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Géraldine Fasnacht : « Chez moi, la quête d'adrénaline ne s'accompagne pas d'inconscience »

Géraldine Fasnacht : « Chez moi, la quête d'adrénaline ne s'accompagne pas d'inconscience »

Par André Bessy , le 19 décembre 2016

Après une carrière au top dans le snowboard freeride, elle a opté pour le wingsuit. Pour elle, la vie est « higher », mais en aucun cas sans limites. La Suissesse Géraldine Fasnacht est l’incarnation de la femme-oiseau.

« Oui, la sensation forte me fait prendre conscience de mon être. C’est par elle que je me sens plus vivante. Mais n’allez pas croire que chez moi, la quête d’adrénaline s’accompagne d’inconscience. » Ces mots prononcés sur un ton presque ferme s’échappent de la bouche de Géraldine Fasnacht, jeune femme de 36 ans qui glisse, grimpe, flotte, au comble de l’instant présent. On pourrait la croire trompe-la-mort. Elle s’en défend. Ultime mise au point : « Si je me suis essayée au vol en wingsuit, c’est aussi parce que j’ai estimé le surcroît de sécurité que pouvait m’apporter cette discipline. »

Lorsqu’elle se projette dans le vide, sanglée dans sa combinaison ailée, cette sœur d’Icare réduit en fait sa vitesse de chute. Elle trace ainsi dans l’air des lignes de plus en plus horizontales. Avec des dénivelés d’à peine 16 degrés. Elle, l’adepte du base jump (saut en parachute à partir d’immeubles, d’antennes, de ponts ou de falaises), ne dit plus qu’elle saute. Tel un oiseau fabuleux, elle plane dans un nuage d’éternité avant d’ouvrir son parachute. « Je recherche toujours l’amélioration. C’est le meilleur moyen d’éviter la peur. Je ne cesse d’établir des calculs de trajectoire avec mon GPS, des essais en soufflerie et, en parallèle, je m’implique dans l’évolution du matériel. » Pour cela, elle travaille en étroite collaboration avec Jean-Noël Itzstein, l’un des rares fabricants de wingsuit. Il trouve ses requêtes impossibles ? Elle le pousse dans ses retranchements. Et obtient ce qu’elle veut. Géraldine Fasnacht possède l’âme d’une pionnière perfectionniste. Résultat, après de multiples sauts préparatoires et des heures d’escalade, elle s’élance en juin 2014 du mythique mont Cervin. Une première mondiale qu’elle réalise en compagnie de son ami Julien Meyer. En 2017, elle prendra son envol du Mont-Rose, deuxième plus haut massif des Alpes. 

Les freeriders sont mes idoles, je les ai chez moi en poster. Je me répète de manière obsessionnelle que je veux faire comme eux.

La Vaudoise a tout simplement le courage de réaliser ses rêves. C’est ainsi depuis son adolescence, période où elle s’essaie au snowboard freeride. Ses parents, qui possèdent un chalet à Verbier, lui ont très tôt transmis le goût de l’effort, de la rigueur. Et sous ses yeux se dresse en permanence le bec des Rosses. Sa montagne magique. Observatrice, persévérante, Géraldine se charge de transformer un déterminisme en avènement. Flashback. « J’ai 15 ans et sur le bec des Rosses, on organise pour la première fois l’Xtrême de Verbier, qui est pour les freeriders ce que la Coupe du monde est aux footballeurs. Je me dis, ces mecs-là sont mes idoles, je les ai chez moi en poster. Je me répète de manière obsessionnelle que je veux faire comme eux. » Le travail et l’ambition font le reste. Pour sa première participation, à 21 ans, elle remporte la légendaire compétition. Un exploit suivi de deux autres victoires, synonymes d’une carrière flamboyante. La native de Lausanne avait osé plaquer une situation confortable chez Swiss Air pour se consacrer à sa passion. Contre l’avis d’un père aimant. Contre l’idée de fixité. Un autre aspect de son courage qui la téléporte sans cesse hors des sentiers battus. Géraldine sillonne l’Antarctique, s’attaque aux plus hauts sommets d’Afrique, se mue en conférencière internationale. Ou en personnage de films documentaires.

Rien ne semble tarir sa soif de mouvement. Pas même la succession d’événements tragiques qui ont jalonné son existence. Les morts de son petit frère, de son compagnon, le guide de montagne Sébastien Gay, de son père ou de sa jeune protégée, Estelle Balet, l’étoile filante du snowboard freeride, n’ont pas éteint sa flamme intérieure. Elle n’est pas croyante mais s’avoue mystique. À sa façon. « Je les sens plus présents que jamais. Je n’ai pas besoin de les prier pour savoir qu’ils m’accompagnent chaque jour. » Géraldine Fasnacht soigne aussi son physique médiatique. Avoue un intérêt prononcé pour la mode, la lecture. Un culte pour Léonard de Vinci et Angelina Jolie. Dans un avenir proche, elle envisage d’avoir un enfant et se dit prête à lever le pied. Accepter la normalité est aussi une forme d’aventure.

 

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