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Frédéric Michalak : « Au Stade Toulousain, c’était un vrai défilé de mode »

Frédéric Michalak : « Au Stade Toulousain, c’était un vrai défilé de mode »

Par Bérénice Marmonier , le 25 août 2017

Égérie de nombreuses marques, premier actionnaire du club de Blagnac, entrepreneur… Frédéric Michalak, qui va débuter une nouvelle saison sous les couleurs du LOU dès demain face au Stade Français, cumule les casquettes. Rencontre à Paris où on a parlé mode, rugby et futurs challenges.

Vous sortez une nouvelle fois des sentiers battus : vous voilà égérie d’une marque de chaussures… Pourquoi ?
Frédéric Michalak : Oui, j’ai découvert les dirigeants de San Marina, une marque qui vient de Marseille, via des amis. J’ai vite adhéré à leur projet. Je me suis impliqué dans le choix de la collection et dans le choix de la campagne, du message… L’idée était de donner envie aux hommes. Et aux femmes d’acheter des choses élégantes à leurs maris.

C’est votre femme qui choisit ce que vous portez ?
Je ne vais pas dans les boutiques, non (rires). J’aime la mode, mais je ne suis pas toutes les tendances, je n’épluche pas les magazines de mode. J’aime les gens qui s’habillent en fonction de leur personnalité. J’ai mon style à moi, généralement un jean et des chaussures de ville. Quelque chose de classique. Surtout que la plupart du temps, je suis en short et en crampons (rires).

Qui est le plus stylé dans les vestiaires ?
Quand j’étais au Stade Toulousain, c’était un vrai défilé de mode avec Nicolas Jeanjean, Maxime Médard, Vincent Clerc, Clément Poitrenaud, Yannick Nyanga. Il y avait un match dans les vestiaires. Mais celui qui avait le style le plus décalé était Mathieu Bastareaud (son ex-coéquipier au RC Toulon - ndlr). Il portait des chaussures avec des nounours dessus ou des choses complètement farfelues. Je ne l'imagine pas vraiment avec des chaussures pointues aux pieds (rires).

Et au LOU ?
Julien Puricelli a un style un peu bobo, dandy. On le chambre un peu là-dessus justement.

Vous lanciez-vous des défis vestimentaires ?
Oui, c’était à celui qui arriverait le mieux habillé. Cela devenait ridicule à force (rires). Mais chacun, avec l’âge, a trouvé son chemin et s’est assagi. Sauf Nico Jeanjean que je vois à la télé et qui a toujours un style bien à lui.

Aujourd’hui, débarquer sur le terrain avec un béret ou un nœud papillon comme les anciens joueurs du Racing 92 – Jean-Baptiste Lafond, Éric Blanc, Franck Mesnel… –, c’est compliqué ?
Oui, c’est un peu plus compliqué. C’est quelque chose que l’on a pu faire chez les jeunes. On s’est teint les cheveux en blond, on mettait un message sur les maillots, on arrivait sur le terrain avec un nœud papillon… On se lançait des défis, c’était moins médiatique. Aujourd’hui, avec l’arrivée des réseaux sociaux, tout est un peu plus contrôlé. On peut moins se lâcher. Même si on a vu les joueurs du Racing (en finale du Top 14 en 2016 – ndlr) rentrer sur le terrain avec des nœuds papillons (pour justement rendre hommage aux anciens joueurs du Racing – ndlr). Cela montre qu’il y a encore des valeurs dans le rugby. C’est bien de sortir un peu du professionnalisme.

Comment voyez-vous le rugby aujourd’hui ?
Le rugby aujourd’hui est 200 % professionnel. On est face à des jeunes joueurs qui ne pensent qu’au rugby. Les clubs essaient de conserver des doubles projets sportifs et scolaires pour ne pas sortir de l’école trop rapidement. Il faut faire attention à ne pas tomber dans des dérives comme au football, où les jeunes ont finalement très peu d’éducation. Il faut qu’on arrive à garder ça dans le rugby. Le rugby est aussi beaucoup plus médiatique, plein de choses sont rentrées dans le quotidien d’un sportif, comme l’image, les réseaux sociaux.

Moi j’ai eu la chance de jouer très tôt en équipe professionnelle et en équipe de France. J’ai donc été sollicité rapidement par des marques. J’ai toujours su que c’était avant tout mes performances sportives qui m’apporteraient autre chose derrière. Ce n’était pas un objectif d’être connu. Je voulais juste être bon sur un terrain de rugby. Mais je n’ai pas pu contrôler ce qui se passait autour. Il y a eu une Coupe du monde en 2003, j’avais 20 ans, les médias se sont intéressés à moi. Je n’avais pas de gens autour de moi pour m’aider. Ça a été un peu dur pendant quelques années. Après je me suis entouré de personnes qui gèrent mon image. Aujourd’hui, je ne fais pas que du rugby, je suis aussi entrepreneur, j’ai des sociétés, ce qui ne m’empêche pas d’être bon sur le terrain.

Vous êtes justement le premier actionnaire du club de Blagnac, en Fédérale 1, depuis l’année dernière. Est-ce que cela fait longtemps que vous vouliez vous investir dans un club ?
Pas du tout. Je connais Blagnac car mon frère et mon cousin ont joué dans ce club qui était en difficulté financière. Des amis qui y travaillent m’ont demandé de les aider, j’ai accepté à certaines conditions.

Lesquelles ?
De travailler sur différents axes comme la formation, le sportif, le social. Il faut aussi développer des actions commerciales avec des partenaires pour ramener de l’argent au club. Je ne suis pas mécène, je ne peux pas injecter de l’argent chaque année (rires). Il faut que le projet ait un sens pour que des partenaires aient envie de travailler avec nous. C’est un club centenaire et je n’avais pas envie de le voir mourir. On va donc insister sur l’histoire du club, tout en jouant sur son côté familial mais aussi pro.

Vous avez investi combien ?
Un petit peu (rires).

Vous aimeriez-vous impliquer, plus tard, au sein du XV de France ?
Pour l’instant je suis ambassadeur de France 2023, j’essaie de pousser pour que l’on décroche cette Coupe du monde, comme en 2007. Et puis j’essaie d’être un bon joueur de rugby et c’est déjà pas mal (rires).

Avez-vous un souvenir particulier des vos sélections avec le XV ?
Il y en a beaucoup. Je pense avant tout aux Coupes du monde, même si on a échoué en demi-finale deux fois. Disons que mon meilleur souvenir serait le quart de finale en 2007 face aux All Blacks. Je les ai gagnés seulement deux ou trois fois en quinze ans de carrière. Ils sont vraiment trop forts, du 1 au 15 ils savent tout faire, ils ont des qualités physiques exceptionnelles.

Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été rugbyman ?
Sûrement maçon comme mon père. J’ai fait des études de commerce, mais cela ne me plaisait pas forcément. Aujourd’hui, je suis aussi entrepreneur, j’aime le management. J’ai trois sociétés à Toulouse, une de production musicale, une de vidéos qui s’appelle My Vidéo Pro et une autre dans le domaine de l’événementiel. J’ai aussi ouvert une salle de crossfit à Toulon et investi dans l’application Snapfan (application mobile qui permet de personnaliser les photos des fans de sport avec différents styles, filtres et données en temps réel des matchs de leurs équipes favorites – ndlr). Mais je me suis aussi pas mal planté, comme lorsque j’ai ouvert un restaurant à Toulouse. Ça arrive, c’est comme ça que tu te construis. J’ai d’ailleurs d’autres projets excitants qui arrivent.

Lesquels ?
Dans le rugby aussi. Je vous en parlerai bientôt (rires).

Managez-vous vos équipes comme vous pourriez entraîner une équipe de rugby ?
Totalement. L’humain et la compréhension des personnes sont très importants. Il faut comprendre la mentalité de la personne qui est en face de vous, et faire en sorte qu’elle donne le meilleur d’elle-même. Il faut arriver à la faire évoluer et l’amener plus loin et dans le bon sens.

Comment vous voyez-vous dans 10 ans ?
Aucune idée (rires) ! Je ne me suis pas posé la question. Je peux être dans deux ans dans un autre pays, je suis quelqu’un d’opportuniste. Il ne faut pas voir trop loin non plus. Ça fait moins mal à la tête (sourire).
 

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