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Notre enquête sur la création du Los Angeles FC - Épisode 3

Notre enquête sur la création du Los Angeles FC - Épisode 3

Par Julien Neuville , le 05 juillet 2017

Après avoir suivi les supporteurs du Los Angeles FC dans le métro jusqu’au futur stade de leur équipe – qui n’a pas encore de joueurs et ne foulera aucune pelouse avant 2018 –, nous avons fait connaissance avec les propriétaires du LAFC. Des investisseurs pour qui le sport est un business comme les autres...

Retrouvez les 2 précédents épisodes de notre LAFC story.
Prochain épisode : lundi 10 juillet

 

Le monde contemporain du football ne pourrait l’autoriser. La Chine dépense bien plus que les États-Unis, où des règles strictes limitent les salaires offerts par les clubs. « Si jouer à Paris a une saveur spéciale, c’est pareil pour Los Angeles. Milan, Munich, Manchester n’ont pas ce que nous avons. Je l’ai vu tout au long de ma carrière, avec les films, la télévision et la musique : Los Angeles est une ville spéciale qui peut mener à d’autres carrières, d'autres sources de revenus et d'autres opportunités » explique Peter Guber. En un demi-siècle de carrière au sommet d’Hollywood, l’ancien patron de Sony, propriétaire des Warriors (NBA) et des Dodgers (MLB), sait s’exprimer, convaincre et conclure. La confiance qui se dégage de ce personnage n’est pas de celle qui vous tétanise. Peter Guber est un génie – décrié par beaucoup, certes – qui arrive à faire croire à ses interlocuteurs qu’ils le sont tout autant, ou peuvent le devenir. « J’ai acheté des équipes qui n’étaient même pas compétitives, des équipes moribondes, et maintenant elles sont championnes ! Ça ne veut pas dire que je suis le seul capable de le faire, ça veut dire que c’est faisable » a-t-il l’habitude de dire.


Peter Guber, propriétaire du LAFC.                                                                                                                                                                          © Emma McIntyre/Getty Images 


Dans son immense bureau, à son domicile vertigineux de Bel Air, derrière une porte en bois aussi haute et lourde qu’un pont-levis médiéval, Peter Guber suscite l’envie. Tout le monde veut sa villa, sa magnifique table en bois qui trône entre le costume original de Batman (qu’il a produit) et les trophées NBA. Stars, athlètes, acteurs ou musiciens, il les connaît, sait leur parler. Et pour recruter ses futures superstars du ballon rond, il a déjà préparé un plan d’attaque. En trois étapes.

« Tout d’abord, je lui montre l’engagement de notre groupe envers le sport et envers cette équipe. Je lui démontre la valeur des personnes impliquées, la réputation qu’ils ont, et le temps qu’ils dédient à cette équipe. Je lui dirai que le président, le vice-président, le directeur général et le chef des opérations ont tous mis de l’argent de leur poche dans cette équipe. En plus de ça, je lui montrerai les images 3D du futur stade qui illustre notre volonté d’être ultra compétitif.

Ensuite, je lui ferai voir l’éclat et l’énergie de la ville fabuleuse où il va vivre : la culture, la diversité, les opportunités, l’exposition médiatique et à quel point c’est extraordinaire de résider à LA ! Je vais aller chercher un joueur qui vit dans une ville européenne avec une météo de merde, je l’amènerai ici en plein mois de janvier, quand il fait 23 °C, et on ira déjeuner au bord de la plage. Ces choses-là sont des atouts décisifs, j’ai vu l’effet sur les gens. Après le déjeuner, on conduira à travers Hollywood et les studios. Je lui raconterai la ténacité entrepreneuriale et économique qui règne ici, à chaque coin de rue et dans toute la Californie : Hollywood, la musique, mais aussi la Silicon Valley. Il faut que le mec comprenne que Los Angeles est une ville d’opportunités, où un jeune gars peut gravir les échelons très vite.

Troisièmement, je lui ferai vivre des expériences sportives auxquelles nous avons participé et avec lesquelles nous avons eu un énorme succès. Première étape, un aller-retour à Oakland pour voir, au premier rang, un match des Warriors en play-offs. Pendant un temps mort, ou dans l’avion, je lui glisse que quand j’ai acheté l’équipe, elle sortait d’une saison avec 16 victoires et 67 défaites, et que l’année dernière elle a battu le record du nombre de matchs gagnés en une saison, devant les Bulls de Michael Jordan. Le vendredi soir, on ira au Dodger Stadium pour une belle affiche de base-ball. Dans les loges, je lui montrerai ce stade spectaculaire et lui dirai : tu vois ces tribunes ? Elles accueillent plus de gens que n’importe quel autre stade dans le monde. Chaque année, 4 millions de personnes passent ces portes !


L’autre jour, Gerard Piqué m’a appelé. Il était à Los Angeles et voulait me parler.

Enfin, et c’est le plus important, je lui dirai que nous savons comment travailler avec des personnes de talent. Nous ne sommes pas comme les autres propriétaires d’équipe de football, même en Europe, qui viennent des milieux industriels. Nous venons de la télévision, du divertissement, des sports, des industries qui reposent sur des talents. Alors, il signe ? »

Il ne dira pas à qui il aimerait faire cette démonstration. Le foot, les footballeurs, Peter Guber n’y connaît rien – même ceux qui ont des raisons de traîner souvent à Los Angeles. « L’autre jour, Gerard Piqué m’a appelé. Il était à Los Angeles et voulait me parler. Je ne savais pas qui c’était au début. Nous avons discuté et il m’a dit que l’idée de monter une équipe ici, avec l’exposition mondiale de cette ville, était fantastique » glisse-t-il. Personne ne remettra en question les qualités de Peter Guber à conclure, à faire le dernier mouvement décisif pour déclencher une signature. Immense attaquant d’une efficacité redoutable, mais avec un énorme problème : ses milieux n’ont pas encore prouvé qu’ils pouvaient faire des passes décisives dans les grands matchs.

« La dernière fois que John Thorrington a mis sur pied une équipe de football, il choisissait des potes dans la cour de récréation de son collège » écrivait avec sarcasme le quotidien Los Angeles Times il y a quelques semaines. Nommé en décembre 2015, John Thorrington est responsable des effectifs du LAFC, des moins de 12 ans à l’équipe première.


John Thorrington avec les jeunes recrues du LAFC.

John est né en Afrique du Sud, qu’il quitta à 2 ans, en 1981, pour la Californie et Palos Verdes, au sud de Los Angeles. Comme un grand nombre d’enfants américains de 5 ans, John commence à jouer au football. À 10 ans, alors qu’il est temps de choisir entre le football et le football américain, il choisit la seconde option, comme tous ses amis. Ses parents ne sont pas du même avis. Le voilà balle au pied. Malgré un très bon niveau, un avenir professionnel est irréaliste pour tous les jeunes joueurs américains. « Il devait y avoir peut-être seulement deux joueurs américains qui étaient partis en Europe » note John Thorrington. Mais le jeune joueur a un avantage : un passeport britannique. Il rejoint un grand club local où un des coaches ayant des contacts en Angleterre invite un recruteur à l’observer. L’émissaire d’un grand club anglais aime ce qu’il voit et demande à John de venir passer des tests plus poussés en Europe. À 17 ans, le jeune admirateur d’Éric Cantona s’envole seul pour l’Europe, considérant ce voyage comme une simple expérience. Quelques semaines tout au plus, et il rentrera en Californie pour s’inscrire à l’université de Stanford comme prévu. Trois semaines plus tard, l’équipe lui propose son premier contrat professionnel pour la pré-saison 1997-1998. John Thorrington devient officiellement joueur de Manchester United.

John reste en Europe jusqu’en 2005. Deux saisons à Manchester United, une au Bayer Leverkusen, sans aucune apparition en équipe première. En 2004, il revient en Grande-Bretagne, à Huddersfield Town, en troisième division, où il reste deux ans. Il joue 67 matchs mais enchaîne les blessures aux tendons et au dos. Il fait un bref passage dans le club de Grimsby Town avant de rentrer chez lui, aux États-Unis, avec l’intention de mettre fin à sa carrière. Alors qu’il visite des universités, il reçoit un appel des Chicago Fire, en MLS, qui lui demandent de venir quelques mois pour faire face à une hécatombe de blessés. Doucement, les sensations reviennent, John est de nouveau performant. Il reste à Chicago cinq saisons, puis rejoint Vancouver pour un an et termine enfin sa carrière à DC United, en 2013. Un détail le dérange : élu parmi les cinq représentants des joueurs de la ligue, il participe depuis plusieurs années à la négociation du contrat entre le syndicat et la ligue et ne veut pas abandonner ce processus à cause de sa retraite. Le patron du syndicat des joueurs l’invite à rejoindre son équipe, à participer à toutes les réunions jusqu’en mars 2015, lorsque le contrat est signé.

L'objectif est de devenir d'ici à cinq ans une des meilleures équipes de la MLS et respectée dans le monde.

Fin 2015, deux ou trois semaines avant que la création du LAFC ne soit publique, un ami le connecte avec Henry Nguyen, l’homme d’affaires asiatique qui mène la charge pour le LAFC et, heureuse coïncidence, est diplômé de la même université que John. Six mois plus tard, un communiqué de presse est envoyé : John Thorrington devient le patron du nouveau club de la ville dans laquelle il a grandi. « C’est une opportunité incroyable. Je pense que mon expérience m’a préparé pour un rôle comme celui-ci » déclare-t-il.  

Huit ans dans la ligue en tant que joueur, diplômé d’une grande école, expert du syndicat des joueurs et de l’accord avec la ligue, sa connaissance de l’écosystème national est indéniable. Ce qui est moins sûr, c’est sa capacité à créer, de zéro, une équipe, à évaluer des talents, des personnalités, gérer les ego. L’absence de réel palmarès en tant que joueur serait gommée si elle était compensée par un talent reconnu d’entraîneur ou de manager. Ce n’est pas le cas. « Je sens la pression, bien sûr » confie-t-il. D'autant que l’objectif est de devenir d'ici à cinq ans « une des meilleures équipes de la MLS, et respectée dans le monde » selon Tom Penn, le président du LAFC.


L'ouverture du stade est prévue en 2018.

La pression est forte, d’autant qu’en face, à Atlanta, l’équipe qui démarrera en mars 2017 (un an avant le LAFC) s’active. Darren Eales, ancien patron de Tottenham, occupe le même poste que John. Il est suppléé par Carlos Bocanegra, ancien joueur de Fulham, Rennes, Saint-Étienne, des Rangers et international américain (110 sélections), en tant que directeur technique. Le coach de l’équipe n’est autre que l’ancien sélectionneur argentin Gerardo « Tata » Martino. Dans leur effectif, pas de superstar mais Miguel Almiron, un talent paraguayen acheté 8,5 millions de dollars à Lanus, champion de première division argentine en 2016, pisté par Arsenal. Il reste un an au LAFC pour construire une structure capable de rivaliser. Mais par quel bout s’y prendre ?

Devant le jeu vidéo Football Manager, l’utilisateur choisit son équipe de cœur, celle qui lui assure la trajectoire la plus facile ou, pour les plus déterminés, celle qui lui fournira le plus grand défi. Devant son ordinateur ou sa console, il choisit la composition de son équipe, la formation (4-4-2, 3-5-2, 4-2-3-1, etc), les entraînements, vendra, achètera, tout ça à partir d’une base déjà établie, au sein d’une ligue assez vieille pour en déceler les spécificités, et surtout, tout seul devant son écran. La position de John Thorrington est légèrement plus complexe. Premièrement, il est seul en charge des décisions football mais doit convaincre au moins une bonne dizaine de personnes – qui n’y connaissent rien – d’approuver chacun de ses choix. Deuxièmement, il ne peut analyser qu’une vingtaine de saisons de MLS pour trouver la formule magique. Vingt saisons qui ont vu des équipes se créer, d’autres disparaître, et onze champions différents. Et, enfin, il part de rien. Le LAFC est un club monté de toutes pièces. Par quoi commencer ? Le style de jeu. « Nous développons le style, puis nous allons scouter et prendre des décisions en fonction : quel entraîneur correspond à cela ? C’est notre processus décisionnel, au lieu de nommer un entraîneur en premier. Parce qu’une fois qu’ils s’en vont, qu’est-ce que vous faites ? » raisonne John.


Une partie de la team du LAFC.

Une attitude, une manière de jouer qui doit correspondre à la ville. John et le reste du club ont eu de nombreuses séances de réflexion qui paraitraient hallucinantes aux vieux esprits du football européen : autour d’une table, des types venus du cinéma, de la musique, des sports américains, des jeux vidéo et autres, ont décidé comment leur nouvelle équipe allait jouer. « On a commencé par : qu’est-ce que Los Angeles ? Qu’est-ce que cette ville représente ? » explique John. Une ville créative, rapide, dynamique et variée, selon le groupe. Il faut donc capturer ça. « Pour nous, c’est aussi une ville d’étoiles, elle doit être belle, agréable à regarder », continue John sans sourciller. Ce concept de construire une équipe inspirée par sa ville n’est pas original. Dans les années 1950, les Rams de Los Angeles avait une des plus belles équipes de football américain du pays. Dans un livre de Jim Hock qui leur est dédié, Hollywood’s Team, on peut lire : « Ils étaient glamour, clinquants, et surtout, ils étaient excitants. Comme la ville elle-même, les Rams étaient composés à la fois de grandes étoiles et de bourreaux de travail ».

La créativité de Los Angeles se refléterait dans plusieurs aspects, d’abord celui de donner une relative autonomie au coach pour « créer » son système au sein des grands principes. « Il y aura des aspects non négociables dans la façon de jouer, mais vous devez autoriser les entraîneurs et les joueurs à bouger dans les lignes pour plus de créativité » justifie John. L’envie de dynamisme s’illustrerait ensuite par une volonté de se munir d’ailiers et/ou de latéraux rapides, capables de déborder, et d’un buteur aux appuis solides, agile, qui jaillit souvent et est capable de se mouvoir dans de petits espaces. En ça, les rumeurs grandissantes de l'arrivée du Mexicain Chicharito sont sensées. Il a les qualités sportives pour intégrer ce schéma de jeu et le profil « marketing » rêvé.

Nous savons qui sont les meilleurs agents sur chaque continent, alors il suffit de décrocher son téléphone, de les rencontrer lorsqu'ils viennent à Los Angeles ou d’aller les voir. Nous n'avons pas à donner beaucoup d'explications sur notre projet.

« Los Angeles est une ville cosmopolite, les supporteurs doivent pouvoir s’identifier à leur équipe » répète-t-on au club. Selon les différentes études démographiques, la cité des Anges est composée à 48 % d’hispaniques (au niveau national, ils représentent 18 %), 26 % de caucasiens, 14 % d’asiatiques et 8 % d’africains-américains. Au Los Angeles Galaxy, sur les 23 du groupe de l’équipe première, seulement deux joueurs ont des origines hispaniques. D’où la critique de nombreux locaux qui qualifient le club de « trop blanc » ou « ne représentant pas leur ville ». La communauté mexicaine à Los Angeles, et en Californie en général, est gigantesque. Lors de la Copa America de l’été, trois matchs ont eu lieu dans l’immense stade du Rose Bowl (capacité de 93 000 places) au nord de Los Angeles : Colombie-Paraguay (42 000 personnes), Brésil-Équateur (53 000 personnes) et Mexique-Jamaïque (84 000 personnes). Et ce n’est pas les compatriotes d’Usain Bolt qui faisaient le plus de bruit.

Le LAFC peut d’ores et déjà signer joueurs et entraîneur, mais, ne débutant qu’en mars 2018, il devrait soit les prêter à d’autres clubs en attendant, soit les envoyer dans leur équipe réserve. Dans l’ordinateur de John se trouve une liste que beaucoup des 14 000 fans ayant déjà versé un acompte pour un abonnement au LAFC voudraient voir : celle des présentis pour chaque poste, avec leur année de fin de contrat et les scénarios à mettre en place si leur réponse est favorable. « Quand nous obtiendrons l’accord d’un gars, nous choisirons un mec avec certaines particularités à un autre poste pour s’assurer que nous avons des joueurs qui se complètent mutuellement » pointe John. Puzzle grandiose, si vous dépensez tant à un poste, vous devez réduire à un autre pour vous conformer au plafond salarial. « C’est le plus amusant ! », rigole John, qui sait qu’il peut compter sur son patron, Tom Penn, pour lui filer un coup de main sur ce sujet. Tom est un expert du plafond salarial, il l’a été pour plusieurs équipes de NBA puis pour ESPN. « Ce qui est différent, outre quelques nuances techniques, c’est le recrutement à l’échelle mondiale, avec les frais de transfert », explique-t-il.

Au sein du club, le processus d’identification commence avec le talent du joueur, ses compétences sur la pelouse, puis son âge, l’arc de sa carrière, combien d’années a-t-il encore dans le réservoir ? Est-il sur une pente ascendante ? Quel sera son rôle ? « Nous recherchons des profils spécifiques : des joueurs qui voudront embrasser tous les éléments qui composent le début d’une immense aventure, qui veulent voir leur nom et leur héritage attachés au lancement du club du futur. Nous cherchons des joueurs avec un énorme appétit, capables de faire plus que de se pointer et simplement jouer 35 matchs », énonce Tom Penn, qui ne nie pas le débat, au sein de la ligue et en interne, qui voit s’affronter la vision commerciale à celle de la performance. Les équipes doivent-elles privilégier des signatures tape-à-l’œil pour établir leur légitimité et vendre des billets et des maillots, ou faut-il plutôt construire la meilleure équipe possible sans regard pour l’image et la célébrité ? « Nous verrons ce qui coûte le plus cher », répond Penn, pragmatique, avant de préciser : « Il y a eu de nombreuses erreurs en MLS où on a préféré l’éclat à la substance. Nous pensons que notre équipe a déjà bien assez d’éclat comme ça, mais nous sommes ouverts à tout ». John est plus clair : « Pour moi, nous devons avoir un noyau, puis ensuite des joueurs désignés qui correspondent à ce que fait toute l’équipe. »


John Thorrington face aux fans.

Les « joueurs désignés », c'est-à-dire ceux dont le salaire n’est pas inclus dans le salary cap, qui limite à 480 625 dollars par an la rémunération des membres du groupe professionnel. Chaque équipe a droit à trois designated players. Chicharito en serait un, tout comme les deux autres recrues dont les rumeurs font état : Wayne Rooney et Cesc Fàbregas, deux stars du championnat anglais, le plus regardé aux États-Unis. John et Tom se disent surpris par la qualité des joueurs qui font part de leur intérêt à rejoindre le LAFC. Malgré tout, l’excitation et l’enthousiasme semblent les rendre un peu naïfs. Ni Tom, ni John, ni qui que ce soit dans leur équipe – si ce n’est les deux propriétaires, impliqués auprès des Queens Park Rangers et de Cardiff City –, personne ne dispose d’un réseau d’influence dans le football, contrairement à Darren Eales et « Tata » Martino à Atlanta, ou Patrick Vieira à New York.

« Une grande partie du networking se produit organiquement en raison de l’intérêt que génère le LAFC. Nous savons qui sont les meilleurs agents sur chaque continent, alors il suffit de décrocher son téléphone, de les rencontrer lorsqu’ils viennent à Los Angeles ou d’aller les voir. Nous n’avons pas à donner beaucoup d’explications sur notre projet » martèle Tom Penn. Si seulement le monde des transferts était aussi simple. John propose une arme supplémentaire. « Nous avons un groupe de propriétaires très puissant, des gens qui ont connu le succès à travers de nombreuses industries. Ils ne sont pas dans le football mais personne ne refuse leur appel. » Penser qu’il suffit de passer un coup de fil à Mino Raiola ou Jorge Mendes pour qu’ils vous aiguillent vers une pépite qui joue en réserve au Portugal (Bernardo Silva) ou dans une petite équipe italienne (Marco Verratti) semble légèrement déconnecté de la réalité.

Avec la Chine qui dépense des sommes astronomiques, l’argent ne pourra pas être un argument comme le disait Peter Guber. Le LAFC est-il prêt à injecter 20 millions par an pour un unique joueur ? « Je ne sais pas. La question est plutôt : voudrons-nous le payer autant ? » répond John. « De toute façon, à Los Angeles, il faut une équipe compétitive, pas obligatoirement la meilleure », annonce avec un demi-­sourire Peter Guber. « Si vous habituez vos spectateurs et vos fans à seulement des victoires, vous aurez des problèmes quand vous ne gagnerez plus. L’idée est d’être compétitif et excitant ! » Compétitif et excitant. LA LA Land... 

 

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