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La braguette, l'autre Origine du monde

La braguette, l'autre Origine du monde

Par Laurent Goumarre , le 27 octobre 2017

Qu’a-t-on voulu raconter avec ce gros plan sur la braguette ? Et bien tout simplement une version textile de L’Origine du monde de Courbet. La braguette est donc cet obscur objet du désir qui ferme et ouvre l’origine du monde, qu’elle soit féminine, masculine et autre. Entre jeu de cache-cache et suggestion, une série qui va droit au but.

Il n’y avait personne pour dire à François Hollande « ferme ta braguette » en décembre 2013 lors de son voyage en Algérie ? – les photos circulent encore sur le Net. À moins que ce ne soit une façon de se présenter ? Moi, président normal des Français, peuple de l’amour et du hasard. Avec ce gros plan sur cette béance peu protocolaire, François Hollande signait un nouvel épisode de la saga « la braguette c’est comme une porte, il faut qu’elle soit ouverte ou fermée ». Et c’est un feuilleton qui ne date pas d’hier. Sans refaire toute l’histoire, on remonte vite au Moyen Âge avec la guerre de Cent Ans – il y a déjà là quelque chose d’agressif. Les soldats qui n’ont pas de cheval doivent pouvoir bouger, courir, ramper, bref, faire toutes sortes d’exercices sans être gênés dans leurs mouvements.

On leur remonte alors le pourpoint – c’est le vêtement du haut – juste au-dessus des fesses. Résultat, le sexe est à portée de mains de l’ennemi, il va donc falloir protéger tout ça par une coque. Et toute l’histoire de la braguette est là, entre protection et exhibition. La coque témoigne d’une virilité qui ne cessera de gonfler, bien sûr avec des périodes plus ou moins fastes : au XIXe la braguette est la partie honteuse du vêtement, au XXe elle va en devenir le centre jusqu’à exploser sur la pochette de l’album Stinky Fingers des Rolling Stones revue et corrigée par un Andy Warhol inspiré. Au final, une bonne braguette à fermeture Éclair que des millions d’adolescents vont chercher à descendre… et remonter.

Toute l’histoire de la braguette est là, entre protection et exhibition.

Le sens du mouvement
Car la braguette induit avant tout ce geste suggestif de va et vient, une petite chorégraphie masturbatoire, avec deux écoles de correction. D’un côté les « boutonne ta braguette » ; de l’autre les « remonte ta braguette », un impératif que François Hollande refuse en Algérie. Remonter, boutonner ? On n’est pas obligé de choisir son camp, c’est le coup de génie de cet accessoire absolument neutre, non « genré » comme il est convenu de dire aujourd’hui ; un truc unisexe qui – et c’est là sa force – sur-sexualise le sexe qui se planque derrière. Planqué ? Pas si sûr : il suffit de mater les dessins érotico-porno gay de Tom of Finland pour bien comprendre que la braguette n’est que le moulage d’un sexe calibré XXL. Mais à trop montrer, on s’expose au danger de se la faire coincer.

Braguette, attention danger
Revers de la médaille, la braguette zipée se révèle être le pire ennemi du sexe. les Américains, qui ne sont pas à une étude près, révèlent dans le vénérable British Journal of Urology qu’ils sont plus de 17 000 à s’être fait décoincer le sexe aux urgences. Des accidents qui n’arrivent pas qu’au pays de Trump. Jean-Louis Tripp – le pote du dessinateur Régis Loisel – raconte par le menu dans son nouvel album Extases (chez Casterman) son trauma de sexe coincé avec toute la famille qui se relaie pour le sauver : le père qui tente de descendre la fermeture Éclair, la mère qui découd le pantalon, laissant son fils à poil, son jeans sur les talons, le sexe encadré par le zip de la torture. À bon entendeur...

 

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