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Marielle Goitschel : « Si je skiais aujourd’hui, Shiffrin aurait du souci à se faire »

Marielle Goitschel : « Si je skiais aujourd’hui, Shiffrin aurait du souci à se faire »

Par Carine Lepied , le 08 mars 2018

Marielle Goitschel, grande championne des JO de Grenoble était présente à l’inauguration de l’exposition « Grenoble 1968, les Jeux Olympiques qui ont changé l’Isère au Musée Dauphinois ». L’occasion pour Sport & Style de revenir avec elle sur ces JO d’exception et sur l'évolution de sa discipline.

Quand on regarde dans le rétroviseur, les looks des JO de 68 c'était quelque chose non ? 
Marielle Goitschel : Oui la plupart des skieurs était habillée par la marque Fusalp, qui revient d'ailleurs en force depuis quelques années. Et quand on parle de style, rappelez-vous, on parlait du fameux style Goitschel en matière de ski. Mais j'ai aussi initié plein de choses. À l'époque, les vêtements de ski étaient conçus avec des couleurs tristes, pas drôles. Je nous revois à Innsbruck (Autriche), on était tous en bleu marine. Nous, les filles, on n'en voulait plus. Alors j'ai imaginé le pull blanc et je l'ai imposé, au moins c’est éclatant ! Les gants de couleurs Racer, c’est aussi moi qui en ait eu l'idée.

Vous suggériez donc vos idées à vos sponsors ?
Exactement et ils les prenaient. Les chaussures de ski à rentrer par l’arrière, c’est aussi moi qui y ait pensé. J’ai toujours été avant-gardiste car j’adorais ça. 


© L'Équipe

Quel regard portez-vous sur l'évolution du matériel ?
Les skis de l’époque étaient immenses, beaucoup plus lourds. Ils faisaient 2 mètres de long. On les voit dans l’expo, ils sont impressionnants. Quand je les regarde et que je les soupèse... Cinquante ans après, on est vraiment dépassé ! J’étais avec Florence Masnada qui a été médaillé de bronze (aux JO d'Alberville 92 en combiné et en descente aux JO 1998 de Nagano, ndlr). Elle a essayé nos skis de l'époque avec des chaussures d’aujourd’hui et elle n'est pas parvenue à skier. Avant, on se cassait les jambes à cause des longues lanières, et on pleurait quand on essayait les nouvelles chaussures Trappeurs. Le cuir dur par -15 degrés à Val d’Isère, quelle souffrance ! On avait si mal aux pieds qu’on gardait nos vieilles chaussures. On mettait de la colle araldite dessus, tous les jours. Ça les assouplissait sinon c’était insupportable. D’ailleurs, si vous regardez bien les images des JO de Grenoble, vous verrez que Killy et moi avions des chaussures qui sont dégoûtantes. Et si vous regardez les images d’archives, mon dernier crochet n’est jamais fermé. Le pisteur au démarrage me disait toujours que je n'avais pas fermé mes chaussures. Mais j’avais besoin de sentir mes pieds. Les chaussures modernes sont tellement rigides…
 


© L'Equipe

Et la technique de ski a-t-elle beaucoup évolué selon vous ?
En matière de technique, Jean Vuarnet a lancé la « position de l’œuf » et moi j’ai initié la technique en slalom, c'est-à-dire de skier au plus près des piquets. Le « double doublé » des sœurs Goitschel (aux JO d’Innsbruck en 1964, ndlr) est unique. Si j’étais en compétition aujourd’hui, Mikaela Shiffrin aurait du souci à se faire. Elle est d’ailleurs un peu comme moi. Quand je la vois, je me vois. Même caractère, la victoire et que la victoire. Je ne faisais jamais la gueule. Les gens qui vous battent une fois il faut les respecter, et se dire qu'on les aura la prochaine fois.

Quel souvenir gardez-vous de ces JO de 1968 ?
Je me rappelle bien de la cérémonie d’ouverture. « Toutoune » (Jean-claude Killy, ndlr), m’avait pris l’épaule quand on défilait. On voyait Chamrousse au-dessus de nous, et il me disait : « tu as vu, là-haut, ce sera le lieu de nos exploits ». Il était sûr de gagner. C'est extraordinaire de participer à des événements de l’envergure des Jeux.  

Comment viviez-vous le sport à l'époque en tant que femme ?
Ce n’était pas simple, mais je dois dire que je suis très fière car j’ai été la première avec Christine, ma sœur, et ensuite Christine Caron à faire reconnaître le sport féminin. - On a beaucoup fait pour que les athlètes féminines soient respectées et pour faire reconnaitre le sport féminin. Mais on a encore beaucoup de chemin à parcourir.

 

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