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Le costume croisé de George Best

Le costume croisé de George Best

Par Astrid Faguer , le 27 octobre 2017

Douze ans après sa mort, le footballeur nord-irlandais George Best continue de créer l’émulation côté style. Retour sur la Bestmania, qui place haut les couleurs du costume croisé.

Rarement un joueur de foot n’aura autant déchaîné les passions. Avec ses yeux clairs, son visage émacié, ses cheveux longs et sa barbe dans le vent, le joueur issu des quartiers ouvriers de Belfast possède tous les atours d’une rock star. Y compris le style de vie plutôt débridé. Il disait lui-même avec humour : « J’ai claqué beaucoup d’argent dans l’alcool, les filles et les voitures de sport – le reste, je l’ai gaspillé ». D’ailleurs, on lui attribue vite le surnom de « cinquième Beatles », en dépit d’un physique plutôt Bee Gees. C’est dire si le charme opère outre-Manche, où l’attaquant multiplie les exploits avec Manchester United – il obtient le Ballon d’Or en 1968 avec le club anglais. Si les frasques de sa vie quotidienne précipitent la fin de sa carrière (retraite à 26 ans et reconversion qui patine), ce dribbleur d’exception a largement marqué l’histoire du ballon rond.

Il faut dire que George a un patronyme prédestiné – Best, soit « meilleur » en français –, qui lui vaudra même un dernier bon mot gravé sur sa pierre tombale : « Maradona good, Pelé better, George Best ». Avec son nom de famille consacré, son physique de pop star et son jeu ultra vif, George Best transporte les foules. En 1968, en finale de la Coupe des Clubs des Champions face au Benfica Lisbonne – Best évolue alors à Manchester –, un supporteur va jusqu’à descendre sur le terrain avec un couteau pour s’offrir une mèche de cheveux du footballeur, qui finira par s’échapper. Hors du terrain, l’attaquant est aussi une véritable star et son style vestimentaire contribue au mythe. Régulièrement aperçu avec un élégant costume croisé (baptisé « double breasted suit »), Best, avec sa carrure largement épaulée et son double boutonnage, joue la carte de la mode sixties toute british dans un genre très Carnaby Street – à l’époque ce sont surtout les rock stars et les jeunes gens à la mode qui fréquentent ce quartier de Londres.

Presque trente ans après les golden boys de Wall Street, les designers de mode homme remettent à leur tour au goût du jour le costume croisé sur les podiums. Si certains accentuent son caractère oversize – à l’instar de Demna Gvasalia chez Balenciaga qui se joue de la figure du bourgeois et du businessman –, d’autres tentent au contraire d’en réduire les proportions pour revenir à une coupe plus actuelle. Ainsi, pour sa ligne Emporio Armani, Giorgio Armani dégarnit les épaules pour livrer un modèle gris clair. Chez Dior Homme, Kris Van Assche propose une version technique fluide du costume croisé – donc largement désépaissie. Dans un autre genre, Rei Kawakubo chez Comme des Garçons mixe les matières – laine et nylon – et les styles avec un spécimen noir et argenté associé à un short ample en coton. Preuve que le bon vieux costume de banquier n’est pas toujours là où on l’attend.

 

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