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Toujours aussi ringards les costumes de patinage ?

Toujours aussi ringards les costumes de patinage ?

Par Charlotte Onfroy-Barrier , le 25 janvier 2018

En apparence, le patinage artistique a quelques années de retard sur la mode. Strass, paillettes, nudité : les athlètes portent des tenues qu’on ne voit bien que sur la glace. Mais aujourd'hui, les costumes ont (pour la plupart) évolué et respectent un règlement particulièrement strict.

Il y a des tenues qui marquent un programme, et au delà. Personne n’a oublié celles de Philippe Candeloro, vice-champion du monde en 1994. Dans les années 1990, le Français interprète ses personnages de fiction préférés et n’hésite pas à endosser leurs costumes. En 1991, il mise sur la musique du film Conan le Barbare et patine dans la peau de son héro. Turban, jupe à carreaux rouges, débardeur en peau et patins en fausse fourrure : tout y est. En 1994, il porte la chemise jaune canard, le foulard rouge et le blaser noir de Lucky Luke. L’idée séduit le public ; les juges, un peu moins. Mais avant de briller, les tenues de Philippe Candeloro ont au moins eu le mérite de faire connaître le patinage et de populariser la discipline.

Pendant ce temps là, les filles arborent elles, strass et paillettes. Aux championnats du monde à Prague, en 1993, Surya Bonaly monte sur la deuxième marche du podium dans un tutu rose pastel, orné de centaines de strass. Sur la première marche, l’Ukrainienne Oksana Baiul a elle fait le choix des fausses dorures et d'un costume en trompe l’œil. Une tenue qui fait son effet mais qu’on ne verrait certainement plus aujourd’hui sur la glace. Car malgré les apparences, les costumes ont changé. Le règlement, les évolutions techniques et la mode sont venus au secours des patineurs et patineuses.

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Le règlement d’abord. Il n’interdit toujours pas le strass et les paillettes mais contraint les athlètes à se couvrir davantage : « Les costumes ne doivent être ni surchargés, ni théâtraux. Ils doivent refléter le caractère de la musique choisie. Les femmes doivent porter une jupe, quelle que soit la longueur, faisant le tour complet des hanches. Des lanières sont considérées comme valables à condition qu’elles fassent le tour complet de la taille et qu’elles ne soient pas trop espacées. Le costume ne doit pas donner l’effet d’une nudité excessive, inappropriée à la discipline. Le costume doit couvrir 50% du haut du corps, entre la ceinture et le haut du buste. Les hommes doivent porter des pantalons longs, de pleine longueur. Les collants ne sont pas autorisés. » (Règle ISU 501, Règlement intérieur danse sur glace, 2016-2017).

Et la fédération internationale tolère des tenues plus fermées pour respecter le thème imposé : « Cette année, pour la danse sur glace, ils ont un peu assoupli le règlement. Ils sont passés de 50 à 70% parce que c’est de la danse latine et qu’il faut refléter le côté latino », précise Sophie Thomas, couturière de nombreux patineurs de l’équipe de France.

Sobriété, modernité et élégance
C’est le choix fait par Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis. Depuis 2014, le couple français multiplie les tenues sobres et modernes : « Ils préfèrent être classes, mettre en avant leur technique de patinage et leur émotion sur la glace. Ils n’ont pas besoin d’avoir une tenue trop chargée et trop compliquée, qui pourrait desservir leur programme. Leur tenue pour le programme court est très brillante mais pour la danse libre, ils choisissent quelque chose de sobre et de pur qui correspond davantage à ce qu’ils veulent dégager ». Résultat : aux championnats du monde en 2015, Guillaume Cizeron patine en pantalon de costume noir et maillot de corps à manches longues. Gabriella Papadakis choisit elle une jupe à haut de genoux et un voile bleu marine qui lui couvre l’ensemble du buste.

Les techniques de couture et les tissus ont aussi évolué. Les collants ont laissé la place aux costumes en stretch et en nylon, qui donnent aux patineurs plus de souplesse et d’élasticité pour effectuer les sauts et figures imposés. Finies aussi les paillettes et les couleurs fluo : « On joue beaucoup avec la peinture. On part d’une base de tissu blanche et on retravaille la matière avec des dégradés de peinture. De cette façon, on peut créer exactement le dégradé qu’on souhaite. Cela permet de moins avoir à décorer la tenue par le strassage », témoigne Sophie Thomas.

Créer un tout artistique
Gabrielle Papadakis et Guillaume Cizeron sont très impliqués dans la confection de leurs costumes. Ils échangent avec leurs coachs et proposent des ébauches, photos et inspirations à leur couturière. Vanessa James et Morgan Cipres - médaillés de bronze aux championnats d’Europe l’an dernier - font eux pleinement confiance à Sophie Thomas : « Je sais qu’ils préfèrent un style plus académique donc je sélectionne plusieurs dessins, je fais trois propositions par programme et ensuite ils choisissent un modèle ».

Pour confectionner les costumes et proposer des modèles, elle s’imprègne du thème choisi par les athlètes. Objectif : créer un univers artistique dans lequel entrent et prennent part les patineurs. Pour ce faire, elle étudie le thème imposé par la fédération, écoute en boucle les musiques choisies par les patineurs et traduit les paroles : « Le costume permet d’amener le public et les juges dans l’univers du couple et du programme. C’est un domaine artistique, rien n’est laissé au hasard ». Pas même le maquillage : comme pour la tenue, les patineuses portent de plus en plus un maquillage sobre, qui se limite bien souvent au teint et aux yeux. Bien loin des vert et roses fluo qu’elles affichaient il y a trente ans.

Reste la musique. La fédération internationale accepte les musiques qui comportent des paroles mais les athlètes font encore souvent le choix de musiques instrumentales comme les musiques de film et musiques classiques. L’an dernier, le couple Papadakis - Cizeron avait fait sensation en dansant sur des musiques du Britannique Ed Sheeran mais il faudra attendre encore un peu pour découvrir les derniers hits lors d’une compétition de patinage artistique.

 

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