comme Rita Ora, Kendall Jenner et Rihanna.


La mannequin Rose Bertram a déjà posé pour la première collection TSH.

Parmi les footballeurs, lesquels sont les mieux lookés selon vous ?
Paul Pogba, c’est mister fashion. Ensuite il y a David Beckham qui s’habille bien. D’ailleurs chez les footballeurs, en ce qui concerne la mode, c’est celui qui s’y connaît le mieux. Parmi ceux qui jouent encore, Jérôme Boateng s’habille vraiment très bien. Les Néerlandais Gregory van der Wiel et Nigel de Jong ont eux aussi des styles que j’apprécie.

Quel sportif admirez-vous ?
Mon idole, c’était Mike Tyson, j’aimais bien l’image qu’il dégageait, la rage de vaincre qu’il avait. Et actuellement, Anthony Joshua (boxeur britannique – ndlr) et Russell Westbrook.

Quelle est pour vous la faute de goût absolu ?
Les ballerines. Il faut arrêter de porter ça les filles. Pour être honnête, je trouvais ça beau il y a plusieurs années, mais maintenant ça m'écœure. Et chez les hommes, quand un vêtement n’est pas repassé ou alors les chaussettes par-dessus le jeans, je ne comprends pas trop. Mais c’est vrai que j’ai déjà fait plusieurs « fashion faux pas » par le passé, j’ai notamment osé mettre des longs baggys (rires). Il y a une époque pour chaque mode, d’accord, mais les grands baggys Fubu à l’ancienne… Plus jamais je ne ressors ça ! Il y a aussi des photos de moi avec des chaussures Panda qui ont circulé. Ils m’ont taillé sur ça, et après je ne les ai plus jamais remises (rires).

J’ai lu que vous aviez plus de 300 paires de baskets. D’où vient cette passion des sneakers ?
Ça remonte à loin ! Plus jeune, mes parents n’avaient pas les moyens de m’offrir les baskets à la mode, je me souviens même avoir porté des Atemi toutes trouées. Puis, à partir du moment où je me suis achetée mes premières Nike avec mon propre argent, j’ai voulu en profiter un maximum et continuer d’acheter des baskets. J’aime bien les chaussures, je pense que c’est ce qui définit une personne. À partir de ses chaussures, tu sais si la personne connaît la mode ou pas. Pour revenir à ma collection de 300 sneakers, j’ai tellement de chaussures que je n’ai plus de place chez moi, j’envisage même de déménager pour un espace encore plus grand. J’en suis au point où je les garde carrément dans la boîte. Je les entasse, parfois je les mets dans la chambre d’ami, mais je me rends compte que c’est trop. Ma mère et mes amis ne trouvent plus la force de me faire des remarques à ce sujet. Ils me disent juste « Tchoum, t’abuses ! » (rires). En fait, mon problème c’est que dès que je vois une chaussure, je me dis : il me la faut. En plus je suis hystérique. Si on touche ma chaussure blanche ou quelque chose dans le genre, je pète un plomb.

Quelle est la pièce de la collection que vous préférez ?
J’aime le bomber TSH noir satiné, il est vraiment pas mal. Et dans mon armoire, je dirais que ce sont les paires de chaussures. Ce sont mes bébés en fait. J’ai des Yeezy que j’adore, je possède aussi des Air Jordan que je n’ai jamais portées.

Y a-t-il un accessoire que vous aimez par-dessus tout ? Une sorte de porte-bonheur ?
J’ai ma chaîne, celle que je porte (Audrey sort une chaîne cachée par son tee-shirt), une chaîne en or avec un petit ange. Je suis une femme très pieuse, I am a God angel you know. Ça me protège, je garde toujours la foi.

Les prochains JO se tiendront à Tokyo, au Japon, un pays que vous affectionnez particulièrement. Pourquoi ?
J’aime bien leur lifestyle, ils sont très calmes, très cool et très hype. J’aime aussi la manière dont les Japonais construisent les choses, c’est à la fois high-tech et traditionnel. J’aime bien ce mélange.

Les JO 2024 à Paris, des chances de vous y voir ?
En 2020 à Tokyo j’aurai 30 ans. Si mon corps me dit de poursuivre en 2024, j’irai, mais pour l’instant on va dire 2020. Mais j’avoue que représenter la France à Paris, ce serait beau. Les Mondiaux à Paris c’était déjà incroyable alors les Jeux c’est puissance 20 ! C’est tout un peuple qui te suit. En plus ce sera à Bercy, ça va être in-croy-able ! Paris 2024 est dans un coin de ma tête mais pour l’instant je préfère y aller tranquillement, voir comment mon corps va évoluer, sans pression, tranquille (rire).

Voir le site : TSH

 

lire le magazine

IMAGE LAFC STORY

© L'équipe 24/24 2016 - Tous droits réservés

contacts - C.G.U.