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David Bellion : « Le PSG est un blockbuster, le Red Star est un film d’auteur »

David Bellion : « Le PSG est un blockbuster, le Red Star est un film d’auteur »

Par Bérénice Marmonier , le 28 septembre 2017

Le Red Star, qui vit dans l’ombre du PSG en région parisienne, vient malgré tout de sceller un partenariat avec le groupe de médias Vice avec qui il lance une collection de maillots. David Bellion, le directeur créatif du club, nous en parle.

De Sunderland aux Girondins de Bordeaux, en passant par Manchester United et l’OGC Nice, David Bellion a passé près de 15 ans sur les pelouses pros. Avant de finir sa carrière au club francilien du Red Star, en 2016. Depuis, l’ex-attaquant français ne s’est pas éloigné des terrains. Et s’est même octroyé un poste atypique, voire unique, dans le foot français : directeur créatif du Red Star. Ce passionné d’art, de mode et de musique tente justement de construire des ponts entre le ballon rond et la culture via différentes directions. Comme l’an passé, avec une collaboration mode entre le club de Saint-Ouen et la marque Racket, ou via la création du Red Star Lab destiné aux enfants avec ateliers street art, atelier photo ou d’écriture…

Cette saison, le Red Star, qui joue en national, continue de cultiver son côté underground et décalé en se liant avec le groupe de médias international lancé dans les années 90, Vice, connu pour ses reportages et vidéos décalés. Un nouveau partenaire de marque pour le club avec qui ils ont créé une campagne originale et une ligne de maillots de foot, qui sera disponible dans les concept-stores branchés comme Colette, Le Ballon, Soccer Bible ou Broken Arm.  Rencontre avec ce trublion du foot, pour qui la mode n’a pas de secret.

Comment est née cette collaboration avec Vice ?
Vice est venu nous voir l’année dernière, et cette collaboration s’est faite naturellement. Nous partageons le même ADN, assez brut. C’est un super partenaire pour grandir. Nous sommes le club underground et romantique de la capitale qui a une histoire incroyable. Nos racines sont orientées vers la mixité sociale. Vice l’a senti, et c’est d’ailleurs la première fois de son histoire que le groupe s’associe à une autre entité, que ce soit dans la mode, le design, la musique… Nous voulons ici raconter l’histoire du club à la jeunesse et ce partenariat avec Vice nous permet de toucher les jeunes qui aiment le foot.

C’est un partenariat d’une saison ?
Pour l’instant, oui. Mais comme le Red Star, Vice ne se prend pas au sérieux. Alors on ne sait pas, le partenariat peut déborder, même pour le plaisir. On sent qu’il y a une liberté de ton dans ce que l’on propose, tout comme notre président Patrice Haddad qui est un grand créatif. On a un photographe attitré, on a accueilli un directeur artistique. On est un club de national qui n’a pas beaucoup de moyens, mais on essaie d’apporter autre chose au football. On dépoussière le club avec de nombreuses initiatives, notamment avec les enfants.

La victoire crée une dynamique, mais il faut emmener le club sur de nouveaux territoires.

Vous allez dévoiler demain, lors du lancement du partenariat, une collection de maillots…
Oui, j’ai toujours été surpris, en tant que footballeur, par le design et la coupe des maillots de foot. On a donc travaillé sur une collection de maillots simples, beaux, bien coupés, objectivement. J’avais une idée en tête, je ne voulais pas le vendre dès la reprise, en plein mois d’août, pendant que les gens sont encore en vacances. Je voulais le lancer plus tard, notamment pendant la Fashion Week fin septembre. Les personnalités de l’art et de la mode sont toutes présentes, j’ai donc voulu attendre. Nous avons créé une campagne originale avec Vice autour de ces maillots.  Nous allons donc lancer le maillot après le match, lors d’une soirée spéciale.

Il y a donc une vraie volonté de faire du maillot de football une vraie pièce de mode…
Oui, j’ai toujours aimé profondément la mode. Quand je jouais en Angleterre, je me baladais dans les magasins pour découvrir les nouvelles lignes, toucher les matières. Je lisais tous les magazines de mode. Aujourd’hui, certaines marques lancent des collections de maillots très mode comme Le Ballon, Nowhere FC… Mais on ne les voit pas dans le monde du football professionnel. Et je me suis toujours demandé pourquoi les clubs ne le faisaient pas. Certains ont une vraie identité, très forte, comme Saint-Étienne, Lens, Nantes en France ou Sankt Pauli en Allemagne… Je trouve dommage de ne pas en parler via l’image et notamment via le maillot de foot. Et c’est ce que l’on fait avec le Red Star. Ma mission est de construire des ponts avec le milieu de l’art. Aujourd’hui, les gens vont voir un match de football, voir leur équipe gagner et c’est tout. Et je me dis que ce n’est pas possible, le club est plus que ca,  il a une dimension sociale. La victoire crée une dynamique, mais il faut emmener le club sur de nouveaux territoires. Il faut que les gens se disent en venant au stade : « je vais vivre une expérience ».

Pourquoi trouvez-vous que les actuels maillots de foot ne sont toujours pas aboutis ?
C’est comme dans les maisons de mode, il faut savoir changer de créateur de temps en temps. Cela fait souvent la différence. Je ne suis pas sûr qu’il y ait les bonnes personnes en terme de création dans les clubs. C’est souvent des gens qui viennent du marketing, qui ont un but précis… Je ne dis pas que les maillots ne sont pas bien coupés, mais c’est sûr que nous on va pousser notre réflexion un peu plus loin. Certains créateurs ont peut-être aussi peur de s’associer à des clubs de foot car l’image du foot en France est différente qu’en Angleterre et en Italie. En Allemagne, on voit par exemple un Juergen Teller photographier l’équipe du Bayern Munich et dire ouvertement qu’il aime le football. En  France, il y a un peu moins de liens avec le monde de la culture.

Pourquoi les clubs français ne vont pas dans ce sens ?
Je pense qu’il y a une ligne globale qu’il est peut-être difficile de changer, peut-être au niveau de l’attente des supporteurs. Mais je ne suis pas en train de dire que ce que font les autres, ce n’est pas bien, au contraire. Le Red Star a une histoire, alors racontons-la ! L’objectif ultime est d’être le club qui est « plus » qu’un seul résultat de match.

À Bordeaux, ils rigolaient car ils me voyaient toujours arriver avec des tenues hallucinantes.

L’anti-PSG finalement ?
Je ne dirai jamais l’anti-PSG. J’ai dit un jour dans l’émission L’Œil du tigre sur France Inter que pour moi, le PSG est un blockbuster et le Red Star un film d’auteur, et qu’il faut forcément des deux pour que la romance soit belle. Bien sûr que l’on n’a pas le même niveau, on rêverait de revenir en Ligue 1 et de voir un match face au PSG. On a été il y a deux ans à un point de la Ligue 1. Il faut respecter ce qu’ils font, ils ont bien sûr une stratégie qui n’est pas la nôtre. Ils donnent une image de la France, ils ont une grande équipe. Nous, on a notre propre terrain d’expression.

Est-ce que le football professionnel n’est finalement pas un peu figé sur lui-même ?
Totalement. Le foot est assez figé malgré le fait que les grandes marques mettent de gros moyens, ils comprennent la rue, via différentes activations (terme marketing – ndlr) et campagnes. Il doit y avoir quelques contraintes pour casser définitivement les murs. Alors qu’au Red Star, on les a défoncés ! On vient de faire appel au grand calligraphe Nicolas Ouchenir, qui bosse avec de nombreuses marques de mode, pour faire la typo des numéros des maillots. Mais je ne sais pas si le public « classique » des clubs de foot comprendra ce genre d’activation. Le Red Star est un club un peu alternatif, qui tente des choses. Et c’est dans mon caractère, j’aime l’autodérision, le beau… Ce qui m’intéresse, c’est de rendre humain les joueurs et de rendre au club ses lettres de noblesse.

Quelles sont vos références mode ?
Je suis difficile, j’aime les choses de bonne qualité, sans logo, bien coupées, presque intellectuelles. Je pense à Issey Miyake, DYNE, Satisfy Satisfy ou Damir Doma. Je porte du noir à 98 %, puis à 1 % du gris, à 1 % du bleu. Mais j’aime la mode, je me suis marié en portant du Raf Simons ainsi qu’une veste Juun J, une chemise et un nœud papillon Lanvin (rires). Et j’ai toujours habillé ma femme, elle a toujours eu des pièces complètement dingues.

Est-ce que vous conseilliez vos anciens coéquipiers à l’époque ?
Ça m’est arrivé. Quelqu’un, dont je tairais le nom, m’a demandé de l’emmener faire du shopping et je l’ai fait. À Bordeaux, ils rigolaient car ils me voyaient toujours arriver avec des tenues hallucinantes et ils me demandaient toujours d’où elles venaient (rires).

Quels sont vos prochains projets mode avec le Red Star ?
Nous sommes en train de constituer une collection pop-up avec des petits créateurs. Nous demandons à quelques marques de niche de créer la casquette ou l’écharpe du club. Nous ne faisons pas de merchandising classique. Ça va être vraiment cool.

Maillot Red Star x Vice, 70 €

 

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