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Le Breaking 2 de Nike a-t-il fait passer un cap au marathon ?

Le Breaking 2 de Nike a-t-il fait passer un cap au marathon ?

Par Luca Endrizzi , le 10 mai 2017

C’était ce week-end à l’Autodromo de Monza (Italie) : trois coureurs expérimentés avaient pour mission de courir un marathon en moins de deux heures lors de l’événement organisé par Nike « Breaking 2 ». Sport & Style y était et vous fait vivre, en détails, cet événement hors norme.

3h45
Au petit matin de ce samedi 6 mai, les rues de Milan n’enregistrent que les passages de quelques berlines qui amènent les fêtards d’un after à l’autre. Sur la route pour l’Autodromo de Monza, au nord de la capitale financière italienne, il n’ y a pas foule : il est 3h45, exactement deux heures avant le Breaking 2, l’expérience organisée par Nike. Trois marathoniens d’exception, Eliud Kipchoge (Kenya), Zersenay Tadese (Erythrée) et Lelisa Desisa (Ethiopie), vont partir à la conquête du dernier Graal de l’athlétisme : abattre le mur de 2 heures dans un marathon. Nike, leur sponsor, a tout organisé pour y parvenir : une nouvelle chaussure, la Zoom Vaporfly Elite, super légère avec une plaque de carbone intégrée dans la semelle pour éviter la déformation du pied et donc favoriser le déplacement vers l’avant.

Le textile, 224 grammes en tout des chaussettes aux manchons, est créé sur mesure. Enfin le lieu : un temple de la haute vitesse, un circuit de F1 où on a roulé à plus de 370 km/h par le passé. « On a dessiné une boucle extra plate de 2400 mètres, le climat ici est très favorable, frais et sec », disent la veille les scientifiques de la marque de Beaverton (Oregon, USA). Pour accomplir l’exploit, les trois mousquetaires (Kipchoge, Desisa et Tadese) auront à leur disposition une trentaine de lièvres (pacers) qui alterneront par groupes de six, tous les deux tours pour maintenir la bonne allure (2’50’’ au kilo). Devant les lièvres, une Tesla électrique signale le bon tempo avec un rayon laser sur la chaussée.


Lelisa Desisa, Eliud Kipchoge et Zersenay Tadese.

5h45
Les lumières clignotantes bleues et rouges sur la ligne d’arrivée mettent une ambiance disco sur l’Autodromo de Monza. On respire une certaine fébrilité, l’heure du start est venue : le ciel est encore noir, la température de 11,3 ° (comme prévu) mais l’humidité à 79% (trop haute par rapport aux prévisions). Le coup de pistolet se mélange aux sons très vivaces des oiseaux nocturnes. L’aventure, qui est comparée à la conquête de la lune par les organisateurs mais aussi, plus modestement, à la chute de la barrière de 4’00’’ sur le mile par Roger Bannister en 1954, a commencé. Jusqu’au semi marathon tout va bien, ou presque. Le groupe de lièvres est disposé en triangle devant Kipchoge, Tadese et Desisa. Ce dernier accuse le coup après un passage trop fort pour lui en 59’57’’ (le record du monde de la distance qui appartient à Tadese est de 58’23’’). Au bout d’une heure de course l’aube se fait désirer, couverte par un ciel gris plomb. La fatigue se fait sentir, c’est maintenant l’Erythréen Tadese qui doit se détacher du maillot rouge de Kipchoge.

Apparemment imperturbable, le Kenyan champion olympique du marathon à Rio en août dernier, semble glisser sur le goudron, encouragé par les équipes de Nike qui ont mis leur casquette de supporters. Au 30e km, Kipchoge et son escorte passent en 1h25’20’’. La projection finale pour la première fois pendant la course est d’une seconde supérieure au chrono visé de 1h59’59’’. D’ici là font leur apparition, pour chauffer la piste, l’acteur Kevin Hart et King Carl, Carl Lewis en personne, le roi de la vitesse et de la longueur dans l’ère pré-boltienne. La composante humaine commence à prendre le dessus sur la technologie : Eliud Kipchoge n’arrive plus à tenir l’allure pour le Breaking 2, sans quand même s’écrouler. On dit bien que le marathon commence autour du 35e kilomètre !

7h45
La lignée d’arrivée est coupée. Eliud Kipchoge lève les bras avec un grand sourire : 2h00’25’’, chrono final. « Je suis un homme, pas une machine », déclarera-t-il relativement frais deux heures après en conférence de presse : « Quand on grimpe sur un arbre, on monte branche par branche. Là, on a démontré qu’on est sur la bonne route et qu’on peut le faire ». En somme le « Just do it », mais step by step. Rendez-vous l’année prochaine à Monza ? L’idée commence à trotter dans la tête des dirigeants de Nike qui pour l’instant mettent à disposition du commun des mortels la technologie de leur Zoom Vaporfly 4%, en vente à partir du 8 juin prochain. La Zoom Vaporfly Elite, utilisée par les pros, ne le sera jamais.                     

 

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